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Gustave-Adolphe MOSSA, "Elle", 1905, huile et dorure sur toile, N.Mba 3268, musée des Beaux-Arts Jules

 Gustave-Adolphe Mossa. « Niciensis Pinxit »  

Gustave-Adolphe Mossa, « La Sirène repue », 1905, huile sur toile

Cinquante ans après sa mort, l’exposition au musée des Beaux-Arts Jules Chéret rend hommage Gustave-Adolphe Mossa artiste aux multiples talents et conservateur du musée. Cette rétrospective de l’œuvre du célèbre artiste niçois présente ses peintures et aquarelles symbolistes emblématiques, qui préfigurent le surréalisme et l’heroic fantasy, des œuvres d’une virtuosité surprenante, aux sujets parfois licencieux. Mais elle offre aussi une plongée dans les nombreux autres domaines artistiques que Gustave-Adolphe Mossa a exploré au cours de sa vie.

Niçois attaché à son patrimoine, Gustave-Adolphe Mossa endosse tour à tour le rôle d’historien, d’archéologue, d’auteur dramatique en français et en nissart, mais aussi d’illustrateur. Pendant plusieurs décennies, il crée de fantastiques maquettes de chars de Carnaval. Féru de traditions locales, il ressuscite les costumes locaux dans le groupe de danse folklorique Nissa la Bella. Et de 1926 à 1971, il assume avec entrain et passion la fonction de conservateur au musée des Beaux-Arts Jules Chéret.

Le parcours de cette exposition révèle sous un jour nouveau ce créateur à la confluence des mouvements artistiques

« Salomon », 1908

internationaux et de la culture régionale à laquelle il reste attaché toute sa vie. Il est principalement connu pour son œuvre symboliste, qui offre aux regards des œuvres aussi précieuses qu’inquiétantes, faisant de lui l’ultime représentant de ce mouvement artistique majeur. Mais les nombreux autres domaines dans lesquels il s’est investi avec tout autant de passion restaient à ce jour largement ignorés.

En digne continuateur du travail de son père, l’artiste et conservateur Alexis Mossa (1844 ?-1926), il s’engage pour faire connaître et vivre le patrimoine régional. Faisant œuvre d’historien, il emmène son père sur les sentiers menant aux chapelles de l’arrière-pays niçois pour en dessiner les fresques ; en archéologues, ils défendent la création d’un musée des antiques sur la colline de Cimiez ; en linguiste et auteur régionaliste, il compose de nombreuses pièces de théâtre en nissart. Grâce aux fabuleuses maquettes de chars de carnaval, il fait vivre le spectacle niçois pendant des décennies. Également ethnologue, il étudie les traditions et costumes locaux et les ressuscite dans le groupe de danse folklorique de Nice La Belle, qu’il crée avec Francis Gag en 1955 et dont les répétitions se déroulent parfois au musée des Beaux-Arts.

Ce musée, dont il fut le conservateur de 1926 à 1971, se devait, cinquante ans après son décès, de lui rendre un hommage appuyé. Au prisme de la « nissardité » aux multiples facettes de Gustave-Adolphe Mossa, le parcours de l’exposition révèle sous un jour nouveau ce créateur aux nombreux talents, à la confluence des mouvements artistiques internationaux et de la culture régionale, à laquelle il reste attaché toute sa vie.

– Gustave-Adolphe MOSSA, « Encor Salomé », 1906, huile, encre et mine de plomb sur toile

Ça, c’est pour l’historique. Ce que je voudrais dire ici, c’est l’émotion de retrouver au tournant de la colline des Baumettes, cette belle demeure qui pour les petits niçois de mon époque, était avec la Villa Masséna, les seuls musées de notre ville qu’on nous proposait de fréquenter. L’excellent accrochage de l’exposition fait la part belle à ce passé solidement représenté par Alexis Mossa, père et professeur de Gustave-Adolphe, qui tous deux illustrèrent les paysages de la région niçoise et les portraits des personnages de leur entourage. Il faut reconnaître que parmi la production des paysagistes niçois, l’œuvre aquarellée d’Alexis Mossa domine largement, en qualité et en quantité inventive. Ce sont d’ailleurs ces peintures que la bourgeoisie niçoise collectionna, chacune des bonnes familles avait au moins une aquarelle de l’artiste sur ses murs. Il n’en était pas de même pour Gustave-Adolphe dont l’œuvre dérangeait. Plutôt que de s’y atteler et la faire connaître et prospérer, il se consacra essentiellement à sa fonction de conservateur du musée des Beaux-Arts de la ville, poste qu’il occupa dès 1926. Son œuvre symboliste et sulfureuse fut cachée, et essentiellement redécouverte dans les réserves après sa mort en 1971. A l’instar de Gustave Moreau, son travail symboliste est hanté de références à la littérature : il revisite les textes fondateurs de la culture occidentale et apprécie certaines figures évoquant la décadence telles que Judith, Dalila, Salomé, Sapho

« Les Muses: Clio », 1904, aquarelle et mine de plomb sur papier grège

Dans l’exposition, cette bascule de l’inspiration et du traitement pictural se fait dès la deuxième salle avec l’œuvre Gustave-Adolphe qui donne libre-cours à son inconscient en revisitant divers mythes : Œdipe, Sapho… d’une manière fantasmagorique, teintée d’un brin de satanisme.

Aujourd’hui, l’œuvre de Gustave-Adolphe s’inscrit dans la modernité car elle est sulfureuse et incroyablement libre dans une histoire de l’art du XXème siècle en grand bouleversement, mais très rapidement codifiée où un électron libre tel Gustave-Adolphe Mossa n’avait pas forcement trouvé sa place.

Commissaires de l’exposition

Johanne Lindskog, conservatrice du patrimoine, directrice du musée des Beaux-Arts Jules Chéret, Nice

Yolita René, historienne de l’art

 jusqu’au 15 mai 2022

Musée des Beaux-Arts Jules Chéret

33, avenue des Baumettes – Nice

www.musee-beaux-arts-nice.org

Tous les jours sauf le lundi de 11h à 18h

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