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Edito de mars

Pas le moindre rêve ce mois-ci ne m’a aidée à y voir clair dans ces trente et un jours de conflits, de guerres, d’attentats, de faits divers avec la haine comme dénominateur commun. Que l’on soit chef d’état, soldat ou simple citoyen on s’arme, et c’est le couteau à la main qu’on croise son voisin, l’automobiliste qui nous dépasse, la femme qui nous résiste, l’adolescent qu’on craint, l’étranger qu’on pense différent. On ne supporte plus rien, aucune règle, aucune contrainte, on veut tout, tout de suite, sans tolérance, ni discussion, ni débat, car forcément l’autre a tort et l’on préfère sa mort à une tentative de le ramener à la raison.

Est-ce à dire qu’il nous faut laisser tout espoir de renaissance en de jours meilleurs ? Je ne le pense pas et comme je crois aux rêves annonciateurs de changements, j’aime à voir dans la conjoncture des indices d’espoir.

Or, cette année 2024, ironie du sort ou plutôt du Concile de Nicée*, la fête de Pâques a lieu le 31 mars et l’on peut la considérer, au-delà des croyances de la chrétienté, comme la victoire de la vie sur la mort. C’est aussi, dans les cultures païennes, le triomphe du printemps, la fête la lumière, la renaissance de la nature après les longs mois d’hiver.

Un moment d’espoir, sans aucun doute. C’est pourquoi, aujourd’hui, cette concomitance entre Pâques et la fin de mars m’a inspiré cet édito un peu illuminé et m’a poussée à partager dans une église ce qui unit, pour un instant, des êtres, c’est à dire l’amour de son prochain.

Pourquoi une église plutôt qu’une foule anonyme ? Parce que, en tant qu’agnostique, ce ne sont pas forcément mes croyances qui m’unissent à eux mais ma culture. Cette appartenance judéo-chrétienne m’a formée, j’en connais les valeurs, les gestes sans pour autant leur donner une signification sacrée. Comme l’éducation, la politesse, ce sont des attitudes communes qui me font me sentir en famille, mais pas pour autant similaire.

*La date de Pâques est fixée par le concile de Nicée au premier dimanche après la première pleine lune qui suit le 21 mars. Les Églises occidentales, qui ont adopté le calendrier grégorien, célèbrent souvent Pâques à une date différente de celle des Églises orthodoxes, qui elles se réfèrent toujours au calendrier julien. Le décalage peut aller jusqu’à cinq semaines selon les années.

Cet article comporte 1 commentaire

  1. Chère Hélène, je partage le message de ton édito porteur d’espoir renaissant avec ce printemps. L’espace du recueillement, quel qu’il soit, est une rencontre avec soi, avec l’esprit de ceux qui, partis sont restés en nous…
    Avec une présence aussi, à notre entour ou dans nos cœurs, un ange en quelque sorte…notre ange.
    Cette démarche ou ce besoin que tu décrit n’est pas sans me rappeler ce merveilleux monologue, sans ponctuation, de Bernard Marie Koltés, « la nuit juste avant les forêts ». L’acteur ( nous, vous , tous…) parle, interpelle surtout ces solitudes et ces individualismes qui nous définissent de plus en plus. L’homme tente de retenir par tous les mots possibles un inconnu, « l’autre », qu’il a abordé au coin d’une rue, un soir où il est seul, seul à en mourir.
    Ce garçon de rencontre n’est « pas tout à fait d’ici ». Il semble étranger… L’interprète de Koltés lui parle de tout et de l’amour comme on ne peut jamais en parler…sauf à un inconnu, un enfant peut être. Une déclaration sans religions.
    Il lui dit : J’ai cherché quelqu’un qui soit comme un ange au milieu de ce bordel et tu es là. »
    Cet autre est aussi un peu , beaucoup nous ! portant l’espoir d’un degré de connaissance, de tendresse et solidarité qui est atteint en une nuit ou un jour, entre deux inconnus… bien au delà, de celui que parfois deux êtres en une vie ne peuvent atteindre. Un mystère permettant de ne pas risquer de passer à coté de choses essentielles.
    Gigi

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