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Combas plein les yeux !

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José nez cassé, 1980

Les Combas de Lambert, une exposition de l’été sur la Côte qui aurait dû être soulignée comme « à ne pas manquer » par tous les stakhanovistes des vernissages, n’a pas, pour une raison assez inexplicable, recueilli encore – mais, rassurez-vous, elle dure jusqu’en novembre – toute l’attention qu’elle mérite, car elle est époustouflante !

L’incroyable fonds réuni par Yvon Lambert, premier marchand à révéler à partir de 1982, un an après l’exposition de Bernard Lamarche-Vadel «Finir en beauté », Robert Combas, l’un des fondateurs de la Figuration libre, met en lumière l’incroyable inventivité de l’artiste. L’exposition court sur une période de quinze ans, de 1978 à 1993, époque la plus prolifique et créatrice de Combas, et aborde des thèmes qu’on retrouve dans la culture populaire, telle la Méditerranée ou encore l’histoire de l’art revisitée (la mythologie, l’art chrétien, les scènes de bataille…).

Si je vous engage à courir à Vence voir cette exposition, je vous conseille aussi d’acquérir le catalogue car il vous rappellera, si vous êtes sensible au génie de Combas, les toiles flamboyantes qui vous ont sauté aux yeux à la Fondation Emile Hugues à Vence. Ce livre, préfacé par un texte fondamental et simple d’Yvon Lambert titré Je m’appelle Robert Combas, cite, en son début, les mots de Combas qui le définissent parfaitement :  » Je m’appelle Robert Combas, je suis comme vous le savez peut-être déjà, le leader de la Figuration libre en France. Sans me vanter, je suis quelqu’un de très simple. Après une enfance très malheureuse, j’ai vécu dans le milieu des ouvriers qui travaillaient dans les mines de charbon dans la ville de Sète (…), d’où mon esprit méditerranéen. Mes parents se sont débrouillés pour me payer mes études jusqu’à la fin. Je leur dois une grande part de mon succès, je crois qu’aujourd’hui, ils sont récompensés. « 

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Ahmed (travailleur émigré) entreprend son patron sérieusement, 1984

Comme Yvon Lambert dans son texte, j’ai choisi de reproduire cette présentation de Combas par lui-même, puisqu’il aime à se raconter, que ce soit dans un catalogue, sur le bord d’une toile ou dans ses nombreux carnets d’écolier, couverts de textes et de dessins, que son marchand possède à foison. Il y a dans cette façon à la fois naïve, drôle et faussement modeste de se mettre en scène, toute la personnalité de Combas, qui secoua avec violence et une incroyable fraîcheur ce monde très théorique des années 70, pour parler comme la rue, s’habiller à la mode, écouter du rock et préférer la BD aux textes de Lacan ! Lui et les artistes de sa génération ont apporté à un public qui entrait jusqu’alors dans les galeries comme on va à la messe, une gaîté, une drôlerie communicative, plus en phase avec leur mode de vie… Mais qu’on ne s’y trompe pas, il y avait aussi chez ces artistes, et chez Combas particulièrement, un regard sur la société et ses injustices, sur les conflits qui sont aujourd’hui légion, je pense en particulier à la toile : Ahmed (travailleur émigré) entreprend son patron sérieusement.

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Achille et Patrocle, 1988

Par sa configuration, le musée de Vence a la particularité de donner au visiteur l’impression d’avoir été choisi pour une visite quasiment privée et Combas accentue encore ce sentiment en habillant la montée des marches de cette belle demeure de « portraits  de famille », ses compagnes, ses amis artistes ou ceux qu’il admire, ses institutionnels, ses marchands… parfois troublants de ressemblance, quant à leur intériorité en tout cas. Cette montée vers les espaces nobles annonce une multitude d’œuvres aussi surprenantes que réussies. Classées par périodes : Premières œuvres, 1978-1983 ; Greatest Hits, 1984-1987 ; Mon Général, Le Bestiaire, Ode aux Femmes, Les Musiciens ; et enfin Les Batailles, La Mythologie, Saints et Saintes, Auprès de mon arbre, ces peintures, au trait stupéfiant, aux couleurs flamboyantes, à la drôlerie assurée, sont aussi, contrairement à ce que pourrait en dire une première lecture, chargées de sens et habitées par une belle interprétation et connaissance de l’histoire de l’art.

Les Combas de Lambert

Jusqu’au 13 novembre 2016

Musée de Vence, Fondation Emile Hugues

2, place du Frêne –Vence

Cet article comporte 4 commentaires

  1. Agnes Falcoz

    Super l’article sur Combas. Merci

    1. Hélène Jourdan-Gassin

      Merci

  2. HAYAT

    Coucou Helene, j’aime beaucoup ton texte sur Combas, ça m’a donné envie d’y aller même si je ne suis pas fan, mais le personnage est très interessant.
    Bises et a presto
    Yves

    1. Hélène Jourdan-Gassin

      Merci, je suis contente de t’avoir incité à en prendre plein les yeux !

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