Skip to content

Jonier Marin, galerie Lara Vincy

© Jonier Marin, Foucault, 2023, encre sur papier, 21 x 15 cm
J’ai été agréablement surpris en apprenant que la galerie Lara Vincy à Paris présentera à la rentrée une nouvelle exposition de Jonier Marin et surtout étonné puisqu‘il s’agira cette fois, non pas de points d’interrogation, constante axiale de son travail, mais de PORTAITS.
Permettez-moi de me présenter : déjà en 1986 à l’occasion d’une exposition de Raymond Hains dans cette même galerie, j’avais écrit une note sur J. Marin, artiste français né en Colombie en 1946. Retenu à Londres, je me limite à reproduire et commenter ici la courte note manuscrite qui m’a été envoyé par Marin à titre d’invitation :« Cher Braxton, j’ai pris la décision de montrer à la galerie Lara Vincy à Paris en septembre prochain un ensemble de portraits. J’espère avoir l’indulgence du public avec cette tentative, étant donné que le sujet principal de mes recherches est d’un autre ordre depuis 1979. La plupart de ces dessins datent des années 90. J’en déduis que sur chaque visage, il y a une parole écrite par le temps qui pourrait très bien nous définir. Je me souviens de ce petit dessin crayonné au musée du Louvre du côté de la peinture Flamande d’un maitre d’école indigné, et même surpassé, par la pagaille de ses élèves. Pourquoi s’occuper encore de portrait aujourd’hui ? Baudelaire craignait avec raison que depuis l’apparition de la photographie, il serait vain de vouloir atteindre le niveau de Rembrandt ou de Goya. Aujourd’hui, les smartphones nous permettent de choisir parmi plusieurs selfies, ratés ou non, celui qui peut nous convenir. »
Je viens également de recevoir par e-mail quelques images de cette exposition très variée, surprenante même, et je constate que dans ces dessins, il s’agit d’un « fa presto » qui ne s’embarrasse d’aucune retouche. Je constate que de plus en plus d’artistes se déclarent curateurs de leur propre travail. Ainsi, Marin choisira une centaine de dessins de son fond d’atelier pour nous parler avec un certain culot, de la consommation tellurique de notre monde contemporain.Quel est son but en montrant cet ensemble ? Probablement de se présenter comme quelqu’un qui va au-delà de l’art d’aujourd’hui, devenu selon Yves Michaud, « une matière gazeuse ». Modestie fondamentale de la part de quelqu’un qui aura toujours un nouveau projet à proposer. Je pense par exemple à son dollar vertical. Je situe ses portraits en plusieurs catégories : le portrait apparent, celui qui se représente à nous face au miroir ; celui « philosophique » selon Kobo Abe, le japonais lauréat du Prix Akutagawa en 1951, qui dans son roman La face de l’autre à la page 48, demande à la tête de mort : « Quel fut ton visage ? ».

Il faut tenir compte que jusqu’à très récemment, n’importe quelle image nous représentait. Avec l’apparition des smartphones, d’après Marin, rien ne signifie plus rien ; adieu la psychopathologie quotidienne du bon vieux Sigmund. Notre image iconique devient alors indéfinissable en raison d’une mutation constante. In fine, qui est qui ? La question demeure.

Une autre approche pourrait se situer dans l’autoportrait imaginaire, qui, pour finir, se réfèrerait à un concept de vie matérialisé en attitudes et activités, en somme, nous voir avec des yeux entre-ouverts

John Braxton, Londres, septembre 2023

Galerie Lara Vinci 47, rue de Seine – Paris

VERNISSAGE JEUDI 14 SEPTEMBRE DE 18H à 21H
15 septembre – 15 octobre 2022

Cet article comporte 0 commentaires

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Back To Top