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Nice Art Expo

État de lieux, bis

Aylin Yavuz

Dans l’optique de voir ce qui se passe ailleurs, c’est-à-dire hors du pinacle actuel de  notre bonne ville de Nice, mais aussi de ce qu’elle a appelé l’École de Nice, qui n’a jamais été une école mais plutôt un mouvement réunissant de fortes individualités réfutant d’ailleurs bien souvent ce générique passe-partout pour lui préférer des dénominations plus exactes comme Nouveau Réalisme, Fluxus, Supports-Surfaces, Groupe 70 ou Calibre 33, etc., j’ai voulu voir ce qu’il en était de la création locale, hors  la Villa Arson, le 109 ainsi que les quelques galeries qui constituent la mouvance actuelle. Pour ce faire, j’ai relaté dans le numéro de mars de mon blog deux expositions qui brossaient le panorama d’une création indépendante et dans un but similaire je suis allée visiter au Palais des Expositions, la deuxième édition de NICE ART Expo, une foire qui réunissait une cinquantaine d’exposants, presque uniquement des artistes, accompagnés de quelques galeries et agences d’art.

Laissons aux deux jeunes organisateurs Dana et Thomas Lemaire, leur foi toute neuve en ce type de manifestation, mais ce n’est vraiment pas ce qu’il faut faire !  Un atout incontournable, la magnifique voute du Palais des Expositions qui m’a rappelée les temps heureux d’Art Jonction International ; en revanche trop peu d’annonces en amont, donc des allées presque vides, pas ou peu de sélection, un mélange toujours difficilement compatible entre artistes et galeristes, sont des obstacles auxquels devront faire face nos gentils organisateurs pour une 3ème session…

Sergio Saad

J’ai cependant fait quelques agréables découvertes. Du côté des galeries :  Sanary Art Galerie a réalisé, à mon avis, le meilleur stand avec une série de meubles polychromes et un beau tapis d’après Le Corbusier. Lui faisant face, JLF Gallery, de Chartes, présente deux huiles de Aylin Yavuz, une artiste turque  née en 1983, qui travaille entre Düsseldorf et Istanbul. Son attaque frontale de l’image, laissant la toile en partie vierge au travers de coulées de couleur, est, pour moi, la vraie découverte de ce salon. J’ai été très sensible aussi au travail mixte photographie/peinture de Sergio Saad sur les fleurs et les feuillages. Grâce à la magie  de la  transformation numérique, l’opposition entre figuration et abstraction  devient chez lui,  complicité. Un dialogue harmonieux s’instaure par des correspondances de couleurs, de mouvements et de textures. L’artiste, devenu plus niçois que brésilien désormais, a exposé dans d’excellents lieux de culture sur la Cote d’Azur et ce sont quelques unes de ses œuvres plus anciennes qu’il pressente aussi sur ce salon. Ces toiles font dire avec justesse à la critique Paule Stoppa  : « (…).  Ces toiles libres, leurs figures constamment bougent avec la grâce d’un ciel mouvant qu’un souffle animerait sans cesse. (…) ».

Bruno Paget

La photographie est largement présente sur la foire et j’ai remarqué que Marine Foissey présentée par ComForArt, a remporté un réel succès public. Pour ma part, j’ai essentiellement retenu les images du photographe Bruno Paget. Né en 1956, il vit et travaille à Boulogne-Billancourt. Créateur au sein de diverses agences de publicité pendant de nombreuses années, il s’est entièrement consacré par la suite à sa carrière artistique. Ce voyageur dans les villes du monde entier s’est attaché à ne saisir de ces citées que leurs murs dévorés par la publicité. Dans un combat à la David contre Goliath, il a confronté l’infiniment petit, en l’occurrence l’humain, au gigantisme agressif des images publicitaires de la modernité.

Son travail a été la deuxième découverte de cette jeune foire qui a, cependant, beaucoup de travail à faire pour se mettre à niveau !

Cet article comporte 1 commentaire

  1. L’organisation du Salon NAE m’a envoyé le lien de ton État des lieux, bis. Ton appréciation de mon travail fut la meilleure chose qui me soit advenue de cet événement, pour l’instant du moins. Venant de toi, que je suis et respecte depuis si longtemps, cela me va droit au cœur. A bientôt, et porte-toi bien. Sergio Saad

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