Skip to content
"Every Sunday, GrandMa,", Laure Prouvost, La Gaya Scienza ©jcLett

La Gaya Scienza, espace d’exploration artistique et poétique

Cette ancienne cressonnière destinée par le passé à voir grandir les plantes, n’est-elle pas, aujourd’hui,  le lieu idéal pour faire fructifier par des mains expertes ce qui pousse dans des têtes bien faites ? C’est sans doute ce à quoi fait référence Éric Castaldi, son créateur, quand il parle de sa passion pour les arts et la culture, forgée depuis de nombreuses années par la fréquentation assidue de différentes disciplines (poésie, philosophie, littérature, arts visuels, musique, cinéma). La Gaya Scienza, son objet, on pourrait dire « sa chose » a ouvert les portes, à l’automne 2023, d’un ancien appartement niçois de près de 300 m².

« Tohu Bohu », Hélène Bertin

Elle prend part à la création contemporaine en accueillant deux fois par an des expositions confiées à des commissaires invités. Une riche programmation d’événements complète cette initiative philanthropique guidée par une volonté de rencontre, de partage, et d’expérimentation. Empruntant à son créateur et à son équipe, des mots enthousiastes pour parler des choses de l’esprit, La Gaya Scienza est libre, généraliste et singulière. Elle est inspirée à la fois de l’art des troubadours et du Gai Savoir nietzschéen, dont les derniers chapitres auraient été écrits à Nice à la fin des années 1880, d’où l’expression gay saber (la gaya scienza) qualifiant en occitan médiéval l’art de composer des poésies lyriques. Ces racines troubadouresques — latine, occitane ou arabe — conduisent La Gaya Scienza  à  composer, inventer, découvrir et ressentir une émotion, une excitation, une agitation. Par ce projet philanthropique atypique, La Gaya Scienza souhaite mettre en œuvre des mouvements et des moments de vie et de pensées partagés.

Le lieu se veut intime comme son usage domestique initial, un appartement où il fait bon passer pour profiter d’une pause autour de ses propres songes, d’un livre, d’une discussion ou pour contempler une exposition. Temps et espace de liberté rares, l’endroit souhaite développer comme une forme de douce résistance, nous confie une équipe très investie. A l’heure où l’intérêt immédiat et rentabilité nous mènent collectivement au désastre, ce sont ici tâtonnements, expérimentations et surprises qui sont visés joyeusement. La Gaya Scienza accorde une attention particulière aux formes sensibles, à ce qu’une œuvre d’art peut éveiller, déplacer, provoquer, soulever — qu’on soit seul ou ensemble en sa présence —, une accessibilité qui passe par une immédiate perception avant de s’étoffer de la polysémie de la recherche artistique.
Pour revenir sur le plancher des vaches, disons simplement que la programmation de cet espace de création contemporaine accueillera, deux fois par an, des expositions d’arts visuels, en constituant une ludothèque de jeux d’artistes et en soutenant les artistes via des bourses de création. Tout au long de l’année, sa programmation d’événements généreuse et généraliste, proposera au gré des occasions des projections de films, des conférences en histoire de l’art, des ateliers culinaires, des clubs de lecture, des débats et controverses, une scène ouverte aux poètes et poétesses, des workshops autour de la ludothèque, un bureau d’écriture publique, de poésie, de philosophie…

Un catalogue, rejoignant la collection spécialement conçue par le studio Rovo, documente chaque exposition. Cette dynamique ne pouvait s’imaginer sans l’activité subversive par excellence, celle qui touche l’esprit de manière nouvelle, inspire des formes symboliques où mystère et ravissement se répondent : le jeu. Constituant une collection d’œuvres d’artistes jouables et activables, La Gaya Scienza accueille la première ludothèque de jeux d’artistes en France (acquisitions en cours d’œuvres de Elsa Werth, Eva Barto, Hélène Bertin, Camille Bondon, Bruno Munari, Claude Closky, Julien Rodriguez, Marie Glaize et Louis Clais, Gottfried Honegger, L’Association, Mathieu Mercier, Fanette Mellier…

Éric Castaldi est également séduit par les expériences de flânerie et de « dérive psycho-géographique » en milieu urbain. Souhaitant renouer avec un projet à échelle humaine et humaniste, il a conçu en 2023 avec sa fille Anna Castaldi, titulaire d’un diplôme en entrepreneuriat et développement durable de l’EDHEC (Lille et Nice), le fonds de dotation de La Gaya Scienza. En 2023, Anna Castaldi a pris la direction de La Gaya Scienza

Les collaborations associées
En 2023, Claire Migraine a collaboré à la mise en œuvre du projet artistique et scientifique de La Gaya Scienza. Elle est commissaire d’exposition et chargée de production. Max Bondu, des ateliers bermuda et Peaks, trouvent, eux-aussi, l’occasion d’une collaboration inédite autour du projet.

Alice Anderson
Alice Anderson

Les expositions
La Gaya Scienza organise, de novembre 2023 au 16 mars 2024, « Faire, nager et s’envoler » une exposition avec Alice Anderson, Carlotta Bailly-Borg, Hélène Bertin, Laëtitia Bourget, Aline Cado, Marcelle Cahn, Philippe Charles, Sirine Fattouh, Laure Prouvost, Emmanuel Régent, Victorien Soufflet, Lamia Talaï.
D’autres événements seront proposés en accès libre d’octobre à juillet : Cours d’histoire de l’art, un rendez-vous mensuel proposé par Maurice Fréchuret, historien de l’art et docteur en sociologie et en histoire de l’art.
Les Cycles de conférences philosophiques « Philosophie pour paresseux, marginaux et autres traîne-savates », un rendez-vous mensuel proposé par Bertrand Cochard, agrégé et docteur en philosophie. Début du cycle le 17/11 puis le 15/12/2023 à 19h30.

Cependant, peut-on vivre d’amour d’eau fraîche ? Le projet, philanthropique de La gaya Scienza est un lieu où l’on pratiquera la gratuité, il n’y aura donc pas d’activités commerciales. Nous voulons, dit Eric Castaldi, redonner du sens aux choses. Nous avons donc prévu de financer nous-mêmes, sur fonds propres, les activités de La Gaya Scienza sur les prochaines années et espérons que l’aventure intéressera également d’autres mécènes qui pourront se joindre à nous et prendre part au développement de ce projet généreux.
Rêvons-le à dans 3 ans, ce serait une belle première étape et observons ensemble ce que l’avenir lui réserve…

You, My, Omma, Mama, 2023 : Tourné près de Marseille dans une grotte surplombant la Méditerranée

Que vous dire après ce long préambule ? Cette profession de foi ambitieuse n’est pas inutile lorsqu’il s’agit de saluer la naissance de La Gaya Scienza,  un lieu unique à Nice. Mais qu’ai-je retenu de l’exposition ? Tout d’abord l’excellente vidéo de Laure Prouvost , inventive, poétique et aérienne comme il se doit ! La découverte du long parcours de Marcelle Cahn, honte à mon ignorance puisque je le connaissais si mal, alors qu’il est ici le pivot de l’exposition proposée par la commissaire, Mathilde Roman. Les grands dessins puissants d’Emmanuel Régent et au-delà de son œuvre, la présence d’Alice Anderson, une artiste obsessionnelle, passionnée, radicale qui nous embarque dans l’histoire de ses objets « mémorisés », de ses sculptures en fil de laiton et des peintures dansées par son corps.

Cerise sur le gâteau lors du Festival OVNI, la présence charnelle de Laure Prouvost a donné une résonance particulière à « Oma je ohamma mama » une vidéo tendre et émouvante, une promenade champêtre où présent et passé se superposent d’une troublante et éphémère façon.

 

Eric Castaldi co-fondateur et président, Anna Castaldi co-fondatrice et directrice

9bis, rue Dalpozzo 06000 Nice

contact@lagayascienza.com .
L’exposition particpe à OVNI
lagayascienza.com contact@lagayascienza.com

Cet article comporte 0 commentaires

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Back To Top