Installation View (booth), Meessen De Clercq, Fiac 2017, On Site, Curated By Eva Wittocx, Petit Palais, Paris
Installation view (booth), Meessen De Clercq, Fiac 2017, On site, curated by Eva Wittocx, Petit Palais, Paris

Souvenirs de FIAC

Je pense avoir laissé trop de temps passer pour faire un compte-rendu objectif de la FIAC 2017, mais parler d’objectivité en art, en voilà une drôle d’idée !

Les motivations sont différentes lorsqu’on visite une foire d’art ; il y a ceux qui désirent acheter et qui achètent ; ceux qui achèteraient bien, mais ne peuvent pas ; ceux qui n’y pensaient pas, mais à qui ça arrive ; ceux qui veulent se faire une idée du marché de l’art, découvrir les dernières tendances ou encore soutenir les galeries et les artistes qu’ils suivent ; ceux qui cherchent l’oiseau rare… Il y a aussi ceux qui regardent un peu les œuvres, beaucoup les gens, encore plus l’atmosphère générale ; qui se grisent de ce parfum que dégagent le pouvoir, la réussite, l’argent même si on le dit sans odeur… il y a enfin ceux qui sont là parce qu’il faut être vu… En un mot, ceux qui font la foire !

Si je devais me ranger dans une catégorie, je dirais celle de découvrir… mais découvre-t-on vraiment aujourd’hui alors que tout est téléguidé par le marché et soutenu par l’institution, qui discourent sur ce qu’il faut regarder, apprécier, acheter et ensuite glorifier… Ai-je les moyens de jouer dans cette cour-là ? Non, mais la regarder oui, l’apprécier parfois, m’en divertir, bien souvent !

In situ, Florent Pugnaire et David Raffini

Si cocorico était un cri niçois, je le pousserais pour ces deux garçons, Florent Pugnaire et David Raffini qui ont conçu, depuis plusieurs années, dans leur atelier de Sang Neuf (les anciens abattoirs de Nice) des œuvres monumentales que le Palais de Tokyo a exposées et qui ont installé, pour cette FIAC 2017, dans le Jardin des Tuileries « Onde, 2017 », une œuvre faite de 24 plaques de tôle sur des rails de chemin de fer, un hommage au cinéma et ses 24 images seconde. Mais les Niçois ne se sont pas cantonnés à des participations extérieures ; sous la coupole du Grand Palais, Vivien Roubaud, jeune artiste diplômé du DNESP, École nationale supérieure d’art de la Villa Arson (Nice) en 2011, présenté aussi par le MAMAC hors les murs, en 2017 à Nice, a interpellé les visiteurs par ses étranges machines, galerie In Situ Fabienne Leclerc ; alors qu’à la galerie Catherine Issert, Saint-Paul-de-Vence, Pascal Pinaud et Xavier Theunis, Niçois eux aussi, ont fait briller les couleurs du sud. D’autres artistes de cette région figuraient certainement sur d’autres cimaises encore, notamment grâce à la galerie Ceysson & Bénétière, grand soutien de Supports-Surfaces, mais arrêtons-là le chauvinisme car mon œil s’est surtout porté sur des horizons bien différents.

Claudio Parmiggiani, Installation view (booth), Meessen De Clercq, Fiac 2017, Grand Palais

D’abord au Petit Palais qui, pour la deuxième année consécutive, renouvelle sa collaboration avec la FIAC, où je m’arrête sur la belle installation de Fabrice Samyn, présentée par la galerie belge Meessen de Clercq. Ce sont douze cônes de verre formant un dégradé bleuté qui jouent avec la lumière du jour et symbolisent les douze mois de l’année… La qualité de cette œuvre m’incite à rechercher,  parmi les 193 galeries installées sous la verrière, d’autres pièces de cet artiste que j’avais déjà remarqué à Officielle, cette jolie vitrine de la FIAC sur la Seine en 2015, qui hélas, rendement oblige, a été abandonnée par les organisateurs. Dans le dédale du premier étage du Grand Palais, qui accueille ce qu’il est coutume actuellement d’appeler les galeries émergentes, je retrouve Jan De Clercq et Olivier Messen, qui ont choisi de présenter la troublante installation de Claudio Parmiggiani, de même qu’une sculpture de Thu Van Tran, mais toujours pas de Samyn ! C’est lors d’un agréable dîner chez ces galeristes raffinés que je rencontre Fabrice Samyn et ses subtiles petites pièces… Quoi d’autre, au second étage de la foire ? Sorry we’re Closed, Bruxelles, présente les céramiques d’Eric Croes ; Francesca Minini, Milan, les sculptures d’Armando Andrade Tudela et dans une scénographie soignée à l’extrême, Sémiose montre le toujours jeune et irrespectueux Steve Gianakos. D’autres trouvailles étaient sûrement à signaler, mais comme je ne suis pas marathonienne et que les enfilades de couloirs m’ennuient, j’ai préféré descendre voir et revoir les grands…

Per Kirkeby “Untitled”, 1981,Oil on canvas ©The Artist, courtesy Michael Werner Gallery,

Une émotion peinture, avec « Untitled 1981 », de Per Kirkeby chez Michael Werner, New York et Londres ; un hommage à Supports-Surfaces avec « 4 Echelles de bois souple », 1970, de Daniel Deleuze chez Ceysson & Bénétière ; un clin d’œil à Gilles Barbier, artiste inventif et éminemment sympathique, avec ses gnomes et ses fantômes de la peinture, chez Georges-Philippe & Nathalie Vallois ; un passage en trombe devant le Design, qui n’a pas sa place à la FIAC ; un retour vers mes amours  de l’année dernière pour retrouve galerie Frank Elbaz, des pièces de Sheila Hicks, décevantes (souvent le marché veut ça) après son fabuleux mur de Viva Arte Viva à la Biennale de Venise, et une peinture de Camille Henrot (Carte blanche,  jusqu’au 7 janvier 2018, au Palais de Tokyo) toujours aussi évidentes, chez Metro Pictures…

Même si l’expression est galvaudée, j’ai eu un véritable coup de cœur à la FIAC et un choc tout à fait abordable avec Yann Sérandour, chez gb agency, Paris, un artiste conceptuel délicieusement barré, qui plonge dans des histoires de cactus ou de chiens, Harpsichord Suites for Still Dogs, auxquelles, si en plus vous êtes un amoureux de Mondrian, vous ne pourrez pas résister !

 

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