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Ghada Amer, Cactus painting, 1998-2022 Cactées et cadre en bois 4 x 4 mètres

« Les Fleurs du Mâle » d’Élodie

Johan Creten, Odore di Femmina, 2006-2019, biscuit de porcelaine, 90 x 50 x 50 cm, courtesy Galerie Emmanuel Perrotin.

« Un coup de dés jamais n’abolira le hasard » a écrit Mallarmé…

Pourrait-on donner à l’accent circonflexe le pouvoir de changer le cours des choses ou est-ce seulement un jeu typographique sur un des plus beaux poèmes de Charles Baudelaire?

La réponse est, vous le verrez, dans l’exposition…

« Les Fleurs du Mâle» dont Élodie Antoine a été commissaire pour musée International d’Art Naïf Anatole Jakovsky, fait partie de la Biennale de Nice 2022, voulue par Jean-Jacques Aillagon sur le thème générique des fleurs.

Jennifer Douzenel, Pétales, 2021, vidéo en boucle, courtesy Galerie Catherine Issert

Elle est excellente et réunit une cinquantaine d’artistes dans un dialogue entre la collection du musée et un choix d’œuvres d’artistes contemporains : Marc Alberghina, Ghada Amer, Araki, Genesis Belanger, Simon Bérard, Johan Creten, Josef Joseph Dadoune, Noël Dolla, Jennifer Douzenel, Lionel Estève, Jean-Baptiste Ganne, Karim Ghelloussi, Djamel Kokene-Dorléans, Thierry Lagalla, Sandra Lecoq, John McAllister, Sophie Ristelhueber, Jean-Simon Raclot, Paolo Topy.

Il s’agit pour la commissaire, m’a-t-il semblé, de traiter de l’ambivalence des fleurs dans tous les domaines ;  le féminin et le masculin, le sauvage et le décoratif et par ailleurs de souligner les correspondances entre le propos d’Anatole Jakovsky, collectionneur et créateur du musée d’Art Naïf ,et celui d’artistes d’aujourd’hui qui, l’un comme les autres, ont voulu arracher la fleur de sa mièvrerie traditionnelle pour en extraire l’incroyable essence, capiteuse et  complexe afin qu’elle exhale un tout autre parfum.

Simon Bérard, Fleur, 2021-2022, tableautins, dimensions variables, courtesy de l’artiste

Imaginez les couronnes qu’on tresse sur le front de la jeunesse, devenir ces gerbes qui  reposent sur les cercueils ou garnissent les tombes des cimetières ; observez ces fleurs de champs libres et exubérantes se ficher sur les rebords de cheminées ; respirez le parfum léger des bourgeons pour fuir par la suite l’odeur dérangeante de leur décomposition … Que de desseins contrastés vivent  les fleurs immortalisés sur nos papiers peints !

Mais ne faudrait-il pas, enfin,  épiloguer sur ce mal devenu mâle et rejoindre  ainsi cette lutte des sexes devenue si contemporaine. Pour ce faire, penchons-nous sur l’anatomie de notre fleur plus hermaphrodite que masculine ou féminine, pour  l’humble observatrice néophyte que je suis. Elle est iel* dirait-on aujourd’hui et ne me demandez pas de détailler ce qui penche plus qu’un côté que de l’autre.

 Pour revenir à l’exposition, elle est conçue comme une proposition globale comprenant la totalité des espaces du musée liant intérieur et extérieur, réalité et virtuel, art Naïf, brut et singulier et art contemporain, autour d’œuvres de la collection permanente et de prêts extérieurs.

Genesis Belanger In god taste, 2021, métal enduit de poudre…, courtesy Perrotin

Le rez-de-chaussée est dédié à la présentation des collections permanentes, un accent particulier étant mis sur les œuvres de la collection liées à la thématique des fleurs.  À l’étage, en extérieur/intérieur, on découvre la spectaculaire installation de Ghada Amer, un tapis persan de mini-cactus ; une tendre composition murale de Simon Bérard ; le saisissant vase de tiges de Thierry Lagalla ; la troublante sculpture « in God taste » de Genesis Belanger ; le magnifique buste Johan Creten et des d’autres propositions d’artistes contemporains tout aussi captivantes.

Ce dialogue permet au visiteur en multipliant les expériences proposées par les artistes d’aller au-delà de la représentation formelle de la fleur pour aborder des problématiques liées à notre rapport au monde.

*Iel : Pronom personnel : il sert notamment à désigner une personne ne s’inscrivant pas dans la binarité de genre masculin/féminin, ou dont le genre n’est pas connu.

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