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« Écologies intimes » TATIANA WOLSKA, DOROTA BUCZKOWSKA, SANDRA LECOQ*

Écologies intimes
TATIANA WOLSKA
DOROTA BUCZKOWSKA
SANDRA LECOQ

Opening Thursday 9.03
from 5pm to 9pm
in the presence of the artists

Irène Laub Gallery, Brussels (BE)

Parler de connaissance est futile. Tout n’est qu’expérience et aventure.
Nous nous mélangeons toujours avec des quantités inconnues.

Virginia Woolf pour Les Vagues (1931)

Une bouteille en plastique, un drap de lit jauni par le temps, une feuille de papier, un bout de carton ou de bois, un vêtement déchiré – les matériaux qui forment la base des pratiques artistiques de Tatiana Wolska (1977), Dorota Buczkowska (1971) et Sandra Lecoq (1972) appartiennent au quotidien. Les trois artistes s’efforcent de transformer et de sublimer le presque rien, les matériaux invisibles, voire indésirables. Leur économie de moyens est mise au service de réflexions visuelles, poétiques et politiques où le paysage de l’intime est exploré couche par couche, point par point, texture par texture. L’intime est visuellement véhiculé à travers des formes sensuelles et organiques, embrassant les corps, les superpositions, les profondeurs et les matériaux textiles imprégnés d’histoires anonymes, de mystères et de secrets. Les sculptures organiques en bois recyclé de Tatiana Wolska génèrent des présences étranges, des corps organiques structurés en couches superposées. Les pièces douces de Sandra Lecoq présentent des corps qui fusionnent et s’entrelacent avec humour, mélancolie et poésie, ainsi qu’un tapis de pénis multicolore composé de bandes de vêtements patiemment tissées ensemble. Les peintures sculpturales de Dorota Buczkowska sont des assemblages intuitifs et spontanés de matériaux, de couleurs et de motifs. Ils peuvent être compris comme un journal intime – sibyllin et polysémique – à travers lequel l’artiste rend visibles les rythmes et les états de sa vie intérieure.

Les œuvres apparaissent comme des extensions de leurs corps, de leurs histoires respectives. Comme ils ne sont pas frontaux, il n’y a pas de spectacle ou de démonstration. Il n’y a pas de cris, mais plutôt des présences silencieuses qui sont aussi rassurantes qu’inconfortables. Elles proviennent d’un territoire traditionnellement invisible et silencieux : les modes d’existence des femmes. De cette façon, un silence assourdissant s’ajoute à l’intime. Les trois artistes travaillent de leur quotidien. Leurs gestes répétés de réparation, de recyclage, de réassemblage, liés au soin et à la métamorphose, sont (in)directement dérivés du travail invisibilisé des femmes et du silence qui l’entoure. Tatiana Wolska, Dorota Buczkowska et Sandra Lecoq reproduisent et transcendent ces gestes assignés aux femmes pour en élargir le champ d’action. Chacun à leur manière, ils nous invitent à nous engager avec des corps énigmatiques remplis de leurs expériences personnelles, de leurs résistances et de leurs histoires. Nous devons faire attention aux matériaux, aux couleurs, aux formes, aux traces, aux indices et à tout ce qui se cache dans chacune des œuvres. Notre rapport aux œuvres est inévitablement physique et sensible. Il faut aussi être attentif à une force proliférante inhérente à leurs pratiques, où l’assemblage génère une mutation constante des matériaux, des formes et, plus globalement, une mutation de l’espace de représentation. Les trois artistes ont combiné cette force d’une manière inédite en créant un texte multiforme. Conscients d’appartenir à un écosystème où chacun est interdépendant, ils ont créé un cadavre exquis (« cadavre exquis ») motivé par des pensées de symbiose, de prolifération, d’humilité, de sororité et une écologie de l’intime qu’ils partagent et transmettent avec une générosité infinie.

* lire notre article sur sandra Lecoq

A plastic bottle, a bed sheet yellowed by time, a sheet of paper, a scrap of cardboard or wood, a torn piece of clothing – the materials that form the basis of the artistic practices of Tatiana Wolska (1977), Dorota Buczkowska (1971) and Sandra Lecoq (1972) belong to the everyday. The three artists strive to transform and sublimate the almost nothing, the invisible, or even undesirable materials. Their economy of means is put at the service of visual, poetic and political reflections where the landscape of the intimate is explored layer by layer, point by point, texture by texture. The intimate is visually conveyed through sensual and organic forms, embracing bodies, superimpositions, depths and textile materials imbued with anonymous stories, mysteries and secrets.

Irene Laub Gallery

29 rue Van Eyck, bte 14

Brussels 1050

Belgium

 

 

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