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«DRUNK »

Un film de Thomas Vinterberg

Avec Mads MikkelsenThomas Bo LarsenLars Ranthe

Sortie le 4 octobre 2020 /

Quatre amis décident de mettre en pratique la théorie d’un psychologue norvégien selon laquelle l’homme aurait dès la naissance un déficit d’alcool dans le sang. Avec une rigueur scientifique, chacun relève le défi en espérant tous que leur vie n’en sera que meilleure ! Si dans un premier temps les résultats sont encourageants, la situation devient rapidement hors contrôle.

Les premières images nous projettent dans une cérémonie estudiantine où de jeunes blondinets et blondinettes agités et bruyants fêtent leur fin d’année par une course générale dans la nature en transportant des caisses de bière qu’ils consomment et vomissent en chemin dans l’hilarité générale. On pourrait sortir groggy de cette grande biture danoise, et un peu accablé par la lourdeur du divertissement plein de bruit et de fureur, mais ce serait ignorer la virtuosité de Thomas Vinterberg qui raconte avec Druk, cette comédie dramatique, une autre facette de la société danoise. Ce ne sont plus les bourgeois de Festen qu’il dépeint ici, mais une classe moyenne d’enseignants, la quarantaine un peu désabusée, qui n’arrive plus à vraiment motiver une jeunesse assez indolente, bien qu’en demande de modèles

A l’euphorie des scènes du début succède la peinture d’une sorte monotonie dont sont empreints ces enseignants, en particulier le professeur d’histoire, l’admirable Mads Mikkelsen, émouvant dans son incapacité à donner un sens à sa vie, pas plus qu’à motiver sa classe… C’est là que tout bascule, non pas dans le drame comme on aurait pu s’y attendre, mais dans la plus loufoque des expériences, initiée par  trois de ses meilleurs copains, enseignants eux-aussi, pour redonner du tonus et de la gaité à leur vie.

Dès lors, leur expérience méthodique sur les bienfaits de la consommation graduée d’alcool allant chaque jour crescendo, donne lieu à des situations aussi burlesques qu’attachantes que chacun des protagonistes vit à sa façon, avec des conséquences qui peuvent en découler.

Mads Mikkelsen

A des lustres d’une bienpensance scandinave actuelle, le cinéaste de « Festen » et de « La Chasse » signe une comédie dramatique énergisante sur les plaisirs et les dangers de l’alcool. Si on se veut critique, c’est un film d’hommes, les femmes y sont blondes et presque inexistantes. Mais ne vous y trompez pas, la transgression est plus philosophique que burlesque. En effet, l’œuvre nous dit de très belles choses sur le temps qui passe, la tendresse, l’amitié, comme aussi sur la difficulté d’exister.

Pour ne pas conclure sur une note de tristesse, la danse finale de Mikkelsen est époustouflante de force, de beauté, et son saut final est celui d’Yves Klein !

Un des meilleurs crus, ai-je lu quelque part, de ce très virtuel Festival de Cannes 2020 qui aurait bien pu remporter la Palme d’or si elle n’était pas tombée dans la Covid !

P.S : J’ai vu ce film le dimanche 18 octobre au matin, à un horaire que j’affectionne particulièrement car les spectateurs sont surtout des cinéphiles qui suivent avec une grande attention les œuvres. Désormais le couvre-feu donnera à ces séances du matin une valeur particulière, on dit même qu’elles vont se  généraliser. Souhaitons le pour la sauvegarde  du cinéma…

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