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Michèle Pedinielli, photo Mouloud Zoughebi

Michèle Pedinielli*, l’Agatha Christie du Sud * !

Photo Mouloud Zoughebi

Par son troisième roman, La patience de l’immortelle, Michèle Pedinielli attaque un match à long terme avec Agatha Christie, la célèbre auteure britannique de romans policiers. S’il ne lui reste qu’une soixantaine d’aventures à nous conter, Michèle Pedinielli a déjà fait de Diou, sa détective privée, un personnage récurrent dont les Doc Martin n’ont rien à envier à la bedaine d’Hercule Poirot, silhouette rondouillarde incarnée à jamais par Peter Ustinov dans mon imaginaire.

Elle nous est devenue familière cette Ghjulia Boccanera, sortie du roman éponyme de Michelle Pedinielli. Intrépide et atypique, elle tente de résoudre, dans les deux premiers bouquins, les mystères du Vieux Nice et de ses habitants, comme ceux des lieux interlopes de la nuit dans le quartier du Port sur fond de magouilles immobilières et de crimes de migrants, au Mont Boron. Comme on dit dans notre jargon niçois, on se régale ! Les personnages sont truculents, la vie du Vieux Nice, du Vieux comme disent les jeunes aujourd’hui, est d’une délicieuse réalité, il ne manque rien au tableau, pas même l’accent ! Diou, c’est devenu un copine, c’est comme Jo, le commissaire Joseph Santucci, qu’elle seconde quand il fait appel à elle, on s’attache à lui dès le premier livre, d’autant plus que Ghjulia,  n’a pas oublié le temps où ils s’aimaient…

Alors, qu’on soit Niçois ou pas, on est tenu en haleine par Michèle Pedinielli qui Après les chiens nous livre un vrai bijou : La patience de l’immortelle. On ne raconte pas un polar et encore moins un polar corse, car c’est sur cette île que les choses adviennent. L’action commence la nuit et qui n’a pas goûté au noir corse ne sait pas ce que signifie le noir !’A la demande du commissaire Santucci, Dhjulia Boccanera vient enquêter sur la mort de Letizia, la nièce de Jo, et donc sa nièce par alliance.

La personnalité des protagonistes, les imbrications familiales, la beauté rude des sites, tissent une intrigue criminelle sur fond de rivalités et non-dits paysans, le tout corsé (pardon, il me fallait le faire) de magouilles insulaires aux subventions européennes. C’est palpitant, cruel, tendre et superbement écrit.

Avec ce troisième roman, Michèle Pedinielli maîtrise le genre policier, mais par la qualité de l’écriture, elle dépasse les limites du genre.

 * Autres temps, autres mœurs, si j’ai appelé Michèle Pedinielli notre Agatha Christie du Sud, c’est essentiellement parce qu’elle est femme et qu’ayant commencé à publier depuis peu, elle en est déjà à son troisième roman. On peut dire aussi que Agatha et Michèle ont toutes deux le goût des voyages, l’Égypte de l’une devient la Corse de l’autre.  Elles ont enfin en commun d’être les mères d’un personnage incontournable, le détective privé. Hercule Poirot, le Belge d’Agatha  Christie et Diou, la Niçoise de Michèle Pedinielli ont peu de points communs, si ce n’est leur flair infaillible. Enfin les mondes que les deux auteures explorent sont bien éloignés : luxueux et oisif  chez la Britannique, populaire et besogneux chez la Niçoise, chacun génère pourtant d’odieux crimes. Comme quoi le mal est une des choses la mieux partagée de par le monde.

* Michèle Pedinielli, née à Nice d’un mélange corse et italien, se consacre aujourd’hui à l’écriture. Elle a déjà publié, chez le même éditeur, Boccanera et Après les chiens.

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