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Édito de février

En février, la fin du mois arrive vite, même si tous les quatre ans, l’année bissextile me laisse un jour de plus pour vous envoyer mon édito, mais un jour c’est peu pour essayer de trouver en magasin, quelques bonnes nouvelles.

En revanche les mauvaises se bousculent au portillon et la plus pernicieuse, ce Coronavirus semble bien décidé à s’installer un peu partout sur le globe, semant son lot de mauvaises nouvelles et parfois de bonnes, comme sa décroissance en Chine ainsi qu’une spectaculaire diminution de la pollution.

Comme dans la comptine du furet on pourrait dire : il court, il court le Codid-19, il est passé par ici, il repassera par là… et bien présomptueux celui qui dit trop vite que son pays n’est pas touché, comme notre tout nouveau ministre de Santé qui, deux jours après avoir affirmé que la France ne connaissait que deux cas de Coronavirus, admet à cette heure, que cent vingt deux personnes sont désormais détectées…

Eh bien ! Vous qui me lisez, n’attendez pas cette fois que j’ironise, je prends l’affaire très au sérieux et je ne peux que vous engager à suivre à la lettre les recommandations du gouvernement : évitez les bains de foule, plus d’embrassades, ni de serrements de mains, qu’il est recommandé de laver ou désinfecter chaque fois que cela est possible …

Quant à mon humble personne, si je ne vous fais plus qu’un simple signe de la main – car, chers lecteurs, avec beaucoup d’entre vous nous nous côtoyons dans la vrai vie, ne pensez pas à une fâcherie mais, au contraire, au respect de votre bonne santé.

Autre sujet de chagrin, la disparition de Claire Bretécher. J’adorais ses bouquins et c’était, avec celles de Reiser, les seules bandes dessinées que je lisais… Et puis elle était si belle avec son air boudeur et son foutu caractère…

Enfin, sans peine cette fois, et même avec soulagement s’ils disparaissaient, j’ai regardé le debout de la fin des César, vieille mouture, présentés par une Florence Foresti, peu divertissante cette fois,  tant elle se prenait les pieds dans le tapis qui recouvrait pudiquement les douze nominations de J’accuse, le film de Roman Polanski. J’ai écrit dans un précédent article, tout le bien que je pensais de ce film, un des meilleurs du cinéaste, et j’ai reçu en retour, plus de félicitations que de critiques, ne m’étant tenue à ne juger que le film et non l’homme, ce que n’a pas en encore fait la justice en France. En revanche, si l’opinion était reine, Polanski serait déjà pendu haut et court !

Fatiguée de souligner la différence qui réside entre une œuvre qui, ne l’oublions pas, est une dénonciation de l’antisémitisme et la vie privée d’un homme, je laisse à Roselyne Bachelot, dans Signé Roselyne dans Nice-Matin, la conclusion de cette triste histoire. : «  (…). Poussée par le parfum de scandale suscité par les douze nominations du film de Roman Polanski sur l’Affaire Dreyfus, je me suis contrainte à visionner cette 45è édition. Rien n’avait changé : la même litanie des « merci à mon papa, à ma maman, à mon producteur » que le récipiendaire agrémente de la mention obligatoire de la dénonciation de la pauvreté et des discriminations. Dans cet entre-soi crépusculaire, on plaignait les animateurs et les présentateurs englués dans leurs blagues sinistres et leurs sketches tirés par les cheveux dont la plupart ne suscitaient même pas le sourire poli d’une salle glaciale. Une gêne pesante montait, et vint l’estocade du César du meilleur réalisateur décerné à Polanski. L’actrice  Adèle Haenel avait prévenu qu’elle considérerait que lui attribuer une récompense serait un crachat à la figure des femmes victimes de violences sexuelles, et son départ de la salle Pleyel – accompagnée par l’équipe du film de Céline Sciamma dont elle est une des interprètes – était parfaitement cohérent. Ceci étant, cette récompense était une sacré claque à l’establishment. Et paf, une beigne au ministre de la Culture en lui signalant  que son appel à ne pas attribuer de prix à J’accuse était considéré comme nul et non avenu. Et bing, une talmouse aux stars en leur rappelant que le concept fondateur des César est d’être attribués par le vote démocratique et secret de 4 000 professionnels du cinéma et qu’il est paradoxal que les plus nantis de la profession le contestent. Et bing, une mornifle au monde du cinéma miné par les jalousies et les rivalités et qui, sous couvert de luttes politiques, règle des comptes. Et boum, pour terminer, une taloche générale à l’opinion publique pour signifier que, quelle que soit la justesse des causes, le tribunal médiatique ne saurait remplacer la justice et qu’il emportera demain sans distinction ceux et celles qui l’instrumentalisent.

Cet article comporte 1 commentaire

  1. J’ai bien apprécié tes commentaires sur deux sujets difficiles!
    Je t’embrasse virtuellement!
    Gérard

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