Édito d’octobre 2017

Encore un mois passé, avec son lot de joies, de peines… Bien qu’il appartienne à la sphère privée, je ne peux taire mon chagrin d’avoir perdu le plus généreux, le plus rare, le plus affectueux des amis, un vrai petit frère, mais c’est aux disparus publics, ceux qui appartiennent à tous, que se porte mon attention et en particulier à la merveilleuse Danielle Darrieux, que nous pensions éternelle tant elle avait depuis un siècle bercé notre imaginaire et sollicité nos zygomatiques. Par quel miracle cette femme a-t-elle pu nous donner sa beauté et son humour, sans jamais les dissocier ? Sans doute grâce à son intelligence et à sa simplicité, deux qualités que dévoilent les chefs-d’œuvre qui ont étayé sa longue carrière, nous laissant, aujourd’hui encore, la larme à l’œil et le sourire aux lèvres… Pour moi, c’est «Battement de cœur » d’Henri Decoin qui a fait battre le mien et l’a empli d’un incorrigible romantisme qui, malgré les années qui passent, ne s’est jamais tari. Et « Charade », la chanson que Danielle Darrieux, de sa délicieuse voix haute et fluette, murmure à son chien, alors que Claude Dauphin se cache derrière l’embrasure d’une fenêtre, reste pour moi la plus subtile, la plus belle des déclarations d’amour !

Au chapitre des regrets figure le grand Jean Rochefort. « Un éléphant, ça trompe énormément » mérite d’être regardé en boucle pendant que Fats Domino nous donne encore avec « My Blue Heaven » des fourmis dans les jambes !

Je vous avais annoncé joies et peines, mais au chapitre des joies, je peine (mes excuses pour ce mauvais jeu de mots)… L’actualité avec son lot de drames intimes ou médiatiques, tels ces harcèlements et viols perpétrés par le gotha hollywoodien comme par n’importe lequel des sales mecs d’en face, ne nous incite pas à nous réjouir, même si désormais la honte, paraît-il, va changer de camp… Mais jusqu’où ira ce tsunami de signalements ? Désolée de le dire, j’ai une certaine répulsion pour ce #Balance ton porc, au succès planétaire… Encourager les femmes à être des « balances » me semble, pour elles, manquer sacrément de dignité… Les balances, si je ne me trompe, sont ces individus (dans la police en tout cas) qui dénoncent quelqu’un en contrepartie d’un avantage ou d’une réduction de peine… Est-ce cela qu’on attend de nous, femmes ? J’ai trop le souvenir de ce que dénonciation voulait dire pendant la guerre pour ne pas craindre qu’il finisse par y avoir de la délation dans l’air avec cette formulation à la mode du jour !

Et puisque d’accusation il est question, sur un tout autre sujet, que penser des propos dans Nice-Matin de Cédric Herrou, défenseur des migrants dans la Roya, à propos du Préfet des Alpes-Maritimes : « Peut-être que le préfet des Alpes-Maritimes pourrait s’inspirer des accords de la SNCF pendant la deuxième guerre pour transport des juifs pour gérer le transport des demandes d’asile… bref », des paroles qui le conduisent à être poursuivi pour injures publiques ? Si je suis doublement indignée par cette déclaration, c’est que, plus encore que l’inculture et l’ânerie du personnage capable d’une telle énormité, il est censé être la personnalité marquante de l’année 2016 dans les Alpes-Maritimes par un vote organisé par Nice-Matin, consternant !

Pour les joies du mois, je me préparais à vous parler de l’écriture intrusive, mais ce sera pour la prochaine fois…

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