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Édito de novembre

Vous le remarquerez, j’ai repris la main. La crampe de l’écrivaine (cette fois j’écris sans grimace ce féminin devenu pour ainsi dire obligatoire) m’a quittée, enfin plus ou moins. Mes amis débatteurs (je n’aime pas le terme de critique), Thierry Martin et Isabelle Véret, pris par leurs devoirs respectifs, ont déclaré forfait pour ce mois. Les arts plastiques ont donc repris leur place, mais modestement alors que la rentrée est riche en événements. Ovni* est dans toutes les bouches et tous les expositions cette fin mois sont estampillées. Je n’en ai vu que peu car je pars lundi d‘où cette  hâte à vous écrire.

J’avais quelques méchantes choses à vous conter sur mon pays, ma ville, mon milieu artistique et leurs incohérences, mais je préfère remettre tout cela à mon retour  en cadeau de Noël, je plaisante bien sûr !

Alors pour un au revoir  sinon joyeux mais tendre en tout cas, je vous engage à aller voir Les Amandiers, le film de Valeria Bruni Tedeschi, avec  Louis Garrel, Nicolas Baby, Nadia Tereszkiewicz, Sofiane Bennacer …

« Pourquoi faire du théâtre ? » La question est posée à chaque candidat postulant à entrer aux Amandiers, cette école, ce « centre du monde » et raison d’être de centaines de comédiens. Et la réponse fuse, et met tout le monde d’accord avec sa fougue sans détour : « parce que je vois ma jeunesse ternir dans le miroir ».

Si j’ai choisi ce passage du film qui relate une aventure des années 1970, c’est pour dire à une jeunesse d’aujourd’hui, que leurs aînés étaient déjà comme eux, angoissés pour leur devenir.

Ce film de Valéria Bruni Tesdechi, metteuse en scène, échevelée et adorable, décrit la réalité de son monde, il y a quarante ans, dans cette école alternative et éphémère du théâtre des Amandiers de Nanterre. Il reconstitue l’énergie, le bouillonnement d’une troupe pleine d’espoir et d’envie de vivre comme si la mort n’était pas pour eux…

J’ai été profondément bouleversée par l’évocation sans nostalgie de cette époque que j’ai côtoyée, malgré quelques années de plus, et émue par le portrait de ce mythique personnage qu’était Patrice Chéreau (la prestation de Louis Garrel est un peu faible) que les cinéphiles n’ont pas toujours bien compris.

Le mot de la fin revient à Carla Bruni-Tedeschi  « Ces personnes, vivantes devant la caméra, permettent au passé qui est en nous de redevenir du présent. Seule la fiction permet d’arracher les souvenirs à la nostalgie ».  

Allez voir les Amandiers !

*Ovni folies ! Festival Objectif-Video-Nice

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