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Voyage incognito (Odyssée, chant IX) Scholie 0571

Marcel Bataillard, quelques jeux avec les images et les mots

« Sorry, we are c̶l̶o̶s̶e̶d̶ open » – SGB architecture

On est tout d’abord capté par les images, non pas qu’elles soient flamboyantes ou que leur technicité nous impressionne car elles sont souvent prises, comme tout un chacun, avec un téléphone, mais par leur anodine étrangeté. Marcel Bataillard plisse l’œil sur son objectif comme quelqu’un qui aime sourire et qui trouve dans l’image la plus banale, un angle qui la rend inimitable. Cependant, le jeu n’est pas que visuel, il est mental aussi, et cet ensemble image/texte donne à l’œuvre une résonance ironique toute particulière. À la beauté de chacun des titres des photos, s’ajoute la mention humoristiquement prétentieuse de scholie*, laissant entendre au visiteur  qu’il y a une historicité de l’image.

« Tombeau de Narcisse », 2010
Scholie 6310

Le titre de l’exposition : « Sorry, we are c̶l̶o̶s̶e̶d̶ open » dans l’agence d’architecte SGB annonce la couleur en présentant, outre d’autres thématiques tout aussi surprenantes, une sélection de la série photo Je suis une Légende, qui revêt aujourd’hui un à-propos tout particulier. Je suis une légende est un roman apocalyptique culte de Richard Matheson où le héros est le seul survivant d’une pandémie, immunisé à la faveur d’une morsure de chauve-souris. Clin d’œil, certes, à la situation dont nous semblons sortir, mais cette coïncidence n’est qu’une des facettes de l’art qu’a Bataillard de jouer avec les mots, donnant à l’œuvre d’art ce supplément d’âme qui bien souvent lui manque de nos jours. Marcel Bataillard est-il plus poète que photographe ? Il y a du Duchamp, du Dada et même du Charles Dreyfus dans tout ça… Mais pourquoi trancher après tout ? Vous avez toute liberté de simplement sourire ou bien d’être touché, profondément. Accrochée chez un architecte, l’exposition questionne notre rapport à la ville, à l’espace. Elle donne à voir le merveilleux et la fantaisie de nos déambulations  quotidiennes dans des villes nouvelles et des zones délaissées et souligne nos façons d’occuper l’espace intime ou public, avec humour et poésie.

Luke Howard, « Sur la modification des nuages », 1803 scholie 12

L’exposition, signalée par une affluence des visiteurs démasqués, campant, un verre à la main, sur le trottoir de la rue Defly, renoue avec les expositions du passé et avec l’ambiance chaleureuse des vernissages d’été.

Chez SGB Architecture, nous croyons à la transversalité des disciplines et des savoir-faire, l’inspiration naissant des rencontres. Nous croyons aussi que l’architecture est un objet du quotidien : elle est vivante, elle est palpitante, elle communique. C’est dans cette démarche que nous ouvrons régulièrement notre agence et notre vitrine aux créateurs et artistes.

Après un premier pop-up store de Noël et les bijoux de Luna Magda, SGB architecture accueille Marcel Bataillard.

*Une scholie ou scolie (du grec ancien σχόλιον / skhólion, « commentaire, scholie », lui-même dérivé de σχολή / skholế, « occupation studieuse, étude ») est un commentaire, une note philologique figurant sur un manuscrit et servant à expliquer un texte. « C’est une courte note, marginale ou interlinéaire notamment, sur un passage précis et difficile du texte (une remarque philologique ou historique, une fiche de travail, un fragment, une glose pour soi) ; c’est la forme élémentaire de l’exégèse ou de la lectio divina [lecture divine, c’est-à-dire de la Bible] 

Sur rendez-vous du 2 juillet au 25 septembre 2021
SGB architecture – 12, rue Defly, Nice.

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