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Mort de l’écrivain américain Paul Auster : la nostalgie new-yorkaise

Maître du storytelling adulé des lecteurs européens, adepte de constructions narratives complexes, ambiguës ou oniriques dans lesquelles il mettait en scène ses fantômes, l’auteur de «Moon Palace» est mort ce mardi 30 avril à l’âge de 77 ans.

Paul Auster racontait l’histoire qui suit comme un épisode séminal. Du genre qui vous enseigne très tôt, trop tôt, à quel point l’existence est fragile et la mort, certes imparable, mais capricieuse jusqu’à l’absurde. De sa voix lente et grave, au velours de baryton élimé par des décennies de Schimmelpenninck – ces petits cigares hollandais que fume aussi son alter ego Paul Benjamin dans Smoke –, il contait ce mois de juillet 1961. Ces accompagnateurs inexpérimentés de colonie de vacances, ce groupe d’adolescents, dont lui-même, qui randonnent dans une forêt du nord de l’Etat de New York. La journée tourne à l’orage violent comme il s’en produit souvent l’été dans la région. Dépassés, les encadrants tentent d’accélérer la cadence en coupant à travers champs. Les marcheurs doivent ramper, en file indienne, sous un enclos. L’enfant juste devant Auster est frappé par la foudre alors qu’il se glisse sous le barbelé. «Ma tête était juste à côté de ses pieds», disait l’écrivain, toujours incrédule soixante ans plus tard. Le gosse meurt sur le coup.

En mai 2020, «Libé» publiait une nouvelle inédite écrite pendant le confinement

«Les loups de Stanislav», une nouvelle de Paul Auster écrite en 2020.

Paul Auster à Paris, en janvier 2013. (Rudy Waks/Libération)

par Isabelle Hanne

publié aujourd’hui Ier mai à 6h20

 

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