Gilles Miquelis : « L’envers du décor » ; galerie Eva Vautier

Un curieux phénomène incite les plumitifs que nous sommes à donner un titre à la peinture de Gilles Miquelis. S’en soucie t-il un instant, lorsque d’un large geste, il jette la couleur sur la toile sans remords, ni repentir, entièrement pris par la beauté de ce geste créateur ?
Eh bien ! Passons quelques appellations en revue : Dimanche après-midi ; Et ils virent qu’ils étaient nus ; La grande évasion ; Revisiter le portrait ; Adieu les petits clopeurs ; Vivre à en crever ; Gilles Miquelis ou l’inconfort du sublime et En coulisse devenu pour moi : L’envers du décor.
Pourquoi ? Parce que Gilles raconte inlassablement une histoire. Et plus que le cinéma – auquel beaucoup d’auteurs font référence dans leurs narrations – c’est le théâtre que Miquelis évoque pour moi. Le récit est celui que nous voyons mais où s’inscrit parfois, en inversé, ce que ne dit pas forcément le trait. C’est cet envers, ce signifiant caché, qui fascine et emporte le regardeur dans une histoire qu’il construit ou déconstruit à souhait. Envers, double sens, quotidienneté, l’art de Gilles Miquelis réveille nos sens et les anime avec subtilité, chaleur et élégance. Rien n’est tapageur chez cet artiste, pas plus le trait que la couleur et pourtant parfois, les gris bleutés nous emportent ou les ocres jaunes déflagrent à notre regard !
Voilà pour le récit, mais un peintre n’est pas l’écrivain, même si parfois il est friand de tournures alambiquées et de mots obscurs que la critique emploie pour le définir, ainsi que son travail. Miquelis n’est pas de ceux-là. Il est peintre, à cent pour cent, il est même la parfaite définition de ce qu’est la peinture. Pour lui, les mots savants n’ont d’importance que s’ils expriment avec justesse ce qu’ils ont devant les yeux.
La peinture, Gilles Miquelis se la coltine sur de très grands formats comme sur de petits, avec dans les deux cas autant d’aisance, à condition cependant que le sujet soit là, fort et captif, jusqu’à ce que le geste véloce du peintre le libère des contraintes. L’une d’entre elles tient à ce que Miquelis peint à l’huile sur la toile, mais avec un lâcher , une aisance que d’autres n’atteignent ou pas, qu’avec l’acrylique – et laisse venir à nous, ses regardeurs, une beauté chargée de caractère et de profondeur.

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Copernic, 2024,
Huile sur toile,
30 x 40 cm.
Maintenant pour revenir à « En coulisse » galerie Eva Vautier, l’exposition de Gilles Miquelis réunit toutes les qualités que j’ai tenté de cerner chez cet artiste qui m’est très cher en tant qu’ami, mais aussi comme artiste de la galerie Chez Lola Gassin depuis fort longtemps. Les toiles présentés galerie Eva Vautier, sont fascinantes notamment les deux grands formats « Un après-midi de chien », 2025 », 200 x 195 cm, huile sur toile et « Sans titre », 2021, 220 x 230 cm, huile sur toile aussi.
Ces grands formats comme les petits portraits et les situations cocasses* – car j’ai oublié de souligner combien les œuvres de Miquelis sont à la fois chargées d’humour et de mélancolie – qui font partie de « En coulisse » ont été initiées sous le titre « Peintures » dans une exposition en 2019, Chez Lola Gassin et ont donné lieu à une œuvre peinte à fresque, dans l‘exposition IMMORTELLE – Vitalité de la jeune peinture figurative française – au MO.CO. MONTPELLIER CONTEMPORAIN, en 2022.
*situations cocasses, n’est pas un titre mais une invention de l’auteure du blog
Jusqu’au 5 avril 2025
Galerie Eva Vautier
2, rue Vernier – NICE
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