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La mort du dialogue.

Fini, cuit, plus à l’ordre du jour le respect des points de vue de chacun, c’est désormais : tu retires ce que tu as dit et après, on pourra discuter. C’est ça le dialogue des grévistes avec le gouvernement : vous retirez définitivement vos projets de loi et après, on dialogue !  Ouvert comme échange, ne trouvez-vous pas ? Et ça permet juste d’aller de l’avant vers la catastrophe…

Je vous entends déjà me cataloguer comme un suppôt d’Emmanuel Macron puisque je suis contre les excès des grévistes, or non, je ne suis pas un de ses soutiens, je n’ai voté pour lui que par défaut, afin d’empêcher  Marine Le Pen d’arriver aux commandes du pays. Je n’ai pas adhéré à ce que cet homme, surgi d’un appareil dont j’ignore les arcanes, nous racontait : une France en marche vers la paix sociale, l’innovation, la réussite, la purification de mécanismes débarrassés une fois pour toutes de leurs vieux démons : les passe-droits, le favoritisme, les affaires ; maladies qui avaient jusqu’alors, gangréné le pays…

On voit le résultat ! Pourrais-je dire, mais voila une parole en trop. D’abord suspectée d’être macroniste, je deviens alors lepéniste ou française insoumise. Bonjour les nuances !

Comme, le mot dialogue, celui de nuance est à rayer du vocabulaire du jour. Vous avez dit nuances ? Ce sont quoi des nuances, des habiletés de peintre, des subtilités de décorateur ?

Nuancer, c’est comme le dit mon fidèle Larousse :  » (… ). Exprimer sa pensée en faisant sentir les différences les plus subtiles.

Corriger un sentiment, le modifier en l’adoucissant, en l’accompagnant de quelque chose (…) »

Différences subtiles, maintenant  le Larousse et le Robert – ils sont d’accord ces deux-là – se mettent à parler une langue française désormais obsolète, à bannir même du jargon actuel. C’est noir ou c’est blanc, on est pour ou on est contre, les nuances de sont des simagrées de petits marquis !

Ainsi aujourd’hui, et je le regrette, je ne trouve plus mon monde, celui agréablement subtil des échanges d’idées. Je ne suis pas la seule dans ce cas, mais ce qui est grave, c’est l’impossibilité de l’exprimer.

Le Président de la République s’est mis en colère à propos de l’affirmation par certains, de ne plus être en démocratie mais dans une dictature. Colère superfétatoire, car personne, sauf quelques agités politiques patentés, ont émis une telle ânerie, mais ce qui est certain c’est que dans votre propre entourage, si vous pensez librement, différemment parfois, les visages sont chagrins et, la plupart du temps, on change de sujet !

Regardez, par exemple, ces journalistes soi-disant impartiaux qui demandent à une foule harassée, épuisée et captive, ce qu’ils pensent d’une si longue grève : on est vraiment fatigué mais on les comprend…, et de jeter un œil inquiet vers la caméra pour s’assurer qu’un gréviste mécontent ne vienne pas lui péter une vitre ou un par choc…

Oui nous sommes dans une démocratie, mais qu’on ne me parle pas de dialogue, il est mort. La belle terre de France est peuplée soixante-sept millions d’individualités persuadées d’avoir raison et par conséquent que l’autre a tort. Point de vue manichéen, oui, rassurant pour l’avenir, non !

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