Carton Invitation F3

PAF#, en octobre, on vernit l’exposition de François-Xavier Orsini !

PAF#

Septempus

Pourquoi PAF ? Parce que les initiales de ce mot porte à faux disent « l’étrange » position de cet artiste dans le monde de l’art aujourd’hui. Diplômé de la villa Arson (École Nationale Supérieure d’ Art Plastique) en 2005, il patiente quinze années avant d’avoir sa première exposition personnelle. Cette attente lucide, sans la frénésie de ceux qui veulent tout, tout de suite, a fait murir un travail bicéphale, tout d’abord tourné vers des formes végétales et animales, dans un rendu très expressionniste, voire fantasmagorique. Dans ce travail, François Xavier Orsini  reprend les procédés utilisés au XVIII siècle, notamment la technique des trois crayons : sanguine, craie noire et crayon blanc, mais en la détournant. Aux supports précieux, Orsini préfère un solide papier kraft et ses images, puisées dans les magazines d’architecture et de design,  font converser, d’une manière tout à fait insolite, du mobilier avec la nature ou des animaux. Dans une autre série, il cherche à provoquer un choc formel entre géométrie et nature, avec un souhait de désacralisation. «  J’orchestre, dit-il, une rencontre fortuite entre art minimal et arte povera, en m’amusant à dessiner des animaux/sculptures, dont le corps géométrique s’articule à des branches simulant les pattes d’un animal. Ce procédé, je l’utilise aussi dans mes sculptures, comme « Flip-Flap », par exemple, composée d’une planche de skate tenue en équilibre par des branches de bois, pour figurer un étrange animal. »

#PAF22

Avec la série « Porte-à-faux »François-Xavier Orsini reprend certaines notions de ses précédents travaux, pour, dit il, « mettre dans le doute le spectateur, interroger sa place face à l’œuvre et sa vision. » PAF#, ce sont des volumes/maquettes en carton qui empruntent au design et à l’architecure leur esthétique. Ils sont ensuite recouverts de feuilles canson crayonnées, sur lequel Orsini crée l’ombre et la lumière dans le but de redonner à ces volumes géométriques froids une texture vibrante, humaine… La particularité de ce travail réside dans le fait que ce n’est pas le volume qui est montré mais la photo de ce volume. Cette distanciation donne naissance à un tirage numérique au format A3 réalisé en studio.

 Il est à noter que dans une série plus ancienne de dessins, « Dépouille # », Orsini a découpé dans des feuilles canson de format A3, les textures qui font servir à habiller « PAF# ». Ces feuilles ainsi amputées, sont cependant montrées, encadrées sur estrade, témoignage de résidus d’un travail passé qui fonctionnent comme des compositions abstraites, énigmatiques, une référence aux courants de l’abstraction du début du XXème siècle.

Par détournement, relecture, hybridation, Orsini produit des images qui interpellent le spectateur. Combinant différentes techniques et niveaux symboliques, elles l’arrachent au confort des images toutes faites et l’amènent  à les interroger et à s’interroger sur leur matérialité et leur sens.

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