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Gatsby, Timothée Chalamet
Gatsby, Timothée Chalamet

« Un jour de pluie à New York », Woody Allen

Elle Fanning et Timothée Chalamet

En avant-propos, disons que c’est un des meilleurs Woody Allen depuis longtemps, renouant avec la veine américaine bien supérieure à l’européenne,  à l’exception de Vicky Cristina Barcelona (divertissant) et Mach Point (magnifiquement dramatique)…

Si j’étais méchante, je dirais de cette dernière mouture de Woody Allen qu’elle est un séduisant vaudeville, allez, un marivaudage à Manhattan – pour les purs new-yorkais, les autres îles n’existant pas – drôle, surtout au début, snob et truffé de clichés sur les différences géographiques et sociales des individus, sur les petites névroses du monde du cinéma et l’inculture des gens riches…Mais comme je suis pas si mauvaise que ça, j’opterai plutôt pour parler d’une jolie histoire mélancolique et caustique de deux jeunes étudiants, Gatsby et Ashleigh, partis pour un passer un weekend en amoureux à New York et qui se retrouvent dans des situations rocambolesques et inattendues.

Gatsby et Ashleigh

Le film est bien fichu, n’est pas Woody Allen qui veut, et New York sous la pluie a aussi son petit charme pour un weekend, même si aux dires du cinéaste, il lui a fallu user d’une pluie artificielle durant tout le tournage. C’est rapide, bien monté (Alisa Lepser), bien photographié (Vittorio Storato) et surtout remarquablement bien interprété.

L’intelligence de Woody Allen est incontestablement d’avoir extrait de chacun de ses acteurs, une part d’eux-mêmes qu’ils ne connaissaient sans doute pas et qui nourrit cette bluette à l’eau de rose, en la transformant en une cruelle et inattendue peinture de la comédie humaine. Les deux jeunes étudiants, Gatsby Wells et Ashleigh Enright, brillamment joués par Timothée Chalamet (coqueluche un peu maniérée des écrans) et Elle Fanning (à la filmographie déjà chargée), nous donnent le change sur ce qu’ils semblent être, un dandy cynique pour Gatsby, une nunuche innocente pour Ashleigh… Les multiples rencontres d’un weekend vont brouiller les cartes et inverser les rôles. Que ce soient la petite copine émancipée, Selena Gomez, l’assistant metteur en scène raté, Jude Law, l’acteur à la mode, Diego Luna, ou Liev Schreiber, le réalisateur que vient interviewer Ashleigh pour le journal de son école, tous revêtent un costume qui n’est pas à leurs mesures, d’où la cocasserie de certaines situations de ce jeu des chaises musicales.

Si j’ai aimé Un jour de pluie à New York, c’est pour ce jeu d’acteurs avec une mention très spéciale pour Liev Schreiber, incomparable dans son personnage de Roland Polard (doit-on y voir les doutes que Woody Allen nourrit sur sa propre carrière ?).

Liev Schreiber

En aparté, je suis une inconditionnelle de Liev Schreiber  réalisateur et acteur dans Ray Donavan, la série américaine dans laquelle il incarne magistralement Ray, un homme qui travaille pour un influent cabinet d’avocats auquel les familles les plus aisées de Los Angeles font appel lorsqu’elles sont dans une situation compromettante. Ray et son agence arrangent la vérité pour les médias afin de sauver des carrières. Mais Ray pourrait être rattrapé par son passé : son père Mickey (John Voight), un arnaqueur qu’il a aidé à mettre en prison, est placé en liberté conditionnelle et veut renouer avec sa famille (la saison 7 débute bientôt…)

Gatsby et Ashleigh

Pour revenir au film, peu importe les embûches qu’il a eu à affronter compte tenu de la plainte pour abus sexuels contre son auteur, l’œuvre de Woody Allen, par sa mélancolie, ses vieux pianos bars, ses lieux un peu désuets de Manhattan, a un côté passéiste et légèrement amer qui, outre la pluie qui ne cesse de tomber (une incongruité à New York), plombe cette bluette que la fraicheur des jeunes personnages n’arrive pas à sauver. La critique de la société Wasp* de New York, notamment la soirée chez les parents de Gatsby où le jeune homme découvre le passé de péripatéticienne de sa mère, jouée par Cherry Jones, aurait pu apporter un belle dose de piquant et de drôlerie à la situation, mais Woody Allen lui a préféré une issue moralisatrice, dommage !

*White anglo-saxon protestant

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