Skip to content

Edito de mars

J’aimerais chanter « c’est l’printemps, j’suis content, aujourd’hui j’ai rien à faire… » avec les chèvres, les lamas, les singes qui sautent de joie dans la petite vidéo que beaucoup d’entre nous ont, sans doute, reçue. Mais le puis-je dans ce monde qui part à la dérive et surtout qui ne regarde que la part obscure des choses. Comment retrouver ce sentiment d’allégresse qui devrait nous lier à la nature et nous faire danser de joie, chanter en cœur, toutes ces choses qui sont le signe d’un renouveau et que nous ne savons plus imaginer. Ne pourrait-on pas en ces premiers jours printaniers oublier un instant le changement climatique et ses conséquences, les catastrophes naturelles, les inondations et les canicules, pour leur préférer les premiers rayons de soleil qui dorent nos corps fatigués par l’hiver. Dois-je être aveugle au réveil de la nature et refuser de m’enthousiasmer devant les bourgeons qui pointent sur les branches des arbres devant ma fenêtre ? Et que dire de mon jardin qui verdit à vue d’œil et où percent les crocus, les tulipes et les jonquilles.

Cette vision idyllique va-t-elle se prolonger sans qu’on me jette à la face que je suis une privilégiée et qu’ailleurs les printemps sont bien sombres, avec leurs rues défoncées par la misère ou les bombes, avec des corps abandonnés sans sépulture, des enfants affamés et dépenaillés, des rats grouillant dans les caniveaux.

Vais-je résister à me biberonner aux malheurs du monde en ouvrant ma télé, ma tablette, mon portable ou en dépliant mon journal ? Sans doute pas ! Les hommes et moi-même, nous sommes ainsi faits que désormais nous nous repaissons des malheurs des autres plus que le joies qui leur adviennent  .

D’ailleurs, avons-nous encore assez d’imagination pour inventer des bonnes nouvelles comme la paix par exemple, alors que partout on ne parle que de guerre et de la nécessité de s’armer pour s’y préparer.

La Seconde Guerre mondiale avait, dans sa terminologie même, inscrit dans l’histoire, qu’il n’y en aurait pas une troisième. Les générations suivantes semblent l’avoir oublié.

 

Cet article comporte 0 commentaires

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

Back To Top