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Nice Jazz Festival. Vive les petites formations !

Christian Sands, photo Ville de Nice

« Sous le signe de la diversité, de la mixité et du métissage, le Nice Jazz Festival, fédérateur de toutes les cultures, a accueilli une fréquentation record de 42.700 personnes. Cette édition a été la plus belle en termes de fréquentation avec deux soirs complets dès la veille ou l’après-midi du show ! Une première sur une seule édition et la meilleure fréquentation sur 5 jours depuis 2011. »

A part quelques points d’interrogations, je retranscris et valide le bilan communiqué par la Ville de Nice, sauf la fréquentation que je ne peux comptabiliser exactement, si ce n’est par cette appréciation personnelle : c’était plein comme un œuf ! Ce constat concernait aussi bien la scène Masséna que le Théâtre de Verdure que j’ai le plus assidument fréquenté et dans lequel ou plutôt sur lequel je n’ai jamais pu m’assoir… C’est en ce lieu béni des dieux, excepté la dureté de ses marches, que j’ai entendu et vu de très attachantes formations.

Le 16 juillet 2019, La première performance ouvrant le Festival mettait en scène – le mot a son plein sens – Nubya Garcia et son saxophone. En effet cette jolie jeune femme semblait harponnée par son instrument – on est encore peu habitué à voir une femme, exception faite peut-être de Sophie Alour, aux prises avec une telle machine –, mais très vite la clarté de ses notes, la puissance de son souffle, la virtuosité de ses solos ont enthousiasmé un public qui s’étoffait, de minute en minute, comblant le Théâtre. En première ligne d’un renouveau de la scène jazz londonienne, Nubya Garcia est marquée par une influence caribéenne. Superbe !

Le 17 juillet, j’ai été littéralement  charmée par l’élégance du Christian Sands Trio ; Sands au piano, Yasushi Nakamura à la contrebasse, Clarence Penn à la  batterie.  Un trio détonnant, exigeant, qui renouvelle le genre piano jazz avec des notes délicates, dixit la plaquette, et je suis entièrement d’accord.

Fred Nardin, photo Ville de Nice

J’ouvre ici une parenthèse sur l’élégance qui caractérise les petites formations que j’ai voulu saluer par le titre de mon article. Trois d’entre elles, Christian Stands Trio, Fred Nardin Trio et Adrien Brandies Quintet, ont pour leader un pianiste et chacune dans son style, matérialise cette classe, propre aux grands jazzmen du passé. Ils sont jeunes, simples dans leur tenue comme dans leurs paroles, ils se présentent, remercient chaleureusement l’assistance… il y a dans tout cela, une aristocratie du jazz retrouvé. Je repense alors à ces quelques pages que Philippe Lançon consacre au jazz, dans son livre Le Lambeau, qui mériteraient d’être entièrement citées, mais je ne garderai que quelques mots de Lançon, retrouvant son livre de photos en noir et blanc, faites dans les années cinquante et soixante par Francis Wolff, l’un des deux fondateurs du célèbre label new-yorkais Blue Note, maculé de sang après l’attentat de Charlie : «(…).  Sur les photos tous les musiciens sont beaux, tous ont une classe et un chic absolus. Presque tous sont noirs. Que donnent à voir les images de Francis Wolff ? Un monde où de grands artistes, issus d’une minorité opprimée, travaillant et vivants la nuit, traversant souvent des tunnels de drogue et d’alcool, créent une musique aristocratique. Ce sont les formes sensibles de la distinction et de la dignité. (…). »

J’ai perçu cette grâce chez Fred Nardin Trio, Fred Nardin, Piano ; Or Bareket, Contrebasse ; Leon Parker, Batterie. Des mélodies exigeantes, de splendides arrangements, un nom qui brillera dans le futur…

Adrien Brandeis Quintet, photo Ville de Nice

L’Adrien Brandies Quintet, Adrien Brandies, Pianao ; Joachim Poutaroud, Saxophone ; Philippe Ciminato, Percussions ; Felix Joveniaux , Batterie ; Romann Dauneau, Contrebasse, a comblé mon appétit de jazz, le dernier soir. Il y avait du Chick Corea là-dedans, c’était enlevé, latin jazz… Le bonheur absolu pour qui aime…

Une dernière remarque sur ces formations  citées, elle sont pleine de jeunesse et il y a chez ces musiciens et une joie évidente à faire de faire de la musique ensemble. Les bassistes ne jouant plus les parents pauvres, nous ont donné des moments exceptionnels de créativité. Surtout qu’ils persistent !

Pour clore la programmation du Théâtre de Verdure,  Omara Portuondo, avec Roberto Fonseca, Piano ; Yandy Martinez, Contrebasse ; Ruly Herrera, Batterie & Coayo percussions, tenta de restituer les instants mythiques de Buena Vista Social Club mais sans Compay Segundo et tous ses potes, la magie n’était plus vraiment là. Omara  a tenu son public cependant avec quelques chansons culte, puis elle repartie comme elle était venue, au bras de son musicien qui ressemble à Eric, de Eric et Ramzy. Une évocation cubaine touchante et un peu triste…

Ibrahim Maalouf

Je ne vous ai pas parlé de la Scène Masséna où pourtant il se passait, parait-il, de belles choses, mais qui, la plupart du temps, m’intéressaient moins ; question âge et question jazz, sans doute… J’ai zappé la jeune belge Angèle, car pour la chanson j’ai mes préférences et j’ai étouffé sous la pression de la foule pour d’Ibrahim Maalouf  invitant Haïdouti Orkestar et leurs douze ou treize cuivres – je les ai compté ! C’était puissant, spectaculaire et très tzigane, façon Emir Kusturica, mais musicalement un peu bastringue,  encore une fois, une question de goût !

Cet article comporte 1 commentaire

  1. Una Liutkus

    Merci Hélène de ton compte rendu ! J’ai raté le Festival étant au loin, mais grâce à toi, j’ai pu avoir même affadis via You Tube, écouter quelques minutes d’excellent jazz que j’ignorais !

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