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Adriana Popescu "Altoi", 2000, mixed media, fragments of an installation  dimensions variables

Paris+ by Art Basel+ Money+ Art

Conviée dès 10 heures du matin, le 18 octobre au Gand Palais éphémère de Paris,  j’ai mesuré combien j’étais privilégiée à en juger par l’élégance d’un public qui, sans aucun doute, était ce qu’il y avait de mieux et de plus argenté dans le monde de l’art contemporain à ce jour. Cette assemblée m’a étrangement rappelé un livre d’une jeune primatologue, Marie Muzard, qui à l’époque, passionnée par les us et coutumes des grands singes, les avait comparés aux hommes de pouvoir, sous le titre, si je me souviens bien, de « Ces Grands Singes qui nous Dirigent » (Albin Michel). J’ai eu, face à ce public trié sur le volet, l’impression d’être face à une espèce non pas en train de disparaitre mais au contraire, de se multiplier avec comme dénominateur commun le pouvoir de l’argent. Rien d’extraordinaire alors à ce que David Zwirner ait annoncé 20 millions de dollars de vente le premier jour et Hausser & Wirth, 13 millions d’œuvres d’art le jour suivant sur Paris + Art basel !  Malgré les guerres et un contexte sécuritaire anxiogène, les allées de la foire étaient bondées et les transactions aussi élevées que l’an dernier, m’a-ton dit !

Mais comme ni l’adoration du Veau d’or ni la foule de la capitale avec ses files d’attente interminables, ne sont les sujets de ma présence à Paris, je vous parlerais plutôt de mes impressions sur l’atmosphère de 2023 au Grand Palais éphémère, ce temple parisien de l’art d’aujourd’hui.

J’ai noté, particulièrement auprès des galeries françaises qui ont senti le boulet siffler non loin de leurs oreilles, une satisfaction d’avoir été gardées, malgré l’arrivée de gros poissons, une dizaine, et parmi elles la très sympathique galerie Mendes & Wood DM qui défend ardemment les artistes brésiliens et quelques marquants et marquantes jeunes artistes européens, renoue avec le sens de la fête lors de l’ouverture de son élégante galerie parisienne au 25, place des Vosges. A part ça, toutes les grosses pointures étaient là dans ce grand rectangle, la partie noble réservée aux incontournables.  La galerie Perrotin, montrait une huile sur toile d’Emma Webster qui a retenu mon regard, avec cette interrogation, est-ce un Garouste ? Mais non, ça y ressemble mais c’est plus doux , et oserai-je, plus féminin…

Perrotin, vue d’ensemble

Cette similitude avec les ainés, je l’ai ressentie souvent, parfois jusqu’ au malaise : me réjouissant de voir un sculpteur que j’aime beaucoup, Tom Otterness, dans une galerie américaine, je la félicitais de son choix pour apprendre que la pièce était d’un autre artiste, presque physiquement identique, moins le signifiant… Chez Hauser & Wirth, en revanche, quel beau George Condo ! A noter, le retour de Condo sur les cimaises et dans mon cas, un engouement récent pour cet artiste depuis son excellente exposition au Nouveau Musée National de Monaco – Galerie Paloma. Hauser & Wirth qui, soit dit en passant, a ouvert un vaste espace parisien où est présentée « From Sugar to Shit » une exposition des œuvres récentes du peintre américain Henry Taylor, fait partie du décompte pour le moins amusant donné dans The Art Newspaper, par le directeur de Paris+, Clément Delépine, entre ce qu’il appelle les galeries franco-françaises et celles disposant d’un espace en France. Pour répondre à la question qu’on peut se poser, à savoir que deviennent les galeries françaises depuis que la FIAC a été avalée par la Foire d’art moderne et contemporain Paris+ par Art Basel, qui affiche pour sa deuxième session 154 galeries participantes, Monsieur Delépine répond par un tour de passe-passe : « Au total, 60 galeries disposent d’un espace en France , soit environ 40%. Parmi elles, 47 peuvent être considérées comme franco-françaises soit un peu moins de 30% ».

César, Compression ZIM, Compression de voiture Galerie Valois

Je parlais précédemment du grand rectangle qui compose l’espace de la foire, soit la cour des grands comme on dit à l’école, qu’en est-il de l’espace qui lui fait suite ? Participe-t-il, à part entière, au groupe nommé Galeries ?  On en trouve portant d’excellentes tels Ceysson et Benetière qui mettent à l’honneur Supports-Surface, un mouvement français des années 70 et la galerie Georges-Philippe & Nathalie Vallois qui présente des Nouveaux Réalistes (César, Jean Tinguely,  Niki de Saint Phalle, Jacques Villeglé)… Pourquoi ne sont-ils pas mieux placés > ? Allons les Helvètes, l’art est international mais vous êtes quand même chez nous !

Enfin, au chapitre des Galeries Émergentes (comme on dit) c’est bien maigre,  une cinquantaine d’espaces consacrés à une exposition personnelle ( ça, c’est sur le papier) n’ont que peu étanché ma soif de voir s’envoler un Phoenix ! A part la belle toile de Pol Taburet chez Balice et Herting , et chez Christian Berst, l’étonnant solo d’Anna Zemánková (grands pastels emblématiques des années 1960 et 1970, éléments de collages textiles, gaufrages ou ciselures de papier ) des œuvres caractéristiques de la décennie précédant la disparition d’Anna Zemánková en 1986.

Le fameux coup de cœur je l’ai eu avec Adriana Popescu, galeria Plan B, Berlin. Déposés dans un certain désordre sur un long socle de bois il s’agit d’objets de verre, de métal, pierre etc. , sortes de fétiches d’une culture inconnue et chargés d’un signifiant sans repère pour moi, mais qui opèrent une incroyable fascination, quelque chose de secret, doux et un peu pervers…

Adriana Popescu: « Untitled », 1995-1996, glass

Un clin d’œil : James Murdoch, détenteur de 47% de MCH (maison mère d’Art Basel) avait souhaité construire des ponts avec d’autres disciplines artistiques, Clément Delèpine le pense aussi, lui qui à l’avenir espère rapprocher Paris+ de tous les champs créatifs : la mode, l’art de vivre etc. ça ne vous rappel pas quelque chose, qui à sa naissance en 1986, avait la même ambition, d’où son nom : Art Jonction International à Nice  !

Un regret : Que Paris+ n’édite pas de catalogue de la Foire. Le prétexte écologique n’en est pas un, il y aura encore pour quelques temps des livres, je l’espère. Je garde ceux de la FIAC , ce sont de précieux repères.

Un autre lieu parisien pour l’émergence artistique, Paris Internationale !

Un immeuble en travaux rue du Faubourg- Poissonnière, dans un ancien central téléphonique bientôt transformé en bureaux. 70 exposants, presque tous étrangers, s’étalent sur 5 niveaux. Hélas, je ne peux vous en dire plus, je n’ai pas eu le temps de m’y rendre !

Quelques images manquent, je les attends !

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