Édito de décembre

chaque fois, je mets dans un pense-bête, un dossier, ce qui m’a marquée dans le mois en cours. Relisant mes notes, je tombe sur l’annonce des mises en examen pour viol de Beigbeder de Bedos, et sidérée, je m’interroge : le cinéma se croit-il tout permis ? Ça, c’était avant l’affaire Depardieu. Alors pourquoi tant de bruit pour elle et non pour les autres ? Parce que Depardieu est plus connu ? Ça voudrait dire qu’on mesure votre innocence ou votre culpabilité selon le degré de votre célébrité ? Je n’ai pas écouté le président de la République sur le sujet car je pense qu’il n’avait pas à le commenter, pas plus que sa ministre de la Culture, se mêlant d’un possible retrait de la Légion d’Honneur à l’acteur. Pour mémoire, j’avais écrit sur Facebook le 17 décembre : « Grossier, grivois, gaulois, lourd parfois, oui, mais pas violent ! », dit sa famille. C’est exactement ça, et ça n’en fait pas forcément un violeur. Pour l’instant il n’est pas condamné, alors qu’on lui foute la paix. Mme la Ministre que faites-vous du respect de la présomption d’innocence ? Avez-vous demandé qu’on retire la Légion d’Honneur à Nicolas Hulot, accusé de viol et de harcèlement sexuel. Depardieu a surtout, par ses amitiés russophiles, le gros défaut de ne pas être du côté de la bienpensance française ». Je rajoute aujourd’hui, germanopratine !  En effet ce qui arrache des cris d’orfraie à la presse parisienne sur Depardieu, la laisse indifférente quand il s’agit de ceux qui sont ses copains. Le gros Gégé, il ne les épargne pas, et ça, ils ne sont pas prêts à lui pardonner. La tribune de soutien à Depardieu par de nombreux comédiens et comédiennes (je souligne) est immédiatement taxée de réactionnaire par une contre-tribune manifestant son désaccord dans un texte publié sur le site Cerveaux. J’en cite quelques passages :  « C’est l’illustration sinistre et parfaite du monde d’avant qui refuse que les choses changent ». Ils déplorent qu’après « le président de la République, venu au secours de Depardieu, c’est donc au tour du « monde de la culture », enfin d’une petite partie (d’un vieux monde qui s’écroule), de s’exprimer : 55 personnalités qui prétendent laisser la justice faire son travail et s’opposent au « lynchage » du monstre sacré du cinéma français ». Ils résument : « Lorsqu’on s’en prend à Depardieu, ce serait à l’art que l’on s’en prendrait ! Comme si Depardieu représentait l’art en France. Comme si le statut d’artiste ou le talent justifiait un traitement singulier. ». Selon les signataires, ils étaient, le samedi 30 décembre, 2500 en fin de journée et parmi eux on retrouvait les chanteuses Angèle, Pomme, Imany, Louane, les chanteurs et producteurs de musique comme Médine et Vitalic, les actrices Judith Chemla, Corinne Masiero, Clotilde Hesme, l’humoriste et chroniqueur sur France Inter Waly Dia… Tous des grands noms de la culture française !

Curieux ces rubriques qui s’entrechoquent, pour ou contre Depardieu, et sans nuances. Demander à la Justice d’effectuer son travail ce serait un alibi de vieux comme se soucier des prédateurs et pas des victimes. Est-ce ça le monde de demain ? Celui de l’inquisition ?

Cette rubrique est bien longue pour être un édito. Elle serait, de préférence, à ranger dans la rubrique » humeur », mais il en est ainsi, en cette année 2023, un sujet chasse un autre, on oublie une guerre pour mettre la suivante sur le devant de la scène. Pendant ce temps les humains se déchirent et les plus faibles servent toujours de chair à canon aux plus forts, les villes sont détruites, la souffrance et la misère augmentent et le mot paix semble avoir été rayé du dictionnaire.

Pourtant souhaiter la paix, n’est-ce pas le vœu suprême ? Paix pour notre corps, pour notre esprit, pour notre famille, pour notre pays, pour notre planète…

Alors cher lecteur, paix et santé pour 2024

 

 

Cet article comporte 1 commentaire

  1. Olivier Tampon-Lajarriette

    Bravo Helene !!! Tu as tout dit .

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