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Compétition Officielle_

« Compétition Officielle »

De Mariano Cohn et Gaston Duprat

Avec : Pénélope Cruz, Antonio Banderas, Oscar Martinez…

Sortie le 1er juin 2022

Durée : 1h54

Un homme d’affaires milliardaire décide de faire un film pour laisser une empreinte dans l’Histoire.

Il engage alors les meilleurs : la célèbre cinéaste Lola Cuevas (Penélope Cruz), la star hollywoodienne Félix Rivero (Antonio Banderas) et le comédien de théâtre radical Iván Torres (Oscar Martínez). Mais si leur talent est grand… leur ego l’est encore plus !

Penélope Cruz

Au lendemain de la remise de prix du Festival de Cannes, voici que débarque sur les écrans cette «Compétition officielle» de Mariano Cohn et Gaston Duprat à qui l’on doit «L’homme d’à côté» en 2009, «L’artiste en 2011 ou «Citoyen d’honneur» en 2016. Sous forme de satire, les deux réalisateurs argentins explorent le monde l’art, du design ou de la littérature.

Ils orchestrent dans ce dernier film une délirante mise en abyme d’un tournage de film d’auteur, égratignant au passage l’égo des protagonistes (comédien intellectuel versus star populaire), dénonçant la vanité des prix et du star-system, le dénigrement et les querelles intestines du cinéma.

Ils évitent la surenchère en s’entourant d’un casting international et multi-récompensé, jouant ici la carte de l’auto dérision. Antonio Banderas très en forme en acteur ultra connu, débordé de rendez-vous gérés par un jeune assistant. Parfaitement futile, il n’a jamais pris de cours, joue à l’instinct et n’a aucune psychologie. Il va devoir donner la réplique à son parfait contraire, un comédien de théâtre intello par excellence mais inconnu qui exècre le star-system, incarné par Oscar Martínez. Il est amusant de souligner que l’acteur argentin a reçu la coupe Volpi et le prix d’interprétation à Venise en 2016 pour «Le citoyen d’honneur» dans lequel il incarne un écrivain Prix Nobel de littérature. Penélope Cruz prend visiblement un plaisir fou à interpréter Lola Cuevas, cheffe de fil du cinéma art et essai qui va orchestrer cette rencontre improbable. L’égérie de Pedro Almodovar n’hésitant pas à se grimer et à friser le grotesque dans son personnage, excelle dans un rôle qu’on lui a rarement vu, affublée d’un look des années 80, prête à tout pour mener à bien son film, basant tout son travail de mise en scène à partir d’un carnet, sorte de journal intime, rempli de dessins enfantins.

Voici donc nos trois stars réunies sous l’impulsion d’un milliardaire cherchant à rentrer dans la postérité en produisant un film. On comprend immédiatement qu’elles n’ont rien en commun et que ce tournage ne va pas être de tout repos. Point de départ pour brosser le portrait de personnages emblématiques de leur milieu respectif, pris au piège dans une forteresse de béton, quasi vide dans laquelle ils vont se livrer à des séances de lecture et des exercices durant lesquels les distensions vont se révéler. L’occasion est donnée pour développer cette joyeuse satire au travers de séances de répétition, toutes plus saugrenues et hilarantes les unes que les autres, organisées par la réalisatrice (Pénélope Cruz), exhortant la dualité et la détestation mutuelle des deux stars (l’intello et le populaire).

Si on frise parfois le cliché : l’intello écoute de la musique contemporaine et la star populaire roule en voiture de sport décapotable et sort avec une escort girl, la forme est très réjouissante et on rit de bon cœur. Les comédiens se délectent visiblement de leurs rôles outranciers. La mise en scène soignée des deux réalisateurs argentins souligne leur intérêt pour les arts graphiques. Le reflet satirique qu’ils offrent du milieu artistique ici rappelle le sujet, en moins glaçant de «The square» de Ruben Östlund en 2017, mais aussi de «Coupez !» le dernier film de Michel Hazanivicius qui dans un tout autre style, utilise la technique de la mise en abyme pour égratigner l’égo de ses comédiens.

Isabelle Véret

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