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Édito de janvier 2023

Le temps passe, pourtant je n’écris que ce deux février mon édito de janvier et avec un certain détachement. Je finis par penser qu’un peu de colère motive cet exercice et je n’en ai pas aujourd’hui. Pourtant les sujets ne manquent pas : les retraites et les grèves qu’elles engendrent, la guerre en Ukraine et l’escalade de l’armement que réclame Volodymyr Zelensky, comme un enfant qui se plaint de ne pas avoir reçu assez de jouets : j’ai eu mes chars lourds, maintenant je veux que les occidentaux m’envoient des missiles de longue portée et des avions de combat !

Je sais, c’est politiquement incorrect, mais ma colère se réveille alors que les marchands de canons se frottent les mains ! Et puis je n’entends que le mot de guerre et non celui de paix, et la guerre ça blesse, ça tue. Si les Poilus de 14 étaient encore là, ils nous le rappelleraient. Lisez Guerre de Louis-Ferdinand Céline, ça vous donnera une idée…
Qu’espère-t-il Zelensky ? Que la Russie disparaisse ? Paul Poast, professeur agrégé au Département de science politique de l’Université de Chicago semble détenir le mot de la fin : « Bien que la Russie ne puisse pas gagner, elle ne perdra pas. Au lieu de cela, elle tiendra jusqu’à ce que l’Ukraine soit prête à négocier.» Bien, allons-y comme ça, et d’ici là, que de souffrances, de pertes !

Alors parlons d’art, c’est plus reposant ! En ce moment, c’est certain, on se repose sur nos lauriers. Pas un galeriste, pas un musée qui ne ressorte soit un bon peintre, soit un mouvement oublié, Joan Mitchell à Paris, Hans Hartung à New York, Support- Surface à Saint-Étienne ou Fluxus à Nice, la liste est longue. Et nous, dans le blog, nous n’échappons pas à la règle. Aussi j’espère que vous prendrez plaisir à lire le portrait poétique et passionné que Jean-Jacques Campi brosse de Nicolas de Staël.

C’est sans doute pourquoi, dans mon blog, je n’ai pas trouvé l’emballement suffisant pour vous relater les expositions en cours de ce premier mois de 2023…

A quoi tient ce phénomène de lassitude qui engendre un retour vers les valeurs sûres ? C’est justement parce qu’elles sont sûres que les collectionneurs (les vrais) lassés de voir dans les foires d‘art des écuries de poulains de l’année qu’on leur propose à des prix astronomiques, se tournent  vers des artistes de qualité, et pas seulement celle qui se compte en millions de dollars.

Est-ce  une renaissance d’un métier presque oublié, celui du galeriste qui aime l’art et les artistes, sait en parler, les suivre, les soutenir… Je l’espère mais j’en doute tant l’appât du gain gangrène notre société. Foires, écuries, poulains… Voilà un vocabulaire bien étrange quand il s’agit d’art, devrais-je y ajouter maquignons ?

Puisqu’il s’agit de qualité, bien que je me sois engagée à ne plus vous donner de rubrique nécrologique, veuillez m’excuser de vous transmettre ma tristesse pour la disparition du journaliste et essayiste Philippe Tesson. Ce journaliste et polémiste, issu de la rédaction de « Combat », avait fondé, en 1974, « Le Quotidien de Paris », un titre qu’il a dirigé pendant vingt ans. Le théâtre était son autre grande passion qui l’amenait à reprendre de Théâtre de poche Montparnasse en 2010.

Qu’il me soit permis de présenter à son fils, Sylvain Tesson,  écrivain et merveilleux  conteur, mes profondes condoléances.

Cet article comporte 2 commentaires

  1. Article 11 de la constitution Italienne… »Un chef d’œuvre  » !

    Très chère Hélène,
    Un évènement pour répondre aussi tardivement à ton édito de janvier et en remerciant pour tes encouragements.
    déplaçons nous vers San Remo…pour remonter le moral des troupes.
    Soirée d’inauguration du Cannes de la chanson Italienne…73 eme anniversaire de sa création.  » La Regina delle Arte  » était en fête.
    La parterre est des plus choisis.
    Pour la première fois depuis que San Remo chante et vole vers les hits, que nous avons tous au moins…fredonner sinon chanter à tue-tête; un invité particulier, accompagné par la Signora Laura, fille de Sergio Mattarella, Le président de la république Italienne,
     » Amato  » garant de la constitution.
    Fratelli d’Italia sera repris en cœur avec la mesure de Giorgio Morandi en harmonie parfaite avec le public et la loge présidentielle.
    Pour parfaire cette entrée en scène; le présentateur phare du festival, Amadeus va annoncer un autre invité d’exception. Unique, indescriptible, porté par son chef d’œuvre Oscarisé,  » La vie est belle « . LE film du grande, molto grande Roberto Benigni.
    Le voici descendu des marches, accueilli comme un prince, un souverain de son art.
    Pas de gène, rien que de l’émotion et du cœur à cœur, comme la haute valeur de ses pages…déja écrites.
    Roberto n’ira pas par Quatre Chemins…pour déclamer son message digne de la divine comédie (qu’il connait par cœur puisqu’il en est le lecteur itinérant), sa cataracte de mots justes, sa diatribe Humaniste…
    Enfin ! Un homme qui s’engage à dire ce qu’il pense pour le monde…
    Pour le 75 eme anniversaire de la constitution Italienne.
    Il est difficile de résumer la prestation d’un si grand artiste à un public, pour une telle occasion mais je dirais ceci :
    Benigni évoque l’importance des chansons dans  » l’histoire sentimentale de l’humanité  » en rappelant que Fellini disait;  » La musique est dangereuse, il faut l’écouter avec une cuirasse ou un scaphandre parce que ses radiations peuvent être mortelles, elles vous pénètrent et vous dilacèrent… ». Il évoque également Don Quichotte déclamant à sa douce,  » Que rien de mal ne peut arriver où se joue de la musique « .
    Roberto Benigni soulève le voile de la constitution Italienne en décrivant à la lettre deux de ces article les plus remarquables en les comparant à l’Art en général :
    – L’article 11 souligne t’il ; « comme un vers de poésie « .
     » L’Italie répudie la guerre « . Et le tribun commente;
    … » Cet article, c’est une sculpture. Pensez que si tous les pays du monde avait écrit ce même article dans leurs constitutions, et bien, à ce jour, il n’y aurait plus aucune guerre sur le face de cette terre… ».
    Applaudissements nourris, silence émouvant d’une fraction de seconde avant qu’il n’enchaine.
    556 constituants (Dont Bernardo Mattarella, le père du président actuel), élus par le peuple, sont à l’origine de cette constitution Italienne, un miracle des années post guerre.
     » Un rêve comme il n’en reviens plus jamais… » était l’incipit de la chanson Volare de Domenico Modugno, illustrant ce rêve écrit par des hommes éveillés, justes.

    – L’article 21, qui les rassemblent tous, parce qu’il intéresse le festival de San Remo, le préféré de Roberto, celui dont il ne peut se lasser de clamer son importance:
    Un article semblant avoir été écrit par un enfant…
     » Tous, chacun de nous, avons le droit d’exprimer librement notre pensée. »
    De la même façon que chacun de nous peut respirer…
    Un vent d’humanité a traversé la salle de l’Ariston, dans les minutes qui ont précédées et suivies le départ de Benigni.
    Que dire après cette sincérité ?
    Dans le commentaire d’un édito du mois de janvier qui apparait déjà…morose sinon gris:
     » Que ceux qui rêvent arrivent avant ceux qui pensent… »
    C’est une pensée qui questionne; cette chimère peut-elle devenir réalité ?
    Il reste une page blanche à toute constitution, la page du futur.
    Suivons le conseil de Benigni qui suggère que nous l’écrivions tous ensemble pour le futur, prévenus par le passé qui deviens présent.

    C’est un fleuriste de San Remo qui a eu l’idée du festival de la chanson Italienne ( Rambaldi ) et si cet évènement est bien du pays des œillets et des roses d’un temps (La Ligurie – Riviera dei fiori), il faut peut être évoquer une des chansons les plus réalistes de Fabrizio de André qui a été reprise au cours de cette 73 eme édition:
     » Via del Campo ci va un illuso…
    Dai diamanti non nasce niente,
    Dal letame nascono i fiori.  »

    Oui ! Les fleurs poussent sur le fumier…
    Et Benigni remue la terre où l’on pense toujours à la guerre et à la liberté d’expression.
    Il transforme en sonnets sibyllins un droit et un devoir;
    celui de  » de ne plus avoir peur  » de dire ce que l’on pense.

    Jean-Jacques Campi

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