Édito de février

Février, c’est souvent un mois creux et terne sous nos cieux méditerranéens. C’est celui que je choisis d’habitude pour aller me promener loin de cette grisaille qui vous plombe le moral. Or cette année, à peine remise d’avoir perdu beaucoup de ceux qui ont contribué à la beauté et la grandeur de la vie, me voilà rivée sur place par la perte de deux grands, le cinéaste Andrzej Zulawski dont je ne peux oublier « Possession », et l’écrivain, universitaire, philosophe Umberto Eco à qui l’on doit tant de savantes études, mais aussi des livres pour un plus large public, dont évidemment : «Le Nom de la rose » et « Le Pendule de Foucault ».
Je n’ai rencontré aucun des deux, aussi je ne pourrais écrire que ce qu’on nous dit ici et là de ces hommes et de leur œuvre. C’est pourquoi j’emprunte à un écrivain que j’aime, Tahar Ben Jelloun, qui se souvient de sa dernière rencontre avec Eco, ces quelques mots touchants qui résument, mieux que tout éloge grandiloquent, une perte, que nous partageons : « Sa voix aussi va nous manquer, une voix travaillée par le tabac et l’alcool, une voix venue de loin et pourtant si familière. Italien certes, mais Européen et universel. Il était plus grand que l’Italie, où il a mal vécu les deux dernières décennies parce que son pays a été humilié par le berlusconisme, par la médiocrité des politiques, leur rapacité et leur complicité avec les mafias. »

Ne pourrais-je pas dire un peu la même chose de cette France que j’aime et que je ne reconnais plus, transformée peu à peu, épuisée même, par les médiocrités qui la gouvernent.

Cet article comporte 1 commentaire

  1. Hamon Marie Jane

    Tout à fait d’accord avec toi ! Alors, je partage …..

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