Edito de février
Février, ce mois qui passe sans qu’on ait eu le temps de se retourner et s’apercevoir qu’il est déjà fini, me prend de cours chaque fois. Je crois me souvenir qu’en janvier j’écrivais : « Cerise sur le gâteau, les USA ont réélu Trump ! » Je ne croyais si bien dire car j’ai assisté en direct (enfin à la TV comme presque tout le monde) à ce qu’il y a de plus scandaleux en matière de politique (d’ailleurs peut-on appeler ça de la politique) que cette altercation entre les deux chefs d’Etat*, le président ukrainien, Volodymyr Zelensky et son homologue américain, Donald Trump, à la Maison Blanche.
Trois jours sont passés et je suis encore sous le choc de ce pugilat qui me laisse un gout amer dans la bouche, j’allais dire dans la boue ! J’ai pensé à ces voyous qui se mettent à dix pour tabasser une victime, en l’occurrence le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, devant une assemblée qui regarde le massacre (ils étaient nombreux dans le Bureau ovale !). L’ogre Trump, agressif, vulgaire, les jambes écartées, avait à ses côtés, dans son entreprise de démolissage, le redoutable Vice-président J. D. Vance, impeccable, mi prédicateur mi juge, mais le doigt pointé vers la victime pour quelle mette un genou à terre. Volodymyr Zelensky leur faisait face avec vaillance, mais vaincu d’avance, tant le combat était disproportionné.
Je n’ai pas pour Zelensky, et ça m’a été vivement reproché par quelques-uns de mes amis, la dévotion que notre Président, la plupart des médias et les européens en général, ont affiché des le début de cette guerre avec la Russie, pensant que la trop grande personnalité de l’homme et son audace allait en quelque sorte fausser la donne, et entraîner l’Ukraine dans une guerre qu’elle n’avait pas les moyens de gagner. Bien sûr l’arrivée de Trump a précipité les choses, mais il n’en aurait, sans doute, pas été autrement avec un ou une démocrate à la Maison Blanche.
Le plus sage aujourd’hui serait d’éviter une Troisième Guerre mondiale, coûte que coûte. Croyez-moi, pour avoir vécu la Deuxième, il me semble que la génération actuelle ne sait pas à quoi elle s’expose et nous expose !
D’autres sujets tout à fait locaux cette fois me préoccupent, mais ce sera pour le prochain édito.
Dernière minute
Décès de Vivien Isnard
A Nice, nous perdons un grand artiste, Vivien Isnard. Il était mon ami et le plus grand peintre de la génération des années 1970 et un brillant élément du Groupe 70. Défendu par Lucien Durand, Paris, La Bertesca Gênes, Milan et plus tard il fut le peintre phare de la galerie Sapone qui lui consacra de nombreuses expositions et la parution d’un très beau livre sur son travail. Il eut une grande exposition personnelle au MAMAC, Nice. Mais Vivien n’avait pas le culte de la personnalité mais celui de la pensée qu’il entretenait par de nombreuses recherches. Il était un interlocuteur brillant avide de comprendre les bouleversements de notre époque.
Un portrait lui sera prochainement consacré dans ce blog
*Peter Baker, journaliste au New York Times, couvre l’actualité politique à la Maison Blanche depuis trente ans. Il sait qu’il a assisté à un moment unique, vendredi 28 février. « Jamais un président américain n’a sermonné ainsi en public le dirigeant d’un pays allié, encore moins le dirigeant d’un Etat en lutte contre des envahisseurs », écrit le reporter sur le site du quotidien (Nouvelle fenêtre) à propos de cette scène spectaculaire. Celle d’un échange extrêmement tendu entre le président américain, Donald Trump, et son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky, au cœur du Bureau ovale de la Maison Blanche.
Personnellement Marie Pierre et moi aimions beaucoup vivien qui était devenu un ami
Pierre GROSJEAN
Chère Hélène, « L’histoire enseigne, mais elle n’a pas d’élèves. » A. Gramsci.
Il y a pourtant bien des leçons de l’histoire qu’il serait bon de rappeler ici :
C’est un peu aussi, comme les grandes forces cosmiques d’union et de désunion…
Et dans cette actualité préoccupante sinon inquiétante, se profile une possible et inattendue troisième guerre mondiale.
Cette tendance au progrès à tout prix… vers une intelligence artificielle dont nous n’avons pas encore bien les cartes en mains par manque de bon sens et de raison ; un certain Donald semble vouloir jouer au poker menteur, pas ses tromperies et son égoïsme impérial. Pour cela, il met en jeu et en péril l’équilibre d’une planète par déni
et défi cosmique (pour référence - » Don’t look up » le film visionnaire d’Adam Mckay-2021).
Le rôle de l’imaginaire, du mythe, de la religion est énorme et permanent dans l’histoire, révélatrice du génie et de la bêtise de l’humanité. La paranoïa et la mégalomanie sont les traits essentiels des dictateurs et de leurs volontés de puissance.
Main tenant, après avoir juré et en diffusant largement sa bible… Trump, influencé par son sectateur Musk, nous menacent en assénant de mettre fin à un conflit et en s’alliant avec un envahisseur avéré, pour un marché de « terres rares », en crachant sur les tombes des dizaines de milliers de soldats qui pensaient défendre une identité, une terre mère…
Un petit enfant, nommé X Æ A-XII, curant son nez dans le bureau ovale, résume l’ineptie de ses « parents générationnels », qui exposent son innocence aux caméras du monde entier, pour « un bon moment de télévision ». C’est le visage de l’histoire qui révèle toutes les facettes de la nature humaine. Pour le soi-disant progrès ; un lot d’ambiguïtés… Le déclin des solidarités et des communautés au profit des égoïsmes.
Mais » le résultat d’une action peut être contraire à son intention première ».
C’est une des premières leçons de l’histoire *
« C’est à moi que tu parles ? » : Le Taxi driver, Robert de Niro, déjà prévenant en 2016, s’adresse à NOUS, dans le miroir… En tendant la main, à l’autre moitié des États Unis :
» Celle qui a ignoré les dangers de Trump… Notre avenir ne dépend pas seulement de nous. Il dépend aussi d’eux… Je vois un homme maléfique ! Donald n’a pas de code moral. C’est un dur à cuire de pacotille, sans éthique. Aucun sens du bien et du mal… Le mal prospère dans l’ombre des moqueries méprisantes… C’est notre dernière chance, nous ne devons pas condamner les américains d’avoir fait un choix stupide… Parlons de bien et de mal, parlons d’humanité. »
L’acteur, qui a grandi dans little Italy, croisé et connu des gangsters, nous conjure que l’histoire nous rappelle que l’humanité a toujours été et sera toujours dans le devenir.
Jean-Jacques Campi.
* : Georges Lefebvre, professeur d’histoire de la Révolution française à la Sorbonne.
Dans, » Y a-t-il des leçons de l’histoire ? Edgar Morin – 2025 – Denoël.