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Édito de février

J’ai fait un rêve

Ce matin mon écran télévisuel s’est allumé à l’heure des premières informations et une femme blonde, plutôt jolie, est apparue, un instant silencieuse, avant d’avertir : « Une nouvelle d’une gravité sans pareil, aujourd’hui 29 février 2024, tous les hommes ont disparu de la planète.»

Par réflexe j’ai tâté la place à gauche de mon lit, en effet, il n’y avait personne. Puis rassurée, je me suis dit, il y a déjà un moment qu’elle est vide, donc j’ai dû rêver ! L’atmosphère restant pesante, j’ai voulu vérifier. Sur toutes les plateformes l’annonce était la même, diffusée par des femmes de toutes les couleurs de peau et de poil, avec en alternance, cet avis incroyable dans toutes les langues  : « Les hommes ont disparu de la planète ». Pas besoin de me pincer, je ne rêvais pas ! Je me précipitai sur mon répertoire et commençai à appeler des hommes dont j’avais le téléphone. Tout ce beau monde était aux abonnés absents. Pour avoir l’avis de ma grande copine qui parle haut et fort, je composai nerveusement son numéro pour qu’elle me hurle aux oreilles: « tu as entendu ? C’est incroyable ! Ça leur apprendra à tripoter les gamines » Puis ce fut un déferlement d’appels : « enfin on va trouver du boulot » ou « Y a un moment que j’attends ça » ou encore « C’est sûr, toutes les présidences vont aller aux femmes » ou simplement « bon débarras ». J’étais consternée car moi je les aimais bien les hommes, je dirais même que je les avais beaucoup aimés…

Bien sûr, ils étaient souvent de fieffés salauds, des lourds, des imbéciles, des infidèles, des alcooliques, des menteurs, des pingres, des prétentieux, des maniaques du sexe, des violeurs, des assassins… Mais dans l’ensemble, c’était quand même de braves types, pas bêtes, affectueux, généreux, solides et surtout pas compliqués et pas super finauds pour gober tout ce que nous leur racontions, nous les femmes, car nous n’avons pas toujours été ni oies ni blanches colombes.

Puis mon téléphone s’est remis à sonner et d’autres consœurs se sont lamentées … « C’est horrible qui va nous protéger ?» ou « qui va nous consoler ?» ou encore  « qui va nous gâter ?» et surtout « qui va nous faire des enfants ?  »… Ça n’arrêtait plus. Brusquement les hommes étaient devenus indispensables. Sans eux c’était la fin du monde ! N’aurait-il pas fallu y penser avant de les accuser de toutes les scélératesses ?

Anéantie, je jetai un œil sur mon écran pour découvrir cette nouvelle annonce : « Les hommes sont revenus ». Alléluia !  avais-je fait un rêve ou un cauchemar ?  Un avertissement, peut-être, à me remémorer toutes les années bissextiles .

Cet article comporte 4 commentaires

  1. …SUPERBE ! ton édito de février Lola
    « Nous » , je te donne la Palme d’or du Fictio-Réalisme ou du Réalisme fictionnel.
    Tu sais…celui qui cogne ! du Sieur Lacan.
    … » My ghost !  » comme dirait Jamel en s’élevant depuis son mêtre… et en élevant sa maitresse de vie, Agnés Jaoui au César d’honneur.
    Du coup ! Mon commentaire de l’interessante critique d’interet public d’isabelle Véret, pour le film  » Zone d’interet  » A DISPARU DE LA SURFACE de notre terre…
    Tu vois que tu comprends TOUT à la poésie…
    ** Et , je viens de me faire taper la place… par trois superbes hommes qui ne font qu’UNA…
    Gigi Campi.

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