Edito d’août
Août est le mois de mon anniversaire, c’est aussi celui de beaucoup de mes amis et d’une partie de ma famille. Lionnes et lions, nous aimons être ensemble et sommes fiers de notre signe zodiacal dont la qualité cardinale n’est pas la modestie, comme vous pouvez le constater. Comme notre animal fétiche, nous resterions volontiers allongés dans la savane à regarder passer les antilopes, mais….
Mais notre monde d’aujourd’hui dans son agitation ne nous permet plus cette sagesse. Nos corps et nos esprits sont constamment sollicités par les récits de drames ou de fêtes qu’il nous faut aborder et absorber avec les masques de la tragédie ou de la comédie, dans un ordre qu’il serait scandaleux de permuter.
Selon l’expression latine Panem et circenses traduite littéralement par « du pain et des jeux du cirque » du poète satyrique Juvénal dont la citation complète est : « Ces Romains si jaloux, si fiers (…) qui jadis commandaient aux rois et aux nations (…) et régnaient du Capitole aux deux bouts de la terre, esclaves maintenant de plaisirs corrupteurs, que leur faut-il ? Du pain et les jeux du cirque. » Qu’avons-nous eu, en août, nous Français si fiers ? Des jeux, oui ; du cirque, aussi, à en croire les superlatifs délirants des présentateurs de la télévision française, mais peut-on encore croire que cette poudre (lire l’étymologie du mot) aux yeux va replacer notre pays au somment de la pyramide ?
Juvénal n’est pas seul à considérer cette dualité comme un moyen de manipuler les peuples, Fiodor Dostoïevski l’aborde dans « Le Grand Inquisiteur » ; Ernest Renan le craint ; Machiavel l’évoque dans Le Prince…
N’avons-nous pas besoin, nous aussi, de ce pain que le peuple réclame ? Besoin de ces jeux pour cacher la misère de ces élections législatives, elles-aussi véritable cirque où ceux qui ont gagné ont perdu, face à ceux qui ont gagné et ne veulent pas d’un cadeau qu’ils estiment empoisonné ?
Mais il fait très chaud et « Sea Sand & Sun » ne se chante plus, troqué par un nouveau tube « agitations, compétitions, performances » que braillent les populations et les médias.
Brûlerai-je sur le bucher si je disais que je n’ai de goût ni pour les guerres ni pour les jeux ?
A part ça, le bel Alain Delon est mort ; les influenceurs ont des centaines de millions de followers, et ça n’a vraiment aucun rapport et peu d’importance …
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