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"Sin tiempo" Giovanni Ozzola

OVNi, everywhere

Pour ne pas être à la traîne de la mode artistique actuelle, j’ai donné un titre anglo-saxon à ce parcellaire compte-rendu d’OVNi *, (Objet Vidéo nice), un événement qui a fédéré la Ville durant une semaine, à la fin du mois de novembre 2019.

Pour sa cinquième année d’existence OVNi, Objet Vidéo nice, a labellisé son titre définitif en couvrant un cortège de manifestations satellites dans les musées et galeries, comme dans les hôtels du centre niçois, mais dont épicentre demeure, ne l’oublions pas, l’Hôtel Windsor, lieu mythique de naissance de ce festival créé par Odile Redolfi et endroit depuis longtemps dévolu à l’art, grâce à ses célèbres chambres d’artistes..

Ces précisions m’ont semblé nécessaires tant la multiplication des chapeaux : OVNi en Ville (22 novembre/1er décembre), OVNi à l’Hôtel (29 novembre/1er décembre), OVNi Galeries – Camera Camera– (29 novembre/ 1er décembre) rendent  un peu difficile la compréhension globale d’une manifestation qui acquiert cependant chaque année, une qualité et une renommée indiscutables.

OVNi Windsor, Specials projects

Une fois débroussaillé cet excès de titres, de dates et de lieux que le catalogue est loin d’éclairer, disons que c’est un salon d’art contemporain où des galeries présentent dans chacun des lieux qu’elles ont investis – les chambres, le lobby, le jardin de l’hôtel Windsor – des créations majoritairement vidéos, mais aussi abordant d’autres pratiques artistiques, dans une présentation originale, propre à chaque participant. Ce salon qui porte le joli nom de Camera Camera est, indiscutablement pour moi, la véritable colonne vertébrale de l’événement OVNi !

Tout ce qui se passe autour, expositions muséales ou privées, présentations de vidéos dans les hôtels etc., participe certes à enrichir l’événement, mais ne devrait pas pour autant, le détourner de sa vocation initiale, la mise en commun, en un même lieu, de galeries professionnelles de qualité, françaises et étrangères, venues présenter et vendre les artistes qu’elles défendent.

La manifestation

Le climat particulièrement peu clément en cette fin d’automne a fait de la soirée d’ouverture d’OVNi, le vendredi 22 novembre, au 109, Pôle de cultures contemporaines, une chaleureuse réunion entre amis, où Odile Redolfi a présenté  sa manifestation aux institutionnels et au public présents.

Comme l’année précédente où il participait pour la première fois, le Forum d’Urbanisme et d’Architecture s’est distingué par la qualité des œuvres présentées. Grâce à la collaboration renouvelée avec la Trienal de Arquitectura de Lisboa,  le Forum nous a fait découvrir un triple travail autour de la question du film et de l’architecture. Dans Filomena, un court métrage de Pedro Cabeleira, l’auteur choisit de mettre en scène les réalisations de six agences d’architecture qui reflètent les questionnements sociaux/économiques qui ont chamboulé Lisbonne ces dix dernières années,  non pas comme la toile de fond d’un récit, mais comme partie prenante de l’aventure contée. Filomena, un film, six photos, un livre, une œuvre remarquable…

ONVi Galeries – salon Camera, Camera (29 novembre/1er décembre)

Dès l’entrée de l’hôtel Windsor, on plonge artistiquement dans le sujet avec la vidéo  Sin Tiempo, de Giovanni Ozzola présenté par la Galleria Continua, Italie, dans le délicieux jardin de l’hôtel. C’est un hommage rendue à la langue sifflée – aujourd’hui patrimoine de l’UNESCO – un moyen pour les indigènes de La Gomera aux Canaries, de communiquer, de vallées en vallées, dans cette ile de l’Atlantique. Le silbo gomero, s’il survit encore aujourd’hui chez les habitants du village d’Anaza (Santa Cruz, Ténérife), est mis en péril par une trop grande urbanisation. Dans Sin Tempo, un homme, de dos face à l’horizon, déclare ses profondes émotions, en écho avec la mer, le vent. L’installation de cette vidéo dans le jardin de l’hôtel rend encore plus tangible la communion entre l’homme et la nature.

Capucine Vever
« La Relève »,2019

La galerie Eric Mouchet présente Capucine Vever, dans La Relève une œuvre où l’artiste aborde la notion d’invisible, d’inatteignable, d’imperceptible. Avec Rupes Nigra, ensuite, elle nous fait fantasmer sur cette île fantôme  dont l’existence, admise et mentionnée sur des cartes pendant un certain temps (parfois des siècles), en est ensuite retirée parce qu’il est prouvé qu’elle n’existe pas. Je cite avec délectation les mots qui sous-titrent les images : Hier nous avons fêté mes 1595 km. Je suis le seul à donner mon âge en kilomètres, mes voisins s’y refusent. Ici sur cette ile, la distance a pourtant pris le pas sur le temps. Une œuvre vidéo donnant accès au rêve à l’état pur !

« Fahrenheit 134 » Florian Pugnaire & David Raffini

L’œuvre présentée par la galerie Ceysson & Bénétière Fahrenheit 134 de Florian Pugnaire et David Raffini est d’un tout autre ordre. Sur une information donnée : la plus haute température jamais enregistrée, à la surface du globe, il y a près d’un siècle dans la Vallée de la Mort (56°7), les artistes ont fabriqué une forme de récit hybride fait d’un film, d’installations, de photographies. Sur fond de désolation urbaine, de couchers de soleil tristement sublimes, de paysages brûlés par une chaleur accablante, leur récit s’articule autour de vérités et de légendes liées aux territoires traversés… Images d’un combat humain extrêmement physique et violent avec la matière, d’une obsession contradictoire entre destruction et reconstruction avec le besoin de donner sens aux rebuts, aux ruines pour qu’ils mutent en reliques, en monuments…

Alice Guittard « Filature à la gondole »

Une trentaine de chambres et donc de propositions s’ouvraient  donc vers un public très concerné et j’aurais aimé, comme lui, donner à chaque espace l’attention que j’ai consacré au rez-de-chaussée du Windsor, mais le temps n’étant pas extensible, ni ma capacité d’attention, je n’ai que survolé les étages, découvrant dans l’escalier principal, la cascade islandaise de Tom Barbagli pour la galerie Eva Vautier qui, en chambre, présentait un film d’Alice Guittard Filature à la Gondole, une enquête mentale et architecturale sur les canaux de Venise, accompagnée d’une mélodie au piano, oscillant entre murmure et provocation. Un passage rapide galerie Moving Art où j’ai tenté de déchiffrer les rebus architecturaux de Liselott Johnsson ; une courte visite dans la chambre de la galerie Catherine Issert qui m’a permis d’admirer une vidéo de Jennifer Douzenel, en subtile osmose  avec le cadre brillant de la chambre Parmeggiani – n’oublions pas que chacune des chambres d’artistes du Windsor a été entièrement pensé par un créateur dont elle porte le nom…

Liselott Johnsson et Fabiana Cuz, Moving Art

L’heure du vernissage ayant sonné j’ai pensé remettre au lendemain la suite de ma visite, mais hélas, un mauvais virus m’a tenue éloignée pour un mois, de tout lieu public, culturel ou autre…

*Pour conclure, avec le regret de ne vous donner qu’une lecture tronquée d’OVNi, sachez qu’à La Villa Arson un jury présidé Marc-Olivier Wahler et composé de Lélia Decourt , François Fauchon, Vincent Honoré, Joseph Kouli et Ingrid Luquet-Gad a remis pour la manifestation Camera Camera, le prix de la meilleure vidéo à La Relève« , de Capucine Viver, présentée par la Galerie Eric Mouchet (Paris) et soutenue par le Centre de Haute Energie Nice et le Prix de la meilleure chambre à la galerie Catherine Issert, (Saint-Paul de Vence) avec l’artiste Jennifer Douzenel soutenue par la Caisse d’Epargne Provence Alpes Côte d’Azur.

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