Édito de février

Oups ! Moi qui voulais vous donner de bonnes nouvelles, voilà que je lis, vers les neuf heures du matin dans mon journal : « Sommes-nous à l’abri d’un tsunami ? », en une de couverture. Je regarde le ciel, peu de soleil, mais pas de vent, la menace n’est donc pas imminente. Mon inquiétude décroît, mais c’est sans compter sur mon informateur qui en remet une couche, page 22 : « Tsunami, quel risque pour la Côte d’Azur ? » ; le drame n’est pas encore là, mais il pourrait bien nous tomber sur la tête… Après avoir survécu à seize samedis pourris par je ne vous dis pas qui, et préparée à en vivre quelques-autres encore, alors que ces manifestations ont déjà coûté en dommages collatéraux, plus de 36 millions au pays, il faudrait encore devancer les catastrophes, attentats,  tremblements de terre, raz-de-marée, conflits et autres réjouissances… Eh bien, pour ce mois de février auquel il manque deux jours, trois années sur quatre – encore une tuile ça –, si je n’arrive pas à vous donner d’excellentes nouvelles, je vous offre cependant un très bon conseil : laissez au buraliste ses quotidiens, hebdomadaires et mensuels ; n’ouvrez votre téléviseur que pour vous instruire par de beaux reportages (évitez Élise Luçet ) ou d’intéressants récits historiques ( qui montrent que ce n’était pas forcement mieux avant) ou laissez-vous enchanter, divertir par de drôles, de bons et de beaux films ; évitez la rediffusion des César, la cérémonie la plus historiquement affligeante dans le genre, et à la place, lisez un bon bouquin…

En fin de compte, il est dur de clore un mois sans évoquer ceux qu’on a perdu, mais plus que la tristesse, pensons à la joie qu’ils nous ont apportée. Le Kaiser Lagerfeld, pour sa mode et ses bons mots, Bruno Ganz pour Les ailes du désir, Michel Legrand pour les incomparables moments vécus avec sa musique, ses films, etc., ce que Philippe Lançon, dans le numéro 1385 de Charlie Hebdo, célèbre d’une délicate façon, sous ce titre  Dans l’oreille de Lola* »  : « (…). Comme un verre de cristal qui ne serait apte à recevoir que le vin le plus léger, le plus profond, le plus fin. Il faut peut-être du temps pour que des chansons comme les siennes nous fassent sentir en quelques mots, quelques notes, d’un même mouvement tout ce qu’on gagne et tout ce qu’on perd. (…). »

Et une dernière note toute personnelle pour dire adieu à Christian Galzin, un grand chercheur en photographies et le directeur pour un temps de la GAC*, aujourd’hui Galerie de Marine à Nice, qui va, hélas elle-aussi, disparaitre totalement pour laisser place à la restauration touristique …Tempi passati, disait ma grand-mère !

*Je sais Lola, c’est la merveilleuse Anouk Aimée, mais les Lola, nous sommes toutes un peu de la même famille !

*Galerie d’Art Contemporain

Cet article comporte 3 commentaires

  1. Sylvette Maurin

    Exemplaire édito !

  2. Jany Pedinielli

    Da vero! Tempi passati « La gioventù, non torna più….A Torino ho lasciato il mio amor » J’ai oublié le titre de cette chanson mais ça y est elle me trotte dans la tête. Tu as raison les Lola, comme Anouk Aimée la plus belle, sont inoubliables. Et tournons nous vers le présent « E primavera, svegliatevi bambine… » Baci Jany

  3. Hélène Jourdan-Gassin

    je viens de te lire juste maintenant, quel plaisir !

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