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Marcel Alocco, La Peinture déborde "A", 1974 Collection Enseigne des Oudin, photo Gregory Copinet

Marcel Alocco, « La Peinture en Fragments »

Marcel Alocco, « La Peinture en Patchwork »,1975, fragment n°26

Je crois avoir souligné dans mon édito de janvier l’actuelle  mode qui consiste à remettre en avant les artistes et mouvements qu’on a hélas un peu oubliés… C’est le cas, dans mon blog,  d’un texte sur le grand artiste que fut Nicolas de Staël, et à Nice au MAMAC,  de ce bel accrochage d’œuvres de Marcel Alocco, alors que la galerie Eva Vautier rafraîchit le mouvement Fluxus, déjà largement représenté, notamment par Ben qui en a fait son cheval de bataille en tant qu’artiste créateur d’abord, avec beaucoup de ses amis, mais aussi comme historien du Mouvement qu’il connait mieux que quiconque. Vous en dire plus serait difficile car je n’ai pas vu l’exposition…

En revanche, j’ai visité, avec attachement, l’exposition de Marcel Alocco, titrée « La peinture en fragments », au 4eme étage du MAMAC (un renseignement utile car les autres salles sont fermées). Pourquoi avec attachement ? Pour la qualité des œuvres d’abord, qui aujourd’hui encore font d’Alocco un précurseur au même titre que ses amis de Support/Surfaces (groupe français  engagé dans une déconstruction des composantes de la peinture), mais aussi parce qu’avec Ben, tous deux en bons historiens, ils furent, bien différemment, des parrains pour me faire découvrir, dans les années 60/70, ce qu’était cet art contemporain à la fois si décrié et si encensé à Nice, et pour m’apprendre à le regarder et à le comprendre.  C’est grâce à eux que j’ai commencé à collectionner, mais surtout à défendre la création en ouvrant ma galerie au début des années 80.

Mis à l’honneur au MAMAC dès février le travail de Marcel Alocco donne lieu à un accrochage conçu en collaboration avec l’artiste et l’Enseigne des Oudin. A cette occasion, l’artiste et le Fonds de dotation prêtent des œuvres majeures qui sont associées à celles présentes dans la collection du MAMAC. « La Peinture en Fragments » propose un cheminement sur les limites de la peinture et du signe de ce plasticien-écrivain.

Petit bémol,  la mise en espace  des œuvres s’est avérée difficile, sans doute à cause des futurs travaux qui impactent déjà le musée. Cette grande salle du 4eme étage aurait mérité quelques cloisonnements permettant un cheminement plus didactique d’une œuvre qui aurait bénéficié de plus d’explications, textes inscrits sur les murs – n’oublions pas qu’Alocco a beaucoup écrit – ou je ne sais quoi encore…

Marcel Alocco
« chassis-chaise »
F.640,1993

Marcel Alocco est né en 1937 à Nice où il vit et travaille. Ce plasticien, écrivain, poète, éditeur de revues, est marqué par les développements de la sémiologie dans les années 1960. Après des études de Lettres Modernes, il rencontre Ben, Arman et George Brecht, participe aux actions Fluxus, mouvement international et informel visant à rapprocher l’art et la vie.

Proche des artistes qui formeront Supports/Surfaces, il cherche, dès 1965, une manière de peindre autrement, utilise des objets, des draps de lit puis des tissus ordinaires non tendus sur châssis, laisse deviner l’implication du corps, le travail de la main.

À partir de 1973, Marcel Alocco élabore les « Fragments de La Peinture en Patchwork ». Le tissu est d’abord estampillé de motifs iconiques (artistiques ou populaires) avant d’être déchiré en morceaux et recomposé au hasard par un travail de couture. L’artiste fait appel à la mémoire commune, teste la prégnance visuelle des représentations. « Le châssis comme image » et les « Dé-tissages » prolongent notamment ses recherches. À quelles limites la tache peut-elle faire ou perdre sens, devenir une image ou l’effacer ? Quelles sont les limites aux débordements de la peinture ? Autant de questions que l’artiste a explorées au fil des années.

« Héritage obligé…  Marcel Alocco, Les cahiers Enseigne des Oudin, écrits (2023) Je suis – comme le furent Homère, Turoldus, ou comme est l’universitaire historien du contemporain – le scribe qui tente de trier dans ses souvenirs pour exposer les réalités mêlées quelquefois peut-être à de modestes mais souvent tout aussi significatives confidences légendaires murmurées : « Héritage obligé… ».(…)

Vernissage, photo Jean-Pierre Fouchy

A l’occasion de cette exposition, le film « Marcel Alocco : la Manu-facture du sens » de Alain Amiel sera projeté à l’auditorium dans le cadre de la Nuit des Musées samedi 13 mai 2023 à 18h. Depuis 1958, Marcel Alocco accompagne l’histoire de la culture à Nice. Le film d’Alain Amiel retrace la logique d’une œuvre qui depuis plus de soixante ans tente de redéfinir le statut de la peinture, de ses outils et de ses constituants.

MAMAC

Accrochage présenté jusqu’au 3 septembre 2023

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