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Emmanuelle Béart Les passagers de la nuit

« Les passagers de la nuit » de Mikhaël Hers

Avec : Charlotte Gainsbourg, Quito Rayon-Richter, Noée Abita, Emmanuelle Béart, Didier Sandre…

Sortie le 4 mai 2022

1h51

Synopsis

Paris, années 80. Élisabeth vient d’être quittée par son mari et doit assurer le quotidien de ses deux adolescents, Matthias et Judith. Elle trouve un emploi dans une émission de radio de nuit, où elle fait la connaissance de Talulah, jeune fille désœuvrée qu’elle prend sous son aile. Talulah découvre la chaleur d’un foyer et Matthias la possibilité d’un premier amour, tandis qu’Élisabeth invente son chemin, pour la première fois.

« les passagers de la nuit »

Le réalisateur Mikhaël Hers avait marqué les esprits avec son précédent film “Amanda”, d’une tendresse infinie malgré le sujet, autour du deuil et des attentats et offert son meilleur rôle à Vincent Lacoste.

Pour son quatrième long métrage, Mikhaël Hers puise, on l’imagine, dans sa propre jeunesse pour nous proposer à nouveau son approche tout en délicatesse. “Les passagers de la nuit” nous plonge dans le tourbillon des années 80, images d’archives à l’appui (élections présidentielles, vues de Paris avec le métro de l’époque) tutoyant les scènes filmées de reconstitution avec un grain d’images vintage, ancrant définitivement le propos dans cette époque folle de bouleversements politiques, avant l’avènement d’internet, des réseaux sociaux et du téléphone portable. On sourit de l’utilisation de cette chambre de bonne qui servira de refuge à une jeune fille en détresse, bien avant l’inflation immobilière.

Si vous êtes sensible aux films d’action, à grand renfort d’effets spéciaux, passez votre chemin. Au contraire, il diffuse cette ambiance des années 80, soignant particulièrement les décors, les costumes ou l’ambiance sonore (signée Anton Sanko avec qui il avait collaboré sur « Amanda », film pour lequel le musicien avait été nommé aux César en 2019). Il contourne les obstacles en cadrant ses personnages avec un arrière-plan flouté pour éviter tout anachronisme.

Alors, enfilons notre jean 501, grillons une cigarette avant de monter sur une mobylette sans casque, écoutons la radio la nuit, laissons nous porter par cette douce voix suave qui nous prend délicatement la main pour ce retour en arrière qui fleure bon la nostalgie. Telle une main tendue, ce feel good movie met en avant la renaissance d’Élisabeth, cette femme perdue qu’interprète Charlotte Gainsbourg, va rebondir dans une société en mutation, tout en développant son sens de l’écoute.

Charlotte Gainsbourg

Pour ce projet, Mikhaël Hers s’est entouré de Charlotte Gainsbourg, emblématique de cette époque On pense à ses parents bien sûr mais c’est aussi l’époque de son premier rôle, dans « L’effrontée » de Claude Miller. La force de son personnage tient dans son émouvante interprétation qu’elle puise dans son propre vécu plus que dans un jeu de composition. Cette mère de famille abandonnée par son mari va devoir se débattre et faire vivre ses deux enfants. Après le drame de l’abandon, cette famille va se reconstruire, et donner un sens au rapport filial réparer ses blessures en faisant du bien et resserrer les liens filiaux. Le propos est tendre sans jamais être mièvre donnant envie de s’abandonner à cette mélodie du bonheur, laissant dehors le tumulte, l’agressivité et la violence.

Dans un rôle secondaire mais qui symbolise cette première main tendue, on retrouve Emmanuelle Béart, autre figure des années 80, qui prête sa voix suave à cette Vanda, animatrice de radio, dans une émission nocturne donnant la parole aux anonymes. Car il fut un temps où les chaînes de télé ne diffusaient pas leurs programmes en continu 24h/24 et pour les insomniaques dont fait partie Élisabeth, la voix de la radio va lui offrir une porte de sortie vers sa renaissance.

Matthias, son fils adolescent, interprété très justement par Quito Rayon-Richter, nous offre sa vision tant attendrie qu’admirative de sa mère mais aussi ses peines et ses joies du début de sa vie d’adulte et d’homme amoureux, le tout au son d’une ballade de Joe Dassin.

Ce bonheur filial va être le refuge de Talulah (Noée Abita), une jeune paumée que le réalisateur identifie à Pascale Augier, jeune comédienne disparue à 25 ans et égérie de Rohmer qu’on aperçoit à plusieurs reprises dans «La nuit de la pleine lune».

Le film se laisse regarder comme une chronique familiale douce-amère, tout en rendant un vibrant hommage au cinéma. Mikhaël Hers nous fait partager ses souvenirs des années 80 à travers ces héros du quotidien, pétris de délicatesse, déambulant dans une ville teintée de nostalgie distillant de petites scènes de vies enrobées par une bande son légèrement mélancolique de Anton Sanko au ton synthétique de l’époque.

Isabelle Véret

 

 

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