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Teddy Riner et la flamme Olympique

Le Petit Prince des J.O. est un Papillon…

« Les détails font la perfection et la perfection n’est pas un détail. » Léonardo da Vinci.

« Il n’est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage.

Si on veut obtenir quelque chose que l’on n’a jamais eu,

il faut tenter quelque chose que l’on n’a jamais fait. » Périclès.

Arrivée de la flamme au drapeau olympique

Au septième jour de création de cet événement mondial et millénaire, c’est bien un lépidoptère qui s’offre à nos yeux pixélisés de téléspectateurs émerveillés. Le petit écran devient en quelques heures de retransmission le panégyrique de la capitale éphémère du monde du sport : Paris sur Seine.

Les performances de ces jeux de Paris 2024, sont bien sûr dans les résultats obtenus par tous les athlètes de la planète bleue, réunis pour la grande majorité, dans l’enceinte historique de la ville lumière.

Un drone aux ailes multicolorées plonge sur les méandres de la plus belle des villes, pour danser sous la pluie.

Mais remontons le cours de cette scène internationale, de son cadre unique et qui nous revient cent ans après les années folles…par ses effets aussi colorés qu’autant de variétés de papillons aux teintes aquarellées.

Il y a de l’électricité dans l’air et l’atmosphère de ce rendez-vous sportif et médiatique.

« La Fée électricité » reste un des plus grands tableaux jamais réalisé…au monde, (600 mètres carrés pour l’exposition internationale de 1937). D’un coup de pinceau magique et récréatif, Raoul Dufy (1977-1953) a su historiser l’apparition de la lumière artificielle, inscrite à jamais sur la cimaise courbe du Musée d’Art Moderne de la capitale. Au centre de ce panoramique, ce sont bien les dieux de l’Olympe qui font le lien entre les architectes de la lumière électrique et l’éclair de Zeus… Le thème de cette œuvre picturale est inspiré du poète philosophe Lucrèce et de l’un des plus beaux poèmes scientifiques, tentant de « briser les forts verrous des portes de la nature », révélant au lecteur la nature du monde et des phénomènes naturels ; « De Natura Rerum », libère l’humanité de ses fardeaux pour atteindre la tranquillité de l’âme, l’ataraxie.

Ce parallèle avec la dame de fer scintillante de led et de laser, n’engage que ma sensibilité et ma perception des messages que porte la diffusion des Jeux Olympiques dans les foyers « éclairés » ou pas, du monde entier.

De ce sommet émettant et recevant en permanence des ondes électromagnétiques hertziennes, voici que c’est la totalité de la structure en fer qui joue le rôle d’un paratonnerre extraordinaire aux conflits qui courent et éclatent sur notre monde vivant. Zeus transmute sa foudre en ses métamorphoses les plus séduisantes pour conquérir les déesses de l’Olympe des sports, pour un temps éphémère qu’il nous revient de respecter…

Le challenge sous-jacent à la portée universelle du sport en général et de certains en particulier se déroule dans les boucles du cours de la Seine et d’une Cène qui n’aura finalement pas le goût de son approbation générale, reliant…pour une fois et une bonne fois pour toutes, l’Humanité pensante et sportive.

Finalement, qu’est-ce que le sport ? Sinon l’expression harmonieuse des corps dans une recherche de perfection à un défi de performances. « Plus vite, plus haut, plus fort – ensemble. » des corps-esprits.

Et la culture : sœur de l’esprit sportif, demeure le phare attentif des qualités perfectibles de l’éthique et de l’esthétique. Par définition et reprécisée par le baron Pierre De Coubertin (1863-1937) : l’Olympisme est une réunion dans la participation.

Dans cette insoutenable légèreté de l’être qui virevolte sous les angles et les zooms des caméras de transmission télévisée, le sportif, quel que soit sa spécialité, pénètre dans nos chambres et nos salons comme un compagnon volatile de nos rêves d’enfants. Avant cela, selon une tradition bousculée de son cadre habituel, les dieux du sport vogueront et défileront sur un stade fluvial ; La Seine illuminée en « douze stations » métropolitaines portant des noms de véritable religion…au singulier ! Un chapelet idéal qu’il me faut égrener ici :

Enchanté, Synchronicité, Liberté, Égalité, Fraternité, Sonorité, Sportivité, Festivité…, Obscurité, Solennité, Solidarité, Éternité…

Astre et Louvre

Une Révolution dans la présentation des équipes mondiales où l’histoire mélange ses pinceaux dans les reflets de son fleuve, au-dessus de toute…intranquillité. C’était un peu fou sinon Gaga…et selon les éditoriaux fraichement émis le lendemain, « Le Paris fut ténu… ». Malgré les lampes d’éclairs et de déluges intermittents le spectacle était bien là, au rendez-vous du Vert Galant…qui sépare le cours de l’eau et relie peu après l’île de la Cité, le courant du fleuve Seine.

Des voix se sont élevées, sur les barricades de l’ignorance et du déni gratuit. Ces coups de gueules, n’ont de dimension que l’expression d’un aboiement au passage de la caravane des sportifs dansants, portant une bannière musicale aux couleurs de l’arc en ciel… Le Wokisme, le monde des différences a su « performer » sur « une passerelle » des années 1900 pour le bonheur de ceux qui acceptent de réunir plutôt d’écarteler les rives de la fête. Et si le nu Philippe Katerine est apparu en « Schtroumpf bleu », vêtu d’une ceinture de fruits périssables, il a su respecter l’imagination du créateur de ce scénario engagé. Prévert, un autre grand Jacques, su résumer ironiquement mais lucidement la réalité de l’alliance difficile du populaire et du poétique ; « Quand le vent souffle sur le café du commerce, il souffle aussi sur le café des arts. ». No comment ! Comprennent, ceux qui le veulent bien…

Et c’est bien un tableau populaire, « Pop », que nous a concocté le metteur en scène de Paris sous la lumière de la connaissance et de la reconnaissance. Cette composition n’avait rien du Caravage… Certains reconnurent Bacchus et ses bacchanales dans cette présentation de premier plan sur le pont soupirant. La fameuse « Cène », célèbre par son peintre (Raffaello Sanzio) tout autant que par la symbolique qu’elle porte (Le dernier repas du Christ), n’est qu’une adaptation artistique à un thème dont il faudrait peut-être reconnaître « le sens », avant de le renommer d’un égoïsme fascisant comme une mise en scène profanant la ou les religions… Le ou les extrémismes donnent toujours du « Là » où cela ne va pas pour eux… seuls au monde. Ceux-là, oublient peut-être et surement inconsciemment, que Judas venait de dénoncer le Sauveur aux romains avant la dernière cène.

Il faut rappeler, ce génial enchainement des douze stations ou douze tableaux qui composaient le spectacle électrique. Et justement, cette halte dansante sur la passerelle Debilly (Réalisée pour les visiteurs piétons de l’Exposition Universelle de 1900) est un hymne à « la festivité » ! Point barre.

Qu’y a-t-il de plus reliant et religieux qu’une fête ? Une réunion des corps et de l’esprit. Aujourd’hui, l’erreur vient souvent de l’image. Et si l’image est fausse, le raisonnement suivant n’en est pas moins inexact ! La fake news est le poison de nos âmes en sarcophages portables ; un fragment facile et immédiat d’une vérité et La Vérité est fragile tant elle est une difficile recherche !

Le Dieu ou la divinité évoqué par Thomas Jolly (né en 1982…) et son équipe créatrice est un philosophe : Dionysos.

Bacchus est le pendant orgiaque et romain de Dionysos, personnage grec.

La portée philosophique du message du second est empreinte d’individuation… la thiase Dionysiaque est une joyeuse sarabande de personnages plus différents les uns que les autres et la divinité ne s’exprime jamais seule mais entourée d’une cohorte vivante de différences, de difformités aussi qui font le grand tout fragmentaire de la vérité. Au-delà de cette apparence spectaculaire et festive, le dieu de la fête est porteur du sens de la vérité…

Toute vérité est bonne à dire et la D.J. à l’allure fellinienne qui diffuse la musique de cette scène colorée n’est autre que la métaphore du « dire-vrai » de Michel Foucault.

C’est ainsi que nous pouvons recevoir, retenir et « voir » cette dualité entre le premier plan de la chanson de Philippe Katerine et la sarabande de chanteurs, danseurs et « Artistes » du deuxième plan, qui n’oublient pas non plus que dans l’inclusion il faut intégrer les jeux olympiques de ces sportifs sublimes et exemplaires qui démontrent que le handicap n’est qu’une différence…de possibles pour le même courage. C’est ainsi qu’il nous faut percevoir et accepter la France d’aujourd’hui et au-delà de la fraternité nationale, les fraternités du monde entier. Le thème de la chanson de Katerine est la nudité et peut être aussi la crudité du réel qui cogne et qui souvent entraine à la réaction, la ségrégation et l’exclusion. « Quand on veut inclure tout le monde, il ne faut exclure personne. » précise Thomas Jolly.

Mais s’il est un papillon qui est apparu en délaissant sa nymphe chrysalide, c’est bien un Petit Prince du sport et de la natation en particulier. La candeur de Leon Marchand nous a séduit de toutes ses ailes, de toutes ses possibilités… d’esprit et de corps.

« L’homme est un esprit qui habite un corps. » * Deux bras et deux jambes, un torse à faire pâlir l’apnéiste du Grand bleu… Une tête bien faite, une chevelure galactique et ce regard bleu piscine qui semble nous dire ; « Dessine moi un dauphin… ». Le français exilé au états unis d’Amérique a su réunir sous sa bannière de nageur, non seulement un public national mais aussi un monde qui s’enflamme pour les grands événements et l’or des médailles. La reconnaissance est totale, déjà à l’heure de ces lignes mais nous ne sommes pas au bout de notre plaisir et des surprises encore possibles de la part de cet athlète angélique. Rien ne sied mieux au roi Léon que cet adjectif évoquant la légèreté et l’élégance. Il est partial de ma part, d’avouer ma préférence pour ce sport ou en tous les cas ce possible de déplacement et de déploiement de l’homme vivant. Les images sont belles et permettent de percevoir les qualités cachées de la fluidité du corps. Les silhouettes des nageuses et nageurs semblent préservées…et pour une rare fois, dénuées de disharmonie dans la structure musculaire de l’ensemble.

Léon Marchand

Ce papillon Marchand, déjà bien reconnu dans son milieu sportif et universitaire prouve que le sportif, travailleur de force, doit impérativement acquérir ou gagner aussi sur l’esprit des choses. Le « Papillon » est une des quatre nages, relativement la plus difficile, nous rappelant qu’un jour, peut-être, nous fûmes oiseau et poisson…

Cette spécialité remue dans ses vagues notre sensibilité et notre admiration. Cette cavalière flottante et galopant sur le cours de la Seine évoque plus que tout autre tableau, le murmure de « La Solidarité » à l’oreille de nos amis et compagnons du monde animal. Le cheval d’argent, si élégamment articulé restera une image forte et iconique de cette cérémonie d’ouverture ; Elle m’évoque le mythe polyphonique et Grecque de Pégase, cheval ailé rejoignant le mont Olympe pour délivrer sa poésie aux constellations de l’univers. La poésie s’envolant au pied de la tour Eiffel dans cette vasque suspendue à un astre, montgolfière éclairée qui pourrait être aussi bien la lune que le soleil…

La première motivation à la pratique sportive est le plaisir à son entrainement. Pour affiner son esprit à la gestion d’une compétition, Léon Marchand s’appuie sur les conseils et l’expérience d’un homme talentueux, un coach qui sourit et soutient sa motivation. Le sport de haut niveau est un travail d’équipe, d’intelligence et de sensibilité à l’écoute de l’athlète. Le sport n’est pas une solitude, sauf peut-être dans la défaite… C’est une attitude, un combat et un plaisir de vivre une vie compétitive mais surtout d’harmonie reliant le corps à l’esprit en toute chose.

La beauté des efforts que nous voyons rejoint le spectaculaire offert à nos yeux de rêveurs et de pratiquants d’une activité physique qui ne devrait être finalement que salutaire ou salutogène…

C’est le message substantiel et essentiel du spectacle des Jeux Olympiques.

Chaque victoire, chaque performance jamais réalisée est une fête et doit le rester.

Et si l’esprit, l’imaginaire rejoint de façon sensible et élégante le spectacle des corps :

La fête sera réussie !

« C’est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait que ta rose est si importante. »

Le Petit Prince – A. de Saint-Exupéry.

Jean-Jacques Campi. J.O. 2024.

* : Mario Beauregard (1962) ; Neuroscientifique Canadien – Chercheur en neurosciences.

Cet article comporte 1 commentaire

  1. …si j’ai le regret de ne pouvoir revivre les JO 2024…. , , cet article m’aidera certainement à le faire….

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