Terre Noire  ® Ga+½lle Simon 25

« Terres Noires » au TNN

Depuis six mois environ j’ai délaissé les salles obscures pour d’autres occupations non moins intéressantes, expositions, foires d’art, voyages, lectures, fêtes…, mais le cinéma me manque et je vais reprendre sous peu mes habitudes aux projections du dimanche matin, le meilleur moment pour voir, dans un calme adéquat, des films minutieusement  sélectionnés…

Cependant, j’aborde la rubrique spectacle aujourd’hui, non pas pour vous parler d’un film, mais de Terres Noires, une pièce de Stefano Massini, mise en scène par Irina Brook au Théâtre national de Nice dont elle est la directrice depuis 2014.

Comme je le confiais à Madame Brook, que je félicitais pour la dynamique de sa mise en scène dans Terres Noires, je ne suis pas une spécialiste, loin de là, pour parler de théâtre, ayant même vis-à-vis de cet art, sans doute par inculture ou plutôt par manque d’habitude, une certaine réticence face à ce parler haut ou faux de certains comédiens, cette hypertrophie des situations pour les rendre compréhensibles et finalement, une difficulté majeure à m’abstraire de l’entourage pour entrer dans la narration dramatique.

Eh bien, avec Terres Noires, ça a été tout le contraire ! Dans un décor synthétiquement campé (Noëlle Ginefri) : une table, une petite console, deux chaises, sur fond d’images de cannes à sucre, les deux acteurs sont installés, silencieux, face à une salle invitée ce soir-là par l’association TNN Passionnément.* Une fois le public en place, le dialogue entre les deux protagonistes commence, rythmé par le son (Guillaume Pomares) et la lumière (Alexandre Toscani). Si je souligne ce concours son/lumière, c’est que leur double participation m’a offert un plaisir visuel intense et préparée à écouter les échanges des deux comédiens (Babetida Sadjo, Pitcho Womba Konga).

L’histoire met en scène un couple de modestes planteurs de canne à sucre, auquel un agent commercial de la Earth Corporation (Jeremias Nussbaum) fait miroiter des gains trompeurs pour les amener à vendre leur terre. Entraînés dans une spirale catastrophique, ils sollicitent l’aide d’une jeune avocate battante, bientôt opposée à un confrère sans scrupules…

Les tableaux se succèdent, avec au centre le couple de planteurs, et autour d’eux, les interventions étonnamment bien rythmées de l’avocate idéaliste, remarquablement jouée par Romane Bohringer, et de l’homme sans foi ni loi qu’Hippolyte Girardot porte au sommet !

Schématiquement résumé, ce combat du pot de terre contre le pot de fer, qui illustre précisément une situation de petits fermiers désarmés face aux multinationales, offre à Irina Brook un sujet où brille sa sensibilité, et conforme aussi, me semble-t-il, au positionnement militant qu’elle souhaite prendre dans la société.

*Juste quelques mots pour définir Passionnément TNN que m’a invitée à cette représentation par l’intermédiaire d’une de ses adhérentes. L’association, présidée par Benjamin Mondou, a été créée pour soutenir le théâtre de Nice et s’adresse au monde de l’entreprise auquel elle propose divers niveaux de participation. Globalement, les sponsors et leurs invités sont conviés à découvrir les œuvres en avant-première et conviés à une soirée gustative où des chefs leur font découvrir leurs spécialités.

Pour la saison 2016-2017, les membres de Passionnément TNN ont la possibilité d’inviter leurs clients à quatre spectacles, dont deux :  Aller au bout de ses rêves  et Terres Noires  ont déjà eu un beau succès.

Pour en savoir plus sur l’association : Nathalie Mondou au 06 03 69 52 13

théâtre national de nice
cdn nice côte d’azur

promenade des arts – 06300 nice

 

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