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Edito d’avril

Il y va de l’inspiration comme du temps, un coup on cuit, un coup on gèle, ou ça bouillonne ou c’est le calme plat. Pour le temps qui change, des dictons existent, comme celui assez curieux que l’on cite lorsque le soleil arrive juste après la pluie : « C’est le diable qui bat sa femme et qui marie sa fille. »

Populaire depuis 1640, l’expression est peu usitée aujourd’hui, sauf par moi qui m’en délecte, ce qui permet à ma petite-fille de me demander : n’était est-ce pas mieux sous Louis XIV ? L’irrévérencieuse ! Pourtant, naguère, à chaque fois qu’il pleuvait alors que dans un coin du ciel le soleil brillait, on ne manquait pas de saluer cette bizarrerie de la météo par une phrase incontournable « le diable marie ses filles » en regardant l’horizon où se profilait après coup, un arc-en-ciel.

Oublié Louis XIV, l’expression est bien plus ancienne. Certains, quant à eux, employaient aussi « le diable bat sa femme et marie ses filles ». Et Les Italiens se servaient pareillement du dicton appelé  « Les noces du diable » (Le noce del diavolo), pour marquer cette coïncidence du soleil et de la pluie dans l’atmosphère.

On en doit l’origine, parait- il, à Plutarque qui , comme à son habitude, nous raconta une bien belle histoire. Jupiter fâché avec Junon, inventa un stratagème lui faisant croire qu’il se mariait avec Dédala (en fait une statue de bois). Junon, ulcérée et jalouse, fit pleuvoir une forte ondée sur les noces. Mais elle s’aperçut de la supercherie et changea ses cris en rires, se réconcilia avec Jupiter et se mit joyeusement à la tête de la noce. Elle institua, en mémoire de l’événement, la fête des dédales.

Sur cette curiosité météorologique, dorénavant on dit, une fois le phénomène achevé, que l’atmosphère tend à reprendre sa sérénité.

Il y a dans mon histoire de pluie et de beau temps, un certain parallèle avec la situation du monde aujourd’hui, mais plutôt que de m’attarder sur ces serpents qui sifflent sur vos têtes, merci Monsieur Racine, je préfère guetter dans le ciel les premiers rayons du soleil. Une façon comme une autre d’atteindre la sérénité.

Pour ce qui est de l’inspiration que j’ai mis en parallèle avec les variations météorologiques, je crois que je me suis un peu pris les pieds dans le tapis, mais le temps presse car mai est arrivé et savez-vous ce que l’on dit : « En mai, fais ce qu’il te plait. »

Cet article comporte 2 commentaires

  1. Chère Hélène, le temps comme  » Souvent femme varie, bien fol est qui s’y fie… »
    De ce roi (François the first)que je cite et de sa vie amoureuse débridée, il nous plait de comparer sans raisons la féminité et les caprices météo…Que d’eau ! que d’eau !
    Ceci étant cela, Racine a bien raison et laissons les serpents siffler au dessus de nos têtes médusées. A propos de diable qui bat sa femme et marie sa fille… « C’e ancora domani  » et sa réalisatrice engagée Paola Cortellesi sont pleinement primés par le cinéma italien ( équivalent des Césars français). Le film partage les prix avec Matteo Garrone pour le film tout aussi remarquable  » Io capitano  » ( réalisation, scénarios, acteurs…) E la nave va pour le cinéma d’auteur qui élève les débats de l’actualité; violence, harcèlement et immigration déshumanisée…
    Si le temps est aussi fou que ce monde variant et changeant, c’est bien que nous sommes en lien avec l’univers, l’universel et l’humanité… En souhaitant qu’après la folie viennent la sérénité et la vérité. Foucault Michel l’avait si bien dit:
     » De l’homme à l’homme vrai, le chemin passe par l »homme fou. »
    À bon entendeurs…
    Merci pour ton édito si printanier.
    Jean-Jacques

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