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Cuba mi amor !

S’emballer pour La Havane c’est un peu comme dans un mariage arrangé, on vous a tellement parlé de cette belle étrangère (tant pis pour moi si Cuba, La Havane, La Caraïbe s’écrivent au féminin) que vous l’avez aimée avant même de la connaître ! Mariage d’amour et plutôt de déraison car bon nombre des côtés de l’élue vous dérangent, mais vous êtes prêt à tout prendre, ses rues pas éclairées, ses nids de poule où vous casseriez vos talons si vous en portiez, ses avenues sans boutiques de luxe, sans enseignes lumineuses, ses habitants authentiques, oui authentiques, si joyeux, si rieurs, si accueillants, qu’emporté par votre enthousiasme vous iriez jusqu’à dire si heureux, alors que le manque de confort, les restrictions, la pauvreté, la liberté jugulée sont l’autre visage de l’aimée, celui qu’elle vous cache avec fierté et que lâchement vous ne cherchez pas à découvrir.

Voilà en quelques mots mes dispositions vis-à-vis de Cuba, une île où depuis bien des années je mourais d’envie de me rendre, pour mille raisons dont la principale tient à mon amour des îles (Corse, Irlande, Formentera et toutes celles que je ne connais pas), pour leurs particularités, bonnes et mauvaises, qui les rendent si différentes, si attachantes et si détachées des continents.

Vous l’avez compris, je ne vais pas réécrire l’épopée de Cuba et de Fidel Castro, car il n’a jamais, avec Che Guevara, décoré les murs de ma chambre ! A l’époque j’étais déjà trop vieille pour ça ou, comme le disait je ne sais plus quel écrivain, mais à l’envers, « chez nous, on ne votait à pas à gauche, ça ne se faisait pas ! »

Ce que je vous propose donc, c’est une petite visite touristique de La Havane, avec les noms et adresses des lieux que j’ai aimés, découverts grâce à mon ami Una, qui a rendu possible ce besoin d’île qui me trottait dans la tête depuis si longtemps !

Partie de Roissy avec ma modeste valise, mais chargée d’un rouleau de linoléum hors gabarit, car à Cuba on ne trouve rien, donc on amène beaucoup, j’arrivai le 28 novembre à La Havane, c’est-à-dire deux jours après la mort de Fidel Castro, imaginez ! Dans l’avion, l’hôtesse m’apprend que depuis le deuil, il n’y a plus ni musique ni boissons dans la ville, moi qui venais me remplir les oreilles de « Buena Vista Social Club » et le gosier de mojitos et daiquiris, catastrophe ! J’atterris dans les temps, récupère ma jolie valise, mais pas de linoléum, et mon espagnol limité à une vingtaine de mots ne me facilite pas la tâche ! Pourquoi tous ces détails ? Pour vous dire que même dans les pourparlers aéroportuaires, les Cubains sont charmants (pas de sous-entendus sur les blondes), car les Cubaines le sont aussi. Néanmoins, dans un aéroport bondé, des délégations arrivant de toute part pour l’enterrement de Fidel, mes démarches prennent du temps et mon ami Una (il va être souvent cité) n’a pas pu m’attendre, mais joint téléphoniquement (que ferait-on sans portable), il indique au taxi comment nous livrer à bon port, le linoléum et moi. Le trajet est long, vingt-cinq kilomètres environ pour arriver en ville ; mon chauffeur me fait monter devant (c’est bon signe, paraît-il), aussi je lui demande comment il va… « triste », me dit-il : « muy triste… » En effet, le long de la route, les gens déambulent par petits groupes, sans un bruit, comme pétrifiés et ce premier choc avec Cuba sans exubérance, sans musique, ne ressemble en rien à ce que j’attendais ! Heureusement, dans cette Havana Vieja où pénètre ma voiture, tout est tel que je l’imaginais.

Devant la porte de mon B & B, Casa Una, altos Calle Tejadillo, 209, mes amis m’attendent et La Havane m’ouvre les bras ! Que vous dire de Casa Una, c’est une pension de 5 ou 6 chambres, située dans une vieille rue mal éclairée et chaotique, mais une fois les voisins gentiment écartés (j’oubliais, j’ai aussi apporté des tubes de couleurs pour le peintre du rez-de-chaussée) et le raide escalier gravi, un petit coin de paradis s’ouvre à moi ! C’est tout bleu, tout fleuri, et du toit terrasse aménagé, je découvre la Havana Vieja et un mojito à la main (discret, car c’est le deuil), je goûte enfin la douceur des nuits de novembre à Cuba !

Le 29, une douce moiteur me réveille (tôt, à cause du décalage) et un petit déjeuner très fruité m’attend. Étonnée devant le mur de photographies d’Una et de son existence havanaise où figure en bonne place Castro, je me fais expliquer la vie d’avant… Puis nous partons vers le Musée d’art moderne (à trois pas), face au Memorial Granma, pour aller aux news sur nos ordinateurs, Hôtel Sevilla, Trocadéro 55 e Prado y Zuleta, mais sans déguster ses délicieux mojitos (les meilleurs de La Havane, j’ai pu comparer ensuite) et poursuivre notre chemin vers Sia Karà Café, Calle Industriale, 502, un excellent et joli restaurant, où notre rencontre avec un journaliste parisien peu discret nous vaut les réprimandes de la patronne (toujours le deuil), puis sa sympathie quand elle reconnaît Una… On marche beaucoup à La Havane et c’est en partie à pied que nous rejoignons la Plaza de la Revolución où une foule immense rend un dernier hommage à Fidel Castro sur cette esplanade de 72 000m² où, entre les monuments du Che et de José Martí, un écran reçoit les discours interminables sur Fidel déversés par les chefs d’État, essentiellement sud-américains et africains. Mettant fin à ces litanies, nous revenons à pied (plus un seul véhicule ne circule) vers le centre pour avaler un repas insipide à l’eau minérale, dans un restaurant d’État (le seul ouvert) dont je ne vous donnerai pas l’adresse !

Le 30, nous visitons la Plaza vieja et prenons un bon déjeuner, arrosé d’un cocktail à base de canne à sucre, à La Marina, située au coin de la rue à quelques pas de la majestueuse Plaza San Francisco de Asis (situado en la esquina de las calles a unos pasos de la majestuosa Plaza San Francisco de Asis, c’est ainsi qu’à La Havane on vous donne souvent une adresse). Après une longue promenade au bord de la mer, je vous recommande le dîner Al Carbon, son cochon de lait et son cabri  sont les meilleurs de la ville.

Le premier décembre, après une visite du musée national des Beaux-Arts (voir mon article : les artistes à La Havane) nous rejoignons en taxi l’Hotel Nacional, Calle Obisco Esquina S/N, un somptueux ensemble offrant une vue merveilleuse sur le Malecón, qui brille encore des fastes du passé et des riches visiteurs étrangers (acteurs célèbres et maffieux connus) qui y ont séjourné. Nous visitons aussi l’hôtel Abana Libre, Calle M La Habana, un lieu chargé d’histoire et d’une architecture à faire tomber en pâmoison les amoureux du kitsch ! Retour en centre ville pour un déjeuner d’anniversaire chez Ivan Chefs Justo, Aguacate  Esquina a Chacón, 9, (encore cette drôle de façon de donner une adresse) avec un risotto au crabe délicieux, mais cher pour La Havane. La journée se poursuit par une visite amicale à Saulus (fils d’Una) et les siens, dans le quartier Miramar, et un dîner agréable au Café Artes, Calle Aguilla, 22, basos, avec de délicieuses croquettes de poisson et des ceviche de thon… Un peu notre cantine, désormais !

Le 2, Tony, notre guide, vient nous chercher Casa Una avec une magnifique Buick rouge et nous conduit à Cojima, pour un pèlerinage Ernest Hemingway. D’abord l’hôtel Ambus Mondo où il séjournait, puis le port où il aimait pêcher avec ses copains cubains, qui lui ont dressé un monument tout bleu, au bord de l’eau. Mais Hemingway, fou de La Havane, finira par acheter à San Francisco de Paola une superbe propriété, aujourd’hui entièrement conservée dans son jus et donnée à l’État, avec son parc, sa piscine, son bateau, ses aménagements intérieurs, ses livres, meubles, trophées, vêtements et objets de toute sorte, sauf les tableaux, de trop grande valeur pour que sa dernière épouse les abandonne à Fidel Castro ! Notre chauffeur nous abandonne Plaza de Armas. Nous déjeunons dans la Vieille Ville, à El del Frente (celui d’en face), Calle O’Reilly, 303, d’un succulent thon Tiki Taki et de pois chiches au chorizo. Cet endroit simple et élégant doit son nom amusant au fait d’être en face du restaurant initial ; encore une curiosité de la signalétique à La Havane…

Le 3, toujours avec Tony pour guide, nous empruntons le Tunnel pour rejoindre en Buick bordeaux l’autre côté du bras de mer, et visitons le quartier militaire des Armées où sont conservés et exposés les fusées, tanks et affiches à la gloire de Castro et le Mémorial anti USA, avec la carcasse de l’avion américain abattu par une fusée russe… Un Christ immense, à la façon Rio de Janeiro, domine le paysage, proche d’une impressionnante forteresse aux canons silencieux depuis des siècles… Notre nouveau trajet en ville nous amène à nouveau Plaza de la Revolución, cette fois essentiellement peuplée de touristes, pour rejoindre Venado où autrefois, dit-on, aucune construction ne devait s’élever pour ne pas cacher aux Espagnols l’arrivée des Anglais (je vous l’ai dit, La Havane, c’est un livre ouvert sur l’histoire). Nous traversons le Nuevo Venado, un quartier aux constructions d’une architecture très années 50, vestige des temps Batista, occupées aujourd’hui par des apparatchiks du pouvoir (ça ne m’est pas dit, juste murmuré…). Des voitures américaines de toutes marques se regroupent au bord de la rivière Almendares, un cours d’eau enfoui sous une extraordinaire végétation tropicale, avec au pied des arbres quelques vestiges de rituels païens, apparemment encore pratiqués. Plus loin, une autre tradition veut qu’on se photographie assis à côté de la statue de John Lennon, alors qu’une préposée pose sur le nez du chanteur ses fameuses lunettes rondes ! Où prendre un verre après un si grand tour ? A La Guarida, Concordia, 408, lieu incontournable qui accueille le visiteur avec la phrase célèbre du Comandante : La patria ô la Muerte ! Le bâtiment est célèbre, on y croise, au premier étage, des locataires qui étendent leur linge dans d’immense salles vides, alors qu’au deuxième, est installé un restaurant à la décoration inédite, où tout ce qui est vieux devient neuf dans les mains d’un couple d’architectes créatifs, à la fois salariés de la Ville et travailleurs indépendants, un statut appelé à Cuba cuentapropista, autorisé et en extraordinaire développement ces dernières années, une situation qui permet à tous ces nouveaux lieux d’exister… Nous revenons par le boulevard San Rafael, une rue extrêmement encombrée et pauvre, sans pour autant nous sentir en danger ; cette impression de sécurité ressentie partout, quelles que soient l’heure et la fréquentation, est une des particularités bien agréables de La Havane. Nous déjeunons au ChaChaChà, Karel Suarez Prieto, dans une ambiance très croisiériste (il commence à y avoir beaucoup de bateaux qui accostent à La Havane) et peu havanaise, avant de rejoindre notre Casa Una pour prendre un repos mérité. Une soirée à l’hôtel Sevilla, avec ce qui ressemble à un hamburger, puis le deuxième pèlerinage Hemingway (son bar de prédilection) au Sloppy Joe’s Bar, Calle Zulueta, 252, où malgré nos suppliques nous n’avons droit qu’à une eau minérale, mais ô merveille, où passe en boucle le film : Notre agent à La Havane  réalisé par Carol Reed en 1959, sur un scénario de Graham Greene (rien n’a pratiquement changé à la Havane par rapport à ce qu’on voit à l’écran) !

Le dimanche 4, les cloches sonnent et le canon se tait (j’ai oublié de vous dire que depuis la mort de Castro, tous les jours, un long coup de canon est tiré à chaque heure jusqu’à la nuit, une façon solennelle et impressionnante de marquer le deuil du pays). Nous déjeunons chez Suzel, la patronne du Sia Kara Café, puis déambulons dans le Barrio Chino où nous découvrons, par hasard, la galerie Continua (voir mon article, KKP Cuba).

Le 5, je me dore au soleil, au bord de l’incroyable piscine de l’Hôtel Mélia Habana Ave 3era, e/ 76 y 80 | Miramar.Playa, en sirotant un mojito divin puisque dorénavant officiellement autorisé ! Une parenthèse :  si au lieu d’une immersion totale dans le cœur de La Havane, vous préférez le luxe d’un grand hôtel, choisissez le Mélia, il est parfait, avec une magnifique vue sur mer, mais pour trouver une vraie plage il vous faudra aller plus loin, car le rivage, à cet endroit, est hérissé de redoutables cailloux pointus ! Pour le déjeuner nous choisissons El Coccinero, Calle 26 E3/11 y 13, Vedano, facile à repérer par sa haute cheminée d’usine désaffectée. L’endroit est assez chic, un rien snob même, et apparemment fréquenté par les expatriés comme à La Havane on appelle les Cubains de Miami. Comme chaque soir, à l’Hôtel Sevilla, nous nous livrons au rituel de la lecture de nos e-mails accompagnés de quelques mojitos (vraiment les meilleurs de la ville) et après tant de silence, sur les rythmes fougueux d’un bon orchestre local !

Le 6, notre journée commence au Sevilla, mais seulement pour nous ébattre dans sa piscine, car un troisième pèlerinage Hemingway nous attend à El Floridita, Calle Obispo, 153, endroit mythique où le bronze de l’écrivain, accoudé au comptoir de bois précieux, attend le consommateur. Au milieu d’un brouhaha infernal dû à l’affluence de touristes et à la fougue de l’orchestre, Manolo* accueille Una en habitué, et nous prépare un de ses incomparables daiquiris ! Empruntant un de ces étonnants vélos taxis, nous nous rendons au vernissage d’Anish Kapoor à la galerie Continua, mais (le deuil sans doute), nous sommes les seuls visiteurs. Alors en désespoir de cause, nous choisissons l’Hôtel Saratoga, Paseo de Martí avec sa vue exceptionnelle sur la ville, pour nous livrer à une étude comparative sur les mojitos, les daiquiris et les Pina Coladas… A La Punta de Miramar, dans un appartement croulant sous les livres et les belles peintures cubaines, Una me présente son ancienne épouse, Mirtha Ibarra, l’inoubliable actrice de Fraise et chocolat, l’excellente comédie de Tomas Gutierrez Alea… De retour en Vieille Ville, notre envie de fraîcheur nous conduit à Helad’oro Calle Aquilar, 2016, le meilleur glacier de la Havane.

Le 7, nous visitons la passionnante exposition de Michelangelo Pistoletto (voir mon article, Les artistes à Cuba) dans le  Palacio del Centro Asturiano de la Habana, Paseo de Martí, puis l’exposition de Moisés Finalé, Gran Teatro de la Habana. Nous déjeunons chez Mama Inés, Calle de la Obrapia, 60, où Erasmo, le propriétaire, nous raconte un peu de l’intimité culinaire de Castro (et particulièrement sa passion pour le dulce de leche d’Erasmo), car l’homme a été le cuisinier de Fidel pendant plus de trente ans ! Pour mon dernier soir Una m’emmène à La Zora, 23 y O, Vedado, un excellent club de jazz dont la programmation change chaque soir et qui présente des musiciens cubains très pointus ; ce soir-là c’était Delvis Ponce & Experimental Jazz.

Le 8, nous visitons l’exposition de Yannis Kounellis à la Fondation Wifredo Lam, Calle San Ignacio, 22, (voir mon article KKP Cuba ), puis le Castillo de la Real Fuerza, Plaza de Armas, exemple de l’architecture militaire durant les temps espagnols aux Caraïbes, inscrit au Patrimoine de l’Humanité par l’UNESCO. Pour mon dernier pèlerinage Hemingway, je sirote, au son d’un orchestre cubain endiablé, un cocktail sur la terrasse de l’hôtel Ambos Mundo, 153 Obispo, où un étage, un temps habité par ce cher Ernest, est entièrement tapissé de ses photos. Je prends mon dernier agréable déjeuner à La Moneta Cubana, Calle Empedrado, 152, que le propriétaire, petit self-made-man cubain, tient d’une main de fer dans le gant de velours fourni par les autorités et qui, reconnaissant Una, nous invite royalement ! Un dernier mojito à notre QG, ce cher hôtel Sevilla et, une fois mes bagages bouclés, je rejoins l’Aeropuerto Internacional José Martí, toujours bondé, pour un voyage de retour sans problème.

Voilà dix jours bien remplis ! Le jeu était de vous donner quelques bonnes adresses, mais je me suis laissée aller à certaines digressions qui, j’ai bien peur, alourdissent un peu ce Tour de La Havane. Quant aux citations alcoolisées, considérez-les comme une étude sérieuse de ce qui se boit à Cuba, auxquelles il faut ajouter la bière, le vin y étant peu consommé…

Mon mini-guide, finalement, pèche par deux omissions : les cigares et la musique. Les magasins d’État comme les boutiques des grands hôtels sont des endroits élégants et luxueux où l’on achète toutes les variétés de cigares, sauf mes Cohiba Siglo VI , tube métal, trouvés dans un seul magasin, à La Habana Vieja… Quant aux hôtels, bars, clubs où écouter et danser de la bonne musique cubaine, je ne les ai pas fréquentés, car, ne l’oubliez pas, la musique était interdite durant mes six premiers jours à Cuba, mais ensuite, elle a retenti partout, dès le matin, dans les rues et dans n’importe quel bistrot ou palace !

Enfin, pourquoi avoir titré ces feuillets « Cuba mi amor » ? D’abord parce que j’ai aimé cette île plus que de raison, et aussi parce que les Cubains, pour un rien, pour vous dire bonjour, vous donner un renseignement, etc., vous hèlent par de charmants petits mots d’amour, toujours accompagnés d’un sourire ; on croit rêver !

Photos : Una Liutkus et Hélène Jourdan-Gassin

* J’ai appris à mon retour que Manolo, le gentil barman du Floridita, avait été tué à La Havane dans un accident de la circulation.

Cet article comporte 1 commentaire

  1. Dominique PASSOS

    Ravie de t’avoir connue à La Havane, Hélène !

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