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Musée national Marc Chagal , conférences

Mardi 28 février 2023, à 19hPhilippe Descola :

Les Formes du visible

en partenariat avec la Villa Arson 

Les images servent, entre autres choses, à stimuler et organiser la mémoire, à transmettre des informations et à exprimer des émotions. Au-delà de ces fonctions universelles, elles ont aussi le pouvoir de rendre présentes ce que l’on peut appeler des ontologies, c’est-à-dire des ensembles de qualités décelées dans les êtres et les choses. Les quatre principales jouent sur les contrastes entre le corps et les états de conscience : le totémisme (en Australie, par exemple), qui souligne la continuité matérielle et morale entre des humains et des non-humains ; l’analogisme (en Chine, dans le Mexique ancien ou à la Renaissance), qui postule entre les éléments du monde un réseau de discontinuités essentielles à structurer par des relations de correspondance ; l’animisme (en Amazonie ou en Sibérie), qui assimile les nonhumains aux humains par leur intentionnalité et les en différencie par leur corps ; le naturalisme (en Europe à partir du XVIIème siècle), qui nous rattache aux non-humains par les continuités matérielles et nous en distingue par l’aptitude culturelle. Ces ontologies s’expriment dans des images de natures très diverses provenant des cinq continents dont on proposera une interprétation anthropologique.

Après des contributions à l’ethnologie de l’Amazonie, fondées notamment sur des enquêtes parmi le peuple des Achuar, Philippe Descola se consacre depuis plusieurs années à l’anthropologie comparative des rapports entre humains et non-humains et, plus récemment, à l’anthropologie des images. Professeur émérite au Collège de France et directeur d’études à l’EHESS, il est notamment l’auteur de La Nature domestique (2019 [1986]), Les Lances du crépuscule (1993), Par-delà nature et culture (2005), Diversité des natures, diversité des cultures (2010), L’Ecologie des autres (2011), La Composition des mondes (2014), Une Écologie des relations (2019), Les Formes du visible (2021), Ethnographies des mondes à venir (avec Sandro Pignocchi, 2022).
Médaille d’or du CNRS en 2012, Philippe Descola est membre de la British Academy et de l’American Academy of Arts and Sciences.

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Mardi 28 mars 2023, à 19h

Jan Blanc :
Rembrandt et la question animal

Peintre d’histoire et portraitiste, Rembrandt van Rijn, on l’oublie souvent, s’est aussi intéressé, durant toute sa carrière, aux animaux. Ses compositions bibliques et mythologiques regorgent de bêtes domestiques (chiens, chats, chevaux, ânes, vaches, chèvres) ou d’animaux plus rares (paons, aigles, faucons). Il a aussi réalisé des études sur le vif d’animaux extra européens, comme des lions, chameaux ou éléphants, qu’il a fréquemment introduits dans ses tableaux. Ces représentations, toutefois, ne sont pas purement anecdotiques. Comme le montrent sa Fillette aux deux paons (v. 1639, Amsterdam, Rijksmuseum) ou son Bœuf écorché (1655, Paris, Louvre), Rembrandt a interrogé de façon critique les rapports que les animaux non humains entretiennent avec les animaux humains, et avec lui-même. Dans le sillage de ces constats, et dans le cadre d’une réflexion plus large sur la place de l’animal dans la culture néerlandaise du XVIIe siècle, cette conférence propose de jeter une lumière nouvelle sur l’œuvre de Rembrandt, en tentant de comprendre le regard que le peintre hollandais a jeté sur des êtres auxquels il accordait une importance cruciale.

Jan Blanc (né en 1975) est professeur d’histoire de l’art des temps modernes à l’Université de Genève. Spécialiste de l’art du nord de l’Europe (Pays-Bas, France et Angleterre), au XVIIe et au XVIIIe siècle, mais aussi des rapports entre théories et pratiques artistiques dans l’Europe de la période moderne, il a consacré plusieurs monographies à d’importants maîtres anciens (Léonard de Vinci, Raphaël, Johannes Vermeer, Rembrandt) mais aussi modernes (Vincent van Gogh). Il a traduit les écrits artistiques d’un élève de Rembrandt, Samuel van Hoogstraten, et de sir Joshua Reynolds. Plus récemment, il a publié une étude sur le genre de la « nature morte » hollandaise du XVIIe siècle, et prépare une nouvelle monographie sur Rembrandt, articulée autour des rapports entre art et originalité au XVIIe siècle.
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Ce cycle de conférences est une coproduction d’UCArts – Direction de la Culture d’Université Côte d’Azur et des musées nationaux du XXe siècle des Alpes-Maritimes. Les six conférences sont organisées en partenariat avec l’Association des Amis du musée national Marc Chagall.
Le programme est élaboré par le musée en collaboration avec Josiane Rieu, professeur de Littérature française du XVIe siècle au sein de l’Université Côte d’Azur et membre du CTEL, Centre Transdisciplinaires d’Epistémologie de la Littérature et des Arts Vivants.

MUSÉE NATIONAL MARC CHAGALL
Avenue Dr Ménard _ 06000 Nice (France)
www.musee-chagall.fr

 

 

 

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