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Ernest Pignon-Ernest, Parcours Jean Genet,
Port De Brest, Juin 2006 - Sérigraphie En Situation
© ADAGP, Paris, 2016
Ernest Pignon-Ernest, Parcours Jean Genet, port de Brest, juin 2006 - sérigraphie en situation © ADAGP, Paris, 2016

« Ernest, pignon sur rue »

Ernest Pignon-Ernest

Depuis toujours il y a ce que j’aime, ce qui me procure une émotion, sans que je cherche à en connaître la raison, sans que j’analyse le pourquoi de mon attirance. C’est particulièrement vrai en art.

Malheureusement, il y a ceux qui depuis toujours également se révèlent des empêcheurs d’aimer en rond.

Ceux qui, à mon inverse analysent, synthétisent, écrivent des critiques comme on pond de la musique d’ascenseur : au kilomètre…

C’est probablement avec Ernest Pignon-Ernest que mon ulcération est à son comble.

Il m’a fallu suivre à la lettre les prescriptions des journalistes de l’ensemble de la presse écrite.

Un seul son de cloche.

Une seule vérité.

Un unique guide à suivre pour comprendre l’œuvre – hors les murs -, la voix des rédacteurs inspirés par le même dossier de presse. Je vous le concède, l’ironie est facile.

Je me suis donc armée de mon petit Pignon-Ernest officiel pour visiter le premier étage du MAMAC qui lui réserve une exposition rétrospective de toute première qualité.

Pour comprendre et aimer l’artiste il me fallait admettre qu’il était fils de coiffeuse et d’un père travaillant aux abattoirs.

Communiste.

J’ai oublié que si je l’aimais, c’est parce qu’il avait, avec ses dessins sublimes qui se déversent des murs aux trottoirs avec la force et la violence d’un raz de marée, la même odeur que tous ses garçons de mauvaise vie que j’adore.

Patrice Chéreau, Cyril Collard, Frédéric Mitterrand… Voilà ceux que je

Vue de l'exposition

Vue de l’exposition

devine quand je regarde un Ernest Pignon-Ernest. Pire que l’interdit, certains de ces dessins de rue sentent la pissotière. C’est pour moi le parfum absolu. Le dégueulasse et l’interdit. Mon hors les murs à moi.

Point d’orgue Pasolini… L’Italie du sud, les garçons qui aiment les garçons, le génie désespéré de Pasolini, et celui au trait maîtrisé de Pignon-Ernest. On pourrait ne pas s’en remettre… Quelque chose qui nous dépasse, nous étreint. Je m’assois, dégoulinante dans la chaleur niçoise étouffante de juillet.

Pourquoi, finalement, de Pignon-Ernest je me remets?

Parce que c’est déjà fini. Terminé. Mort en quelque sorte. De le placer là au musée, entre quatre murs, c’est retourner la peau du lapin dans le bon sens. Mais c’est aussi tuer Pignon-Ernest.

images

Installation, église abbatiale de Saint-Pons

Il a fracturé l’intérieur en laissant couler jusqu’au ruisseau Marie, le Christ, mais aussi des femmes belles, des garçons par trois…

Je quitte les lieux avec cette sensation que ni Pignon-Ernest ni moi ne sommes à notre bonne place… Dans la rue.

 Sonia Dubois

Jusqu’au 8 janvier 2017

MAMAC – 1er étage du musée -Nice –

Jusqu’au 2 octobre 2016. Église abbatiale de Saint-Pons

Montée de l’abbaye, Nice.

 

Cet article comporte 3 commentaires

  1. MICHA

    Tout est dit Hélène! C’est bref, concis et ce que j’ai ressenti… Mais cet enfermement dans le musée a permis à un grand nombre de le découvrir et l’expo est très belle. J’aurais tellement aimé voir Naples sous Ernest Pignon Ernest, un de mes (rares) regrets.
    Et OUI ce portrait à la pierre noire de Pasolini m’a transporté, le coup à l’estomac, tout Pasolini y EST!

  2. tangofleur

    Bel article. On y court, avec en arrière-fond quelques chansons de Ferré – « Est-ce ainsi que les hommes vivent ? », « La Solitude », expressions majeures de la désespérance Pasolinienne.

  3. lolagassin

    Bonjour Lola,

    Nous ne nous sommes pas revues depuis la réunion que Noëlle avait organisé en hommage à ce cher Vladan… Il est vrai que nous nous sommes rarement rencontrées. Mais il y a ton blog que je lis toujours avec intérêt. J’y découvre ton papier « Ernest, pignon sur rue » et je ne résiste pas (pourquoi le faire ?) : il est remarquable !!! Tu écris bien mais le poids que tu donnes à chaque mot à chaque image, en quelques lignes seulement, loin des redondances des articles d’après dossier de presse et plume timorée, le poids de tes mots est en parfaite symbiose avec celui de la réalité crue et sensuelle des oeuvres de cet Ernest que tu aimes et dont j’ai découvert une part de l’intimité des murs du dehors à l’intérieur de ceux du MAMAC.
    Bien à toi et peut-être à bientôt quelque part ici ou là
    Nicole Cimadoré

    Juste une précision, je n’en suis pas l’auteure, mais j’ai retransmis le compliment à Sonia Dubois

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