Skip to content

France Bizot Natsukashii

11 juin – 24 juillet
vernissage les vendredi 11 et samedi 12 juin

Natsukashii est un concept japonais dont il n’existe pas de traduction dans nos sociétés occidentales. Il décrit un état de l’humeur qui pourrait se rapprocher de la saudade brésilienne mais avec une différence notoire tant le natsukashii est un état émotionnel qui n’exprime aucun regret. C’est le sentiment joyeux d’un souvenir passé.

Le choix de ce titre d’exposition colle parfaitement avec la période de silence que l’artiste a vécue cette dernière année si étrange pour tout le monde. France Bizot a profité de ces moments étouffés de confinement imposé pour essayer de sortir d’elle-même une positivité et un nouveau souffle artistique, notamment par le biais de la céramique, pratique totalement nouvelle pour elle.

Pour sa cinquième exposition à Backslash, France Bizot convoque une pléiade de sentiments heureux, retranscrits notamment dès la première installation faite de marguerites qui flottent sur une planète stylisée. Cet astre peuplé de fleurs renvoie directement à l’histoire du Petit Prince dont l’image plane sur la totalité des oeuvres réunies. Il abrite une série de marguerites qui, telle la rose du petit personnage, sont chacune « unique au monde ».

Des grands dessins accrochés aux murs, telles les peintures anciennes de vanités de musées, montrent des fleurs qui s’effondrent et sont déposées sur une pierre, une météorite. L’astre référent de France Bizot, son astéroïde Saint-Exupérien, provient d’une météorite trouvée en forêt.
À propos de concept japonais, ces mêmes morceaux d’étoiles côtoient des coraux accrochés par des câbles électriques, à la manière du bondage nippon. Telle une muse d’Araki, ces éléments terrestres sont présentés au monde de manière sensuelle et subtile, révélant la fragilité de chacun d’entre eux. Tout est lévitation, tout est accroché à un fil, il suffit d’un rien pour que tout s’effondre.

Un ensemble de dessins sur couvertures de livres, série emblématique du travail de France Bizot, rend également hommage à la poésie de Saint-Exupéry. Le Petit Prince devient l’écrin des promenades intellectuelles de l’artiste, des idées qu’elle glane le long de ces journées de silence. Ainsi Jean-Michel Basquiat incarne la candeur du héros de l’aviateur disparu. Une carcasse équarrie présente une chair qui fait presque corps avec l’astéroïde du Petit Prince. Des fleurs fanées, ou sous le souffle du vent, entendent au loin les déclarations passionnées du petit personnage pour sa rose.

Puis arrivent les céramiques, nouveau medium pour l’artiste. Ce sont des formes oblongues, pareilles à des aubergines généreuses, fruit qui hante l’artiste depuis des années. Elles matérialisent le ventre de la femme mais également la verge de l’homme. A cheval entre deux genres, elles s’inscrivent dans les réflexions de notre époque sur l’androgynie.

Ce sont aussi des coraux qui s’alanguissent sur des gouttes fragiles, des Vénus préhistoriques ou la pin-up des fifties.

Toute la vacuité des choses, à l’image des vanités de bulles de savon ou d’une plume, semble réunie dans l’exposition de France Bizot sur laquelle plane l’idée de Natsukashii.
BACKSLASH

29 rue Notre-Dame de Nazareth
75003 Paris
mardi – samedi 14h – 19h
09 81 39 60 01
info@backslashgallery.com
www.backslashgallery.com

Cet article comporte 0 commentaires

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Back To Top