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Juan Miró "Il-était-une-petite-pie", Texte De Lise-Hirtz, 1928
Juan Miró "Il-était-une-petite-pie", texte de Lise-Hirtz, 1928

Juan Miró, un point c’est tout !

Pourquoi ai-je marqué l’exposition de Joan Miró « Au-delà de la peinture » qui réunit un ensemble exceptionnel d’œuvres graphiques, gouaches, maquettes, affiches, gravures, lithographies, bons à tirer et ouvrages de bibliophilie, par une assertion aussi catégorique ? Parce que sa grandeur et sa qualité sont indiscutables ? Certes oui, mais pas seulement ! C’est aussi pour mettre fin aux arguties de ceux qui s’interrogent : l’œuvre sur papier n’est-ce pas une voie mineure au regard de la peinture ou de la sculpture chez les artistes et chez Miró en particulier? Eh bien, non, et Miró le dit lui-même: « La gravure est pour moi un moyen d’expression majeur. Elle a été un moyen de libération, d’élargissement, de découverte. Même si, au début, j’ai été prisonnier de ses contraintes, de sa « cuisine », des outils et des recettes trop dépendantes de la tradition. Il fallait y résister, les déborder, et alors un immense champ de possibilités s’offrait au regard et à la main… Le despotisme de l’outil fut progressivement vaincu. Je peux utiliser une pointe ou un burin, mais aussi le doigt, la main, un clou ou un vieux tournevis. J’ai pu de même me libérer du papier normalement utilisé et faire tirer des épreuves sur des papiers les plus inattendus. »

« Automobiliste à moustaches », maquette, 1973

Dans la lignée de l’héritage de Marguerite et Aimé Maeght et de leur fils Adrien, éditeurs d’art et imprimeurs, la Fondation Maeght propose, pour sa grande exposition estivale, un hommage au génie créateur de Joan Miró, dix ans après la dernière exposition que la Fondation lui a consacré « Miró en son jardin ». C’est aussi un écho à la rétrospective présentée cet hiver au Grand Palais à Paris.

Joan Miró, est l’un des artistes majeurs du XXe siècle qui ont révolutionné les codes de l’art moderne. Durant toute sa vie, l’artiste invente un monde onirique au service d’un vocabulaire de formes appliqué à toutes les techniques avec lesquelles il travaille. « Il me faut un point de départ, expliquait Miró, ne serait-ce qu’un grain de poussière ou un éclat de lumière. Cette forme me procure une série de choses, une chose faisant naître une autre chose. Ainsi un bout de fil peut-il me déclencher un monde

L’exposition se divise en quatre parties, quatre concepts si l’on préfère : le rapport de Miró avec les poètes, le concept « collage », les possibilités combinatoires et la découverte des techniques.

Le rapport de Miró avec les poètes

« Inceste au Sahara », maquette, 1974

La première salle où figurent les œuvres relatant son amitié avec les poètes est particulièrement touchante – d’ailleurs l’émotion a étreint la voix d’Adrien Maeght lorsqu’il l’a l’évoqué – en particulier les huit pochoirs réalisés pour illustrer le recueil Il était une fois une pie de Lise Hirtz, qui paraitra en 1928. Dans les années 1930, Miró apprend à maîtriser les outils et les techniques de la gravure à l’eau-forte et à la pointe sèche. Après quelques autres « expériences » dans le monde de l’édition, ce sont à nouveau les poètes qui conduisent Miró à la gravure et à la lithographie pour illustrer leurs écrits. Puis, à partir de 1932, Miró crée de nombreuses éditions, dont Portrait de Miró (avec Marcoussis, en 1938) et la Série Noire et rouge (1932-1939) ou la Série Barcelone (1939- 1944), constituée de cinquante lithographies. Sa soif d’expériences et d’apprentissage de nouvelles techniques est insatiable : « Goya utilise l’aquatinte dans toutes ses eaux-fortes – il est indispensable que je connaisse ce procédé et que je l’applique à mes gravures, ce qui donnera infiniment plus de possibilités. »

La découverte des techniques.

Dans la grande salle du bas, on est époustouflé par la contemporanéité et la fraîcheur de ces les grandes lithographies en couleurs sur toile (1969) qui ouvrent un champ créatif très vite récupéré par les plus grands, mais qui chez Miró semble surtout être un jeu récréatif qui l’émerveille. En effet, à la fin des années 1960, Miró découvre, grâce à Adrien Maeght, les possibilités que lui offre la technique du carborundum, utilisée par Henri Goetz ; il lui écrit en 1968: « L’artiste peut s’exprimer avec davantage de richesse et de liberté, […] je me rends de plus en plus compte de la richesse et des nouveaux horizons que votre procédé apporte à la gravure. Jamais on n’avait obtenu des matières avec une puissance pareille. Pour ce qui me concerne directement, je peux m’exprimer sans aucune entrave, d’un seul élan de l’esprit, sans être paralysé ni ralenti par une technique dépassée qui risquerait de déformer la libre expression et la pureté et la fraîcheur du résultat final. Une gravure pareille peut avoir la beauté et la dignité d’un beau tableau. »

À partir de ce moment, le noir joue un rôle essentiel dans les gravures de Miró. Cependant, loin de nous approcher des ténèbres, le noir vibrant de Miró rapproche ses gravures de l’œuvre unique plutôt que du multiple.

Miró réalisant une affiche à l’imprimerie ARTE

On ne dira jamais assez combien, pour Miró, sa relation avec l’imprimeur est primordiale. Elle permet de lui apporter des solutions techniques à ses demandes et ainsi atteindre les résultats voulus. Ces aspects techniques dans son œuvre graphique (relief, matière, intégration d’objets, réutilisation de motifs, etc.) prennent toute leur ampleur et se traduisent par la cohérence de l’œuvre de Miró dans des correspondances entre œuvre graphique et sculptures ou céramiques. La complicité sans faille entre Joan Miró et Adrien Maeght leur a permis de se lancer dans des projets très risqués, voire révolutionnaires.

Ni abstrait, ni figuratif, Miró n’a eu de cesse de développer un langage résolument neuf et poétique, aussi

« Le Troubadour », gravure, 1976

bien dans sa peinture que dans tous ses modes d’expression artistique dont l’œuvre graphique reste un domaine très important : « De tous les domaines explorés par Miró (sculpture, vitrail, céramique, tapisserie, théâtre, …), c’est celui de l’œuvre graphique qui l’a attiré plus particulièrement. L’action directe de l’artiste sur la planche de cuivre ou sur la pierre, le moment magique de voir comment les graphismes qu’il y avait réalisés, se transféraient sur le papier, l’envie d’obtenir une sorte de vibration avec les encres… Tout ce que la gravure et la lithographie lui offraient comme possibilités signifiait un défi pour Miró. De cet intérêt actif et prolongé jusqu’à la fin de sa vie, en surgit une production remarquable, à la fois en quantité mais, surtout, en qualité », précise Rosa Maria Malet, commissaire de l’exposition.

Enfin pour conclure, la troisième raison qui motive le titre que j’ai donné à mon texte, tient à ce sentiment que je ressens face à une œuvre de Miró : sa constante recherche de l’endroit exact où mettre le point pour que l’œuvre soit achevée… un point c’est tout.

Jusqu’au 17 novembre 2019

Fondation Maeght

Saint-Paul

http://www.fondation-maeght.com

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