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© Gilles Nesa Indicible 2024 / photographie Vincent Chereul

MAMAC, un bel endormi

« Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé. » écrivait Lamartine. J’en dirais autant pour le Musée d’Art Moderne et d’Art Contemporain, sa lourde silhouette perdue au milieu d’une chaussée éventrée devra attendre quatre années pour qu’une princesse ou qu’un prince vienne le réveiller. C’est long quatre ans et cette esplanade privée de son théâtre, plus loin, de son Palais des Congrès a bien triste figure aujourd’hui.

Le MAMAC

Comme dans bien des contes, l’art sommeille à Nice, malgré la proximité de la magnifique place Garibaldi, temporairement enlaidie par un Lion de pacotille.  Mais comme la nature a horreur du vide, dit-on, la rue Ségurane, à proximité, voit fleurir quelques intéressantes galeries du second marché alors qu’en face, c’est à dire rue Defly et Delille, deux amoureux de l’architecture ou architectes eux-mêmes, conjuguent dans leur lieu de travail ou d’exposition, art et architecture.

Sami-Georges Ben Haim dans son bureau SBG avec pignon sur la rue Defly, a déjà exposé, en vitrine et dans son local de travail, plusieurs artistes vivants et travaillant à Nice, dont il est bon de rappeler la qualité : Marcel Bataillard, Kristof Everard, Benoît Grimalt et dernièrement, Maxime Pugliesi, avec un nouveau travail, dont de surprenants carreaux de mosaïque, mini paysages d’une séduisante fragilité.

En parallèle, au 10 de la rue Delille, La galerie Joha nous a fait découvrir « Indicible » la première et brève exposition personnelle de l’architecte Gilles Nesa, qui nous transporte vers un monde codé.  L’artiste nous dit avoir toujours été attiré, parfois fasciné par les codes et les écritures anciennes. Tout ce qui doit se déchiffrer et se répéter avec un sens caché à première vue, l’obsède. Les détails, la précision, l’organisation : frôler une forme de perfection dans la création lui est vital. je le cite : « Les artistes qui sont dans une économie de moyens me touchent particulièrement. Le mono matériau, la grande dimension, les œuvres monochromes me créent une émotion ». L’univers culturel de Nesa s’est construit autour de Soulages, Miró, Rothko, Klein, James Turrell, Donald Judd, Louis.I Khan, Mies van der Rohe, Vacchini, Satie, Gainsbourg, Chris Marker, Peter Greenaway, ainsi que les maîtres du Land Art et les nouveaux réalistes de l’École de Nice.

Diplômé de l’école d’architecture de ParisTolbiac et de l’école Boulle, Gilles Nesa a toujours œuvré en tant qu’architecte et enseignant à Paris et dans le sud de la France, avant de prendre la direction de l’école de Condé Nice au moment de son ouverture. En parallèle et ce, depuis son enfance, ce plasticien a toujours créé une foisonnante production artistique personnelle. Elle se compose de dizaines d’œuvres articulées autour de textes en braille : des citations d’Emil Cioran, philosophe et écrivain roumain (1911 – 1995). « J’ai rencontré les textes de Cioran un peu avant mes 20 ans, ils m’ont tout de suite parlé, et depuis ils ne me quittent pas. Précis de décomposition demeure mon livre de prédilection (…). »

 

Cet article comporte 1 commentaire

  1. Très bel et intéressant article chère Hélène !
    Il y a 40 ans la belle endormie Villa Arson se réveillait grâce à l’action de Max Gallo, Jack Lang, Butor, Maccheroni… et Gilbert Baud.
    Aujourd’hui le Mamac s’endort. Le beau et la belle ne s’accorderont donc jamais ?
    bises
    gilbert Baud

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